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Crise anglophone : les propositions Atangana Mebara pour un retour Ă  l’apaisement

Jean Marie Atangana Mebara © Droits réservés

L’ancien ministre des Relations extérieures soutient que des négociations sincères pourraient effacer le sentiment de tromperie que portent les populations anglophones depuis la  Réunification.

La crise anglophone perdure au Cameroun. Elle divise les camerounais sur les mesures Ă  mettre en place pour une rĂ©solution pacifique et dĂ©finitive des troubles qu’elle engendre. Depuis sa cellule Ă  la prison centrale de YaoundĂ©, Jean-Marie Atangana Mebara, lui penche pour un dialogue « inclusif»  et « sincère ». Entendez-par lĂ , des discussions au cours desquelles, les communautĂ©s anglophones n’auront pas l’impression qu’on leur dissimule quelque chose, laisse-t-il entendre.

Selon Jean-Marie Atangana Mebara, un dialogue sincère permettrait de corriger les erreurs commises dans les différentes mutations de la forme de l’Etat camerounais au lendemain de l’année 1960, point de départ des frustrations des ressortissants du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

« En 1961, les frères et sœurs anglophones ont accepté de rejoindre la République du Cameroun, avec le désir et le projet politique de former une République fédérale. Douze années plus tard, en 1972, la République fédérale a été abandonnée au profit de la République unie du Cameroun, avec un système présidentiel très centralisé. Douze années après le passage à la République unie du Cameroun, soit en 1984, cette République a été abandonnée par la République du Cameroun, matérialisée, entre autres, par la disparition de la deuxième étoile du Cameroun. Ce, à la suite d’une réforme constitutionnelle votée par l’Assemblée nationale. Certains anglophones ont ressenti cela comme le retour pur et simple à la République du Cameroun de 1960 [le Cameroun francophone au lendemain de l’indépendance le 01er janvier 1960, Ndlr] », rappelle Jean-Marie Atangana Mebara dans une lettre parue lundi dans les médias.


Dans l’hypothèse de ce dialogue, l’ex ministre n’entrevoit pas de place que pour des élites acceptées et susceptibles d’être écoutées par les populations. Il se laisse, par ailleurs, bercer par le rêve d’un discours que le président Paul Biya, revenu de son séjour privé, pourrait prononcer en anglais depuis Bamenda ou Buea. Ce serait un message de paix dans lequel seraient reconnues les spécificités des régions anglophones.

Comme dernière proposition à la crise anglophone, Jean-Marie Atangana Mebara recommande la création d’un «comité national de conciliation » qui débattrait de tout ce dont se plaignent les anglophones, depuis 1961 jusqu’à ce jour. Elle serait composée de camerounais de toutes les couches sociales.

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