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Crise anglophone: une mission gouvernementale sera au Canada le 09 août

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Une délégation ministérielle du Cameroun tentera de rencontrer la diaspora afin de faire le point de la situation actuelle dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Les émissaires du gouvernement camerounais poursuivent leurs actions afin de propager la version officielle sur la crise anglophone ouverte dans les régions du Sud-Ouest et du Nord-Ouest depuis octobre 2016. Une mission y relative devrait se tenir au Canada le 09 août prochain.

Comme en Belgique (samedi), en Afrique du Sud (dimanche) et aux Etats-Unis (jeudi), la mission va tenter de réunir, au Canada, les Camerounais y résidant et les autorités locales pour faire le point de la situation qui prévaut dans la zone anglophone. Quelques mois plus tôt (15 mars 2017), le gouvernement canadien avait été saisi sur la question par la porte-parole du Nouveau parti démocrate du Canada (NDP) pour les affaires étrangères, Hélène Laverdière. Celle-ci appelait son pays à «encourager le respect des droits de la personne, y compris ceux liés à la langue, au Cameroun», ainsi que «de faire le point sur la position actuelle du Canada, relative au conflit qui perdure au Cameroun».

Jusqu’ici, la mission gouvernementale instruite par le chef de l’Etat Paul Biya et conduite par le ministre des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella, a rencontré un accueil mitigé dans les pays où elle a eu lieu. A Bruxelles, les assises ont été empêchées par des activistes se réclamant du Consortium de la société civile du Cameroun anglophone – un mouvement frappé de nullité le 17 janvier 2017- et du groupe de soutien à l’ancien ministre Marafa Hamidou Yaya.  Sur une vidéo disponible sur la plateforme Youtubes, on peut voir les ministres Lejeune Mbella Mbella et Laurent Esso assis, sans aucune possibilité de parole.

«Je voudrais remarquer que nos ministres ont pris de leur temps pour venir discuter de notre problème sans nous convoquer. Nous sommes ici en Belgique comme des camerounais du sud, on nous appelle anglophone ou ambazonien…peu importe. Nous ne sommes pas ici pour nous battre, mais si le ministre doit parler du problème anglophone, ce sera avec nous», n’a cessé de martelé un homme arborant un tee-shirt aux couleurs d’Ambazonia.

En Afrique du Sud, la délégation gouvernementale du Cameroun se serait vue opposer une fin de non-recevoir, en jugent certains médias nationaux. Selon lesdits organes de presse, l’équipe conduite par le ministre délégué des Relations extérieures, chargé des relations avec le Commonwealth a rencontré une vive opposition. Celui-ci aurait été évacué de toute urgence pour sa propre sécurité.

La diaspora camerounaise affiche une attitude hostile vis-à-vis des émissaires de Yaoundé envoyés près de onze mois après les violences dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, sans que les motivations profondes de cette mission ne soient publiés. Alors qu’on l’a vue bien mobilisée et engagée au Forum économique de la diaspora (Fodias, tenu du 28 au 30 juin, elle semble bien décidée à ne pas dialoguer avec le gouvernement sur la question anglophone. Elle avait toujours soutenue que seule «une décentralisation démocratique, compétitive et solidaire de l’État camerounais peut, suivant les modalités ci-après, résoudre la question du pouvoir, de son partage, de sa gouvernance et de son identité que pose la question anglophone».

Au plus fort de la crise, cette même diaspora avait mainte fois appelé le gouvernement à stopper les violences menées sur les populations et à remettre en liberté toutes les personnes arretées dans le cadre de la crise.

 


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