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Crise de Dubaï : Des hommes d’affaires camerounais dans le doute

Les récentes agitations qui ont secoué cet émirat du Moyen-Orient ont provoqué un état de stress chez certains opérateurs camerounais

Retour d’une sensible accalmie
Jeudi 03 décembre dernier, les bourses du golfe ont poursuivi leur tendance à l’amélioration. La bourse de Koweït, Doha et Bahreïn ont clôturé en légère hausse, apaisant les craintes au sujet de la dette de Dubaï. Les marchés boursiers de Dubaï et d’Abou Dhabi étaient pour leur part fermés en raison de la fête nationale émiratie, alors que celui de Ryad, le plus important en termes de capitalisation dans le monde arabe, est fermé depuis le 25 novembre en raison de la fête musulmane d’al-Adha. Il doit reprendre les cotations samedi. La Bourse de Koweït, deuxième du monde arabe en termes de capitalisation, a fermé en hausse de 0,71%. Elle avait perdu 1,4 % mercredi et 2,7% mardi sur fond de craintes de l’impact potentiel de la dette de Dubaï sur les firmes koweïtiennes. La Bourse du Qatar a fermé en hausse de 1,21 %, l’indice Doha Securities Market (DSM) repassant au-dessus de la barrière psychologique des 7.000 points. Elle avait clôturé sur une hausse de 5,3% mercredi, épongeant une grande partie des pertes essuyées un jour auparavant lorsqu’elle avait plongé de 8,3%. La petite Bourse de Bahreïn a fermé en hausse de 0,19 %, après avoir clôturé mercredi en légère baisse (-0,12%).

De nombreux opérateurs camerounais inquiétés
Pour de nombreux hommes d’affaires camerounais habitués de la ligne de Dubaï, même si ces chiffres échappent à leurs compréhensions, ils leur permettent d’entrevoir l’information qui les intéresse, à savoir que la situation de leurs affaires s’améliore. La faillite annoncée de Dubaï, ils ne l’ont pas suivi dans les médias (occidentaux pour la plupart). Ils l’ont ressenti dans leurs différentes opérations.Je n’ai pas compris que j’appelle mon fournisseur, et il me dit que la banque où j’ai mon argent a momentanément suspendu les services de caisse, c’était avant la fête des musulmans, déclare Joseph Kammogne, qui fait dans le commerce des portables et accessoires. Comme lui, ils sont plusieurs camerounais qui ont été attirés par les facilités de marché qu’offre le petit émirat du golfe, symbole de la réussite de la finance islamique. Troisième destination d’achat des grossistes et détaillants camerounais dans le moyen orient après Hong-Kong et la Chine continentale, Dubaï a attiré de nombreux commerçants principalement du secteur électronique et électroménager, mais de plus en plus des spécialistes de l’impression, l’achat de véhicules et aussi de vêtement.

Ils étaient exposés au risque d’un effondrement bancaire
Pour un grand nombre d’entre eux, les opérateurs de moyenne envergure, ils partent du Cameroun avec leur argent ou un titre de transfert établit à leurs noms. Mais pour les gros opérateurs, il leur est plus facile de faire des dépôts dans les banques sur place, afin de réduire les coûts liés aux transferts et au service de change. Ce sont ces derniers qui avaient le plus de souci à se faire, parce qu’en cas de crise majeure comme celle qui se dessinait à Dubaï, ce sont les banques qui paient les premières le prix fort. Selon une note de Crédit suisse, les établissements européens qui sont les principaux pourvoyeurs en fond seraient exposés à hauteur de 13 milliards de dollars dans cette affaire. La Banque des règlements internationaux évalue pour sa part à 93 milliards de dollars l’exposition des banques européennes aux Emirats arabes unis, dont 51 milliards de dollars pour les établissements britanniques. Nul doute que si ces institutions ne peuvent plus tenir elles absorberont dans leur chute, l’épargne des investisseurs camerounais qui on l’imagine sont parmi les plus petits.

La nécessité d’avoir recours à l’intelligence économique
Le problème, affirment de nombreux observateurs, c’est que les investissements camerounais dans l’émirat sont pour la plupart, le fait de personnes qui n’ont aucune connaissance ou alors bien peu de connaissance en matière de finances. Moi je suis allé à Dubaï parce que je voulais faire mon commerce, je vends des mèches pour femmes donc comme je ne vais pas là bas tout le temps, je traite avec mon fournisseur et ma banque et c’est tout affirme Sandrine Wouaffo. A la question de savoir si elle consulte un spécialiste de l’intelligence économique, sa réponse est toute camerounaise, mais révélatrice: c’est quoi ça encore mon frère ?. Or le recours à ce type de spécialiste aurait permis à ces nombreux investisseurs de prévenir à l’avance une crise que les spécialistes envisageaient depuis 2008. Nombre d’entre eux affirment aujourd’hui, que cette crise n’en était vraiment pas une, et que la vraie pourrait arriver dans peu de temps. Un jour les investissements immobiliers qui ont entrainé des emprunts massifs prendront fin, ou alors le pétrole d’Abu Dhabi ne suffira plus à garantir ces emprunts, alors là, on vivra une vraie crise. Une thèse que minimisent d’autres spécialistes, qui affirment que deux pays européens, l’Islande et la Grèce sont surendettés, et l’Islande qui a déclaré ne pas pouvoir régler sa dette ne s’est pas effondré.

Dubaï et ses projets immobiliers
www.sme.sk)/n
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