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Crise anglophone : «La violence ne fera que favoriser les brutalités» (Amnesty international)

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L’Ong, qui craint une flambée des violences en cette veille d’élection présidentielle, invite l’Etat à condamner toute personne responsable de violence.

« La situation dans les régions anglophones du Cameroun devient de plus en plus désespérée ». C’est le constat fait par Amnesty International dans un rapport publié ce 18 septembre sur la crise anglophone au Cameroun. Ce rapport fait suite aux récentes attaques des séparatistes à Bafut, le 03 septembre et quelques jours après à Buea, où les soldats stationnés près du collège Saint-Joseph Sasse ont été pris pour cible.

Selon Samira Daoud, directrice régionale adjointe pour l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest d’Amnesty International, les violences dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest échappent à tout contrôle et aucun camerounais n’est épargné par les dégâts ainsi causés. «Puisque des étudiants et des enseignants ont été attaqués et kidnappés, nous avons des raisons de croire que la vie de nombreux autres citoyens est en péril, du fait des violences perpétrées par certains membres des groupes armés séparatistes. Cela doit cesser immédiatement », a déclaré Samira Daoud.

Le bilan des violences orchestrées dans les régions anglophones du Cameroun depuis fin 2016, fait état de plus de 400 citoyens tués par les forces de sécurité et les séparatistes armés. Toujours selon l’Ong, plus de 160 cas de membres des forces de sécurité sont morts aux mains des séparatistes armés depuis le début de la crise dans les régions anglophones. Le rapport précise néanmoins que le bilan pourrait s’avérer plus lourd, puisque toutes les attaques ne sont pas signalées.

En outre, Amnesty International a recensé « plus de 260 problèmes de sécurité depuis le début de l’année ». Ces problèmes vont des affrontements entre séparatistes armés et forces de sécurité, à l’enlèvement de civils en passant par l’assassinat de membres des forces de sécurité par les séparatistes. Ledit rapport stipule également que ces faits englobent également « les homicides illégaux imputables aux forces de sécurité et la destruction de biens privés par les deux parties ».

« La violence ne fera que favoriser les brutalités, les crimes et les souffrances indicibles. Le gouvernement doit enrayer cet engrenage en vue de rétablir la paix dans les régions anglophones », ajoute Samira Daoud. Les autorités camerounaises devraient donc s’engager sans délai à mener des enquêtes rapides, indépendantes et efficaces sur ces agissements. Ce qui permettrait de traquer Les membres des deux camps qui seraient responsables d’attaques, d’homicides ou de destructions de biens.

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