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Crimes rituels au Gabon et au Cameroun: La piste chinoise

Damon Soto parcourt le monde. Pour dénoncer son pays d’origine. Il appelle les Etats – Unis d’Amérique à entrer dans le combat contre le trafic des organes humains

Impensable. La Chine émergente ferme les yeux sur le trafic des organes humains. De fait, des personnes emprisonnées pour leur appartenance à la secte Falun Gong se voient ôter certains de leurs organes. Ceux-ci sont par la suite vendus à prix d’or à de riches demandeurs nationaux ou étrangers. La révélation vient des figures politiques américaines. Elles affirment sans détour que ce trafic (des organes humains), mené par le Parti Socialiste chinois, est sur les rails depuis sept ans. En effet, les Représentants Ileana Ros-Lehtinen (républicain de Floride) et Robert Andrews (démocrate du New Jersey) viennent d’introduire dans la chambre la Résolution 281, dans l’objectif de pousser le gouvernement américain à s’engager dans la lutte contre ces crimes, dont le mode opératoire est le prélèvement d’organes humains sur des personnes assassinées à dessein. La démarche des Représentants vient conforter le combat -longtemps engagé- d’un autre américain nommé Damon Noto. Le nombre de ses voyages à travers le monde ne se compte plus. Ce chinois d’origine donne de la voix dans des colloques et autres grandes conférences. « Il est plus que jamais temps que les Etats- Unis agissent », déclarait-il le 19 juillet 2013 au Capitole Hill, le siège du Congrès américain. Pour Damon Noto, les Etats-Unis d’Amérique disposent suffisamment d’informations sur le trafic des organes humains en Chine. Il ne doute pas de la capacité de son pays à réussir dans cette lutte.

Plaidoyer
Israël agit déjà avec efficacité, en refusant d’assurer toute personne bénéficiant d’organes humains d’origine douteuse. La Malaisie, l’Australie, le Royaume Uni, l’Espagne, la Belgique et Taiwan travaillent actuellement sur une législation contre le trafic des organes humains. Le Gabon a pour sa part solliciter la Cour pénale Internationale pour ranger ces crimes dans la catégorie de crime contre l’humanité. Et l’Amérique alors? Damon Noto a entendu cette question à chacune des étapes de sa campagne à travers le monde. Tout bonnement, les patients de son pays (les Etats-Unis) continuent de voyager en Chine pour se faire greffer des organes trafiqués. L’on voit aussi des experts américains poursuivre leur uvre de formation des chinois dans l’art de transplanter les organes humains. Confidence de Damon Soto : son pays sur ce front est assis au dernier banc. « Tout le monde me demande ce qu’en dit le Congrès, ce qu’en dit le Senat », avance Noto qui poursuit: « Quand les USA agissent, cela fait agir facilement le reste des pays. Cela aide les groups médicaux à se sentir concernés. »

Cameroun et Gabon
Au Cameroun, la montée en puissance des crimes de sang (ou rituels) avec prélèvement des organes humains coïncide avec l’arrivée massive des immigrés chinois. Pour autant, faut-il y établir un lien de cause à effet ? Aucune enquête diligentée par les forces de sécurité au Cameroun n’a jusqu’ici publié quelque résultat révélant l’identité des clients ou des auteurs de ces crimes. Ce qui fait dire aux observateurs que ce mutisme des forces de sécurité camerounaises ne trompe pas sur l’implication de personnes très haut placées, ou d’un lobby international qui tient le gouvernement quelque part. Le Cameroun classe encore les crimes rituels dans la rubrique des faits divers. Par contre, au Gabon voisin, le phénomène a pris des proportions qui ne laissent plus le gouvernement indifférent. Depuis 2005, une centaine de corps sévèrement mutilés ont été retrouvés dans diverses localités du territoire gabonais. Comme on peut s’en douter, ces crimes ne sont toujours pas élucidés, et la rue pointe un doigt accusateur sur la classe politique. Le Cameroun et le Gabon ne sont pas des cas d’exception en Afrique.


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