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Crise économique mondiale: Le Cameroun assoit sa stratégie

Pour une fois les autorités se font réalistes, mais que faut il en retenir?

Dans les colonnes du quotidien officiel camerounais Cameroon-tribune, on pouvait lire lundi matin que des propositions concrètes avaient été faites pour contenir les effets de la crise économique mondiale sur les finances publiques camerounaises. Par delà les conclusions du FMI qui recommandent que les autorités [camerounaises] restent vigilantes par rapport aux risques d’une détérioration plus importante que prévue de la situation. Cette phrase de la déclaration finale est lourde de signification. Elle est une invitation au gouvernement camerounais à prendre dès à présent les mesures adéquates pour que l’économie camerounaise ne plonge pas complètement, sous la pression de la crise économique mondiale. Le groupe de réflexion mis sur pied par le premier ministre a abondé dans le même sens en pressentant des mesures dites concrète. Ces mesures sont multidimensionnelles.

Dans le secteur bancaire le groupe proposerait de poursuivre l’encadrement du risque tant on sait à quel point les dérégulations ont agi sur le système financier international. Au plan purement économique, les propositions ont été faites dans le sens d’une relance de l’économie. Cette relance devrait s’articuler autour de certains leviers. Il s’agit du développement des filières de production de certains produits de consommation tels que les tubercules, les céréales et les légumes en vu de renforcer la capacité du Cameroun à satisfaire le marché national et sous régional. Comme autre point de support le groupe propose le lancement du développement industriel et énergétique. Avec pour base d’appui la modulation de la fiscalité applicable à l’importation des engins et équipements lourds afin de l’alléger sur une période de 5 ans. Enfin une autre proposition aura été de créer un mécanisme permanent éventuellement appelé fonds de soutien et d’insertion des jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, ceci pour aider les jeunes à formuler des projets qui pourraient être mis en uvre, financés et suivis jusqu’à leur aboutissement. Par la personne du Premier Ministre, le gouvernement a fait sien des différentes recommandations il envisage d’élaborer  »un tableau de bord qui non seulement indique les acteurs dans différents secteurs d’activité, mais aussi les activité qui doivent être menées. »


Quant aux solutions suggérées et dont l’Etat pense pouvoir faire sienne ; beaucoup de spécialiste la trouve légère ou tardive. Il y (a trois ans un rapport de la CNUCED (conférence des nations unies pour la coopération économique et le développement sortait un rapports ou il était mentionné que la plupart des croissances économiques dans l’Afrique subsaharienne dont le Cameroun, reposait sur des piliers exogènes à la situation économique réelle qui elle comprenait plus de 60% de sa population vivant soit de la culture de consommation soit de micro investissements, ce qui est le cas du Cameroun. Il n’est donc pas étonnant que la baisse de la demande mondiale soit sur le point d’affecter les finances publiques. L’Etat semble résolu à suivre cette voie aujourd’hui mais là se pose un problème, comment le Cameroun va faire pour combler le déficit budgétaire que va lui imposer la baisse drastique du prix du baril du pétrole brut, qui est vendu à 47 dollars alors qu’il a été budgétisé à 62 dollars? De même de quelle manière sera financé le déficit des recettes douanières consécutives aux manques à gagner suite aux Ape? Si le Fmi pense que « le déficit qui en résultera peut être financé avec l’épargne constituée grâce à la gestion prudente des plus-values sur recettes pétrolières réalisées dans les années passées », il n’est pas futile de se poser la question de savoir si ces « plus-values » qui ont été gérées de façon « prudente » sont-elles d’un volume capable de supporter toutes les sollicitations qui sont celles du gouvernement camerounais en ce moment en matière d’investissements? Visiblement non puisque dans le cadre de ses propositions le groupe de réflexion fait part d’une solution innovante en des emprunts obligataires et l’émission des titres des créances. Dans un pays ou la dette intérieure est sérieuse et l’Etat en perte de fiabilité auprès des partenaires privés locaux, la pilule risque de ne pas passer.


www.beac.int)/n

Le cas échéant, le gouvernement camerounais qui sort d’un endettement lourd va-t-il renouer avec cette pratique, eu égard aux facilités d’octroi de crédit prescrites aux institutions financières internationales au terme du récent sommet des 20 nations les plus riches du monde, comme le souligne de façon pertinente le journal Mutations. On s’interroge de même sur ce qui est fait pour le secteur privé, qui subit également la crise, et dont les plaintes sont de plus en plus nombreuses? Les réponses à ces préoccupations qui focalisent l’esprit de nombreux Camerounais font également partie de « la transparence et la disponibilité des informations sur les opérations budgétaires » que le Fmi a à nouveau prescrit aux autorités camerounaises au cours de sa dernière mission dans notre pays. Mail il est clair que pour de nombreux camerounais le bout du tunnel reste un mythe


Journal du Cameroun)/n
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