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Crise anglophone : l’armée accusée d’avoir déclenché plus de 50 incendies de maison

Selon Amnesty International, des images satellites des maisons brûlées.

Dans un nouveau rapport sur le Cameroun, Amnesty International met à l’index militaires et séparatistes dans des exactions dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

L’armée de nouveau sur le banc des accusés dans la crise anglophone. Selon un rapport du 6 février, Amnesty pointe : « l’armée du Cameroun s’est livrée à un regain de violence ces dernières semaines, qui a donné lieu à des dizaines d’homicides et contraint des milliers de personnes à quitter plusieurs zones des régions anglophones ».

Selon l’Ong international, « alors que diverses informations font état de villages entièrement rasés, l’analyse de données de télédétection réalisée […] confirme que plus de 50 habitations ont été incendiées à Babubock et dans les villages voisins de Bangem, dans la région du Sud-Ouest, autour du 14 janvier. Ces destructions dues à l’armée, ainsi que les homicides de villageois, constituent de graves violations des droits humains ».

Pour des chercheurs de cette organisation « les mesures de sécurité et la présence militaire renforcée annoncées par le gouvernement camerounais pour permettre le déroulement du scrutin [du 09 février] semblent cacher en fait une opération bien plus sinistre ».

Amnesty International rapporte ces faits : « Le 23 janvier, le village de Ndoh, dans la région du Sud-Ouest, a été attaqué. Selon certaines informations, la veille, un soldat avait été tué dans le secteur. Un témoin a raconté avoir vu un groupe de soldats attaquer le marché du village et se mettre à tirer sans discrimination.

Amnesty International a obtenu la confirmation que les cadavres de 14 hommes ont été retrouvés après l’attaque, ainsi que deux autres, deux jours plus tard, dans les alentours. Au moins cinq personnes ont été blessées par des tirs, dont un adolescent de 14 ans, qui a reçu une balle à l’abdomen, et un adolescent de 17 ans blessé à la cuisse ».

Les séparatistes ne sont pas étrangers à ce cycle de la violence. Le rapport de l’Ong international note que ces derniers « continuent de perpétrer des crimes graves, notamment des homicides, des enlèvements et des extorsions ».

« Le 30 janvier, quatre employés d’une organisation humanitaire ont été enlevés par un groupe armé séparatiste, qui les a accusés de travailler pour le gouvernement. Ils ont été relâchés le lendemain, après que trois d’entre eux ont subi des coups et des tortures psychologiques, selon l’organisation. Le 15 janvier, un jeune homme a été tué et son père blessé près de Bamenda, dans la région du Nord-Ouest, alors qu’ils tentaient d’éviter les postes de contrôle tenus par des séparatistes armés », peut-on lire dans ce document.

Selon ces informations, le 3 décembre 2019, trois personnes, dont un médecin, ont été enlevées par des séparatistes armés entre le village de Bambili et la ville de Bamenda dans la région du Nord-Ouest. Les ravisseurs ont tout d’abord demandé une rançon de plus de 3 millions Fcfa avant de la réduire à un peu plus de 60 000 Fcfa. Avant de les libérer, ils leur ont bandé les yeux et ont pointé des armes sur ces personnes, qui hurlaient.

Amnesty International, se basant sur les chiffres des organisations humanitaires, estime à plus de 679 000, le nombre de déplacés interne de la crise anglophone, à la date du 31 décembre 2019. 52 000 personnes seraient réfugiées au Nigeria voisin.


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