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Crise anglophone : le point sur les émeutes de la prison centrale de Yaoundé

Entrée de la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. ©Droits réservés

Un mouvement d’humeur entrepris dimanche par des prisonniers de la crise anglophone a débouché, lundi, sur des coups de feu. Ils contestent la lenteur des procédures judiciaires concernant leurs dossiers.

Aucune communication officielle n’a encore été faite sur les événements survenus lundi, 22 juillet, à la prison centrale de Kondengui. La veille pourtant, des coups de feu ont retenti en provenance de ce centre pénitencier une bonne partie de la nuit durant. Ils ont été tirés conséquemment à un mouvement d’humeur de détenus de la prison centrale.

Ces détenus se sont des centaines de personnes arrêtées dans le cadre de la crise anglophone qui paralysent depuis trois ans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du Cameroun. Ils ont entamé leur mouvement d’humeur dimanche, demandant à ce que le ministre de la Justice, Laurent Esso, vienne les éclairer sur leur situation alors que plusieurs d’entre n’ont pas encore été jugés, depuis des années pour certains et des mois pour d’autres. Ils n’ont pas tenté de s’échapper, a appris jourrnalducameroun.com, contrairement aux informations relayées jusqu’ici.

–          Elan de solidarité –

Les frondeurs ont été rejoints dans leur mouvement d’humeur par d’autres prévenus détenus dans des conditions similaires. A leurs côtés se tenaient aussi des personnes condamnées en lien avec les manifestations de Bamenda, en fin d’année 2016, notamment Mancho Bibixy. Ils apparaissent dans une vidéo, demandant la libération des leurs et scandant le nom de « l’ambazonie », un Etat immatériel prôné par les séparatistes anglophones.

Du temps de la détention préventive de Mancho Bibixy et une dizaine d’autres manifestants anglophones, courant 2017, d’autres mouvements d’humeur avaient eu lieu. Des manifestants anglophones avaient entamé une grève de la faim pour contester leurs conditions de détention ; et surtout demandaient à être présentés devant un juge pour être notifiés des charges retenues contre eux.

Certains avaient été libérés à la faveur d’un décret du président de la République le 30 août 2017. Les arrestations ne se sont cependant pas arrêtées là, près de 2000 personnes sont détenues à travers le pays du fait de la crise anglophone, selon les chiffres officiels.

L’on apprend également qu’il y a eu utilisation des gaz lacrymogènes, des armes blanches en fin de soirée pour éviter tout débordement à la faveur de la nuit. Il reste impossible de dire s’il y a eu des tirs à balles réelles. Cependant, des sources non officielles évoquent des blessés et des morts.

De l’extérieur de la prison centrale de Kondengui, un épais nuage de fumée était visible hier. Elles provenaient à la fois des gaz lacrymogènes et de l’incendie de l’un des bâtiments de ce centre pénitencier. Lequel ? Là-dessus des avis divergent : la pharmacie, la bibliothèque et la salle des corrections.

-Frayeur parmi les populations –

Les coups de feu tirés à la prison de Kondengui ont raisonné à des dizaines de kilomètres de ce quartier, suscitant de la frayeur parmi les populations. « Ma grande sœur et moi on n’a pas pu fermer l’œil de la nuit, tellement nous étions inquiètes. Au début, j’ai pensé qu’il s’agissait des pétards ou des feux d’artifice, c’est ma grande sœur qui m’a dit de quoi il s’agissait. On est resté éveillé, on écoutait. Les coups de feux retentissaient après c’était le calme pendant environ 20 minutes suivi d’une nouvelle série de coup de feu», raconte Claudia, habitante du quartier Mimboman.

Le périmètre de la prison était bouclé hier en fin de soirée. La route principale était barricadée et il était difficile de rallier les quartiers voisins de Kondengui. Un important dispositif des forces de sécurité était déployé sur place. Les premières extractions de prisonniers ont eu lieu aux premières heures de la journée ce mardi.



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