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Crise anglophone : les populations du Sud-Ouest réagissent au plan d’aide de Paul Biya

Ville de Buea, capitale de la région du Sud-Ouest. ©Droits réservés

L’annonce d’un plan d’aide de 12 milliards de francs Cfa a suscité des réactions chez les habitants de la région du Sud-Ouest. Les avis sur ledit sujet sont divergents.

La collecte de fond au profit des victimes de la crise anglophone en cours n’a pas manqué de faire réagir les premiers concernés de cette action qui sont les habitants des régions anglophones du pays. Dans le Sud-Ouest, les avis sont partagé sur le sujet n retrouve aussi bien des personnes qui saluent ce geste du chef de l’Etat, pendant que d’autres estiment que ce n’était pas la première chose à faire.

Jonathan Ekuke, un homme d’affaire rencontré par le reporter de journalducameroun.com dans la ville de Buéa, fait partir de ceux qui encouragent l’initiative. « C‘est une merveilleuse initiative ! », affirme-t-il. « J’ai personnellement été impatient de voir une telle initiative car lorsqu’une crise humanitaire similaire s’est produite dans les trois régions du Nord du Cameroun à cause de Boko Haram il y a quelques années, nous nous sommes rassemblés en tant que Camerounais et nous avons soutenu les victimes », ajoute-t-il.

Pour Martha Ngonga comme pour de nombreux autres, le gouvernement a démontré qu’il prenait toujours soin de ses citoyens. « Je pense que le gouvernement a agi en père en battant ses enfants et en les rapprochant de lui. Je pense que cela aidera beaucoup nos frères et sœurs qui ont vraiment souffert après que leurs maisons aient été brûlés. Je tiens à remercier le gouvernement pour ce geste merveilleux et gentil », a-t-elle affirmé.

Un point de vue que ne partage pas Fotabong Ernestine, un cultivateur de cacao résident de Muyenge, mais contraint d’emménager à Buea lorsque sa maison a été rasée par les forces de sécurité. Selon ce dernier, le geste du gouvernement est « une provocation de trop ». « Le gouvernement va-t-il reconstruire ma maison de 7 pièces et me rendre les sacs de cacao et l’argent que j’ai perdu quand ma maison a été complètement incendiée? Qu’avons-nous fait à ce gouvernement qui nous a réduit à des mendiants? », s’interroge-t-il. « Peu importe ce qu’ils font, ils ne peuvent pas réparer les dommages qu’ils ont déjà causés », conclu-t-il.

Dans le camp des réfractaires à la main tendu du gouvernement, on maintient que les autorités camerounaises auraient dû engager le dialogue tant souhaité, jusqu’à obtenir un cessez le feu, avant d’engager ce genre de projet. « Ça c’est mettre la charrue avant les bœufs. Comment le gouvernement fera-t-il pour faire parvenir l’argent ou les dons à ceux qui vivent dans la brousse? Ou alors ce sont uniquement les personnes réfugiées au Nigeria qui vont bénéficier de ce geste? Le gouvernement doit vraiment repenser sa stratégie », ajoute le Dr. Austine Nforchang.

A Yaoundé, 236.452.000 francs CFA ont été collectés lors de la réunion présidée par Philemon Yang. Dans le reste du pays, différentes couches politiques et sociales sont appelées à contribuer à cet effort du gouvernement pour améliorer le sort des populations camerounaises déplacées en raison des violences en cours dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

 

 

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