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Crise électorale ivoirienne: La balle est-elle dans le camp d’Alassane Ouattara?

Laurent Gbagbo a fait une proposition de dialogue à son rival qui ne semble pas disposé à accepter

Gbagbo pour les discussions, Ouattara aussi mais sur le départ de son rival
Le camp d’Alassane Ouattara, président ivoirien reconnu par la communauté internationale, a rejeté mardi dernier, l’offre de dialogue la plus récente, présentée par son adversaire, Laurent Gbagbo, aux commandes de la Côte d’Ivoire. Tout ce qu’on attend, c’est qu’il s’en aille, le reste n’a aucun intérêt pour nous, a déclaré un conseiller diplomatique de M. Ouattara, Ali Coulibaly. Selon lui, Gbagbo essaie d’endormir la conscience des gens, mais sa parole n’a aucune espèce d’importance. Une déclaration qui a été faite peu après que les médiateurs de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) eurent annoncé à Abuja, au Nigeria, que M. Gbagbo avait accepté de négocier une issue pacifique de la crise, sans condition préalable. Le camp de Laurent Gbagbo a annoncé ce mercredi le maintien du blocus du Quartier Général de son rival expliquant que sa levée est conditionnée par le départ des ex-rebelles des Forces Nouvelles (FN) de Guillaume Soro, désormais allié à Ouattara. Il suffit que les soldats des FN aillent à Bouaké, ce blocus sera levé, a déclaré Alcide Djédjé, chef de la diplomatie du gouvernement Gbagbo. L`armée ivoirienne estime qu`on ne peut pas tolérer qu`il y ait 300 soldats lourdement armés de l`ex-rébellion dans cet hôtel. Cela constitue une menace, y compris même pour le président Gbagbo dont la résidence se trouve à cinq minutes en bateau, a-t-il ajouté face à des média. Dans ce contexte, l`ONU envisage de demander l`envoi de 1.000 à 2.000 Casques bleus supplémentaires en Côte d`Ivoire.

L’ONU renforce la pression
Le chef des opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a expliqué que la mission de l`ONU dans le pays était confrontée à l`hostilité de plus en plus importante de la population en raison des fausses informations diffusées par la télévision publique contrôlée par Laurent Gbagbo. La crise et la peur d’affrontements dans le pays poussent les Ivoiriens à le quitter chaque jour plus nombreux: quelques 22.000 ont fui au Liberia, en majorité des femmes et des enfants, selon le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Préoccupée à installer Ouattara au pouvoir, la communauté internationale ne prête pas attention à ce nouveau drame humain en gestation. Déjà la ville de Duekoué a été depuis lundi après midi, le théâtre d’affrontements entre autochtones Gueré et allogènes malinké. Le bilan de ces affrontements à ce jour est d’une trentaine de morts et plusieurs blessés. Les populations sont obligées de fuir la ville pour trouver refuge ailleurs. Jusqu’à ce jour, on apprend que la tension reste toujours vive dans cette ville carrefour entre le nord et le sud. Le couvre-feu instauré de 14 heures à 6 heures du matin est toujours en vigueur. Ce qui oblige la population encore présente dans cette ville devenue un champ de bataille à se terrer dans leurs maisons. La CEDEAO et l’UA tentent d’obtenir une résolution pacifique au conflit qui a déjà fait près de 200 morts depuis l’élection du 28 novembre, selon l’ONU. La Côte d’Ivoire a été suspendue de ces deux organisations régionale et continentale. L’Organisation des nations unies pour sa part a déjà reçu les accréditations de l’ambassadeur nommé par Alassane Ouattara.

Pas de solution Kenyane envisagée pour Gbagbo
Cette division des acteurs parallèles de la crise renforce Gbagbo, autant qu’il fait naitre la crainte d’un conflit armée. Face à cette tourmente, Le principal négociateur de l’UA, le premier ministre kényan Raila Odinga, a déclaré qu’une « solution kényane » n’était pas envisageable en Côte d’Ivoire. Les négociations, elles, restent timides. La médiation menée par les présidents du Bénin, du Cap-Vert et de Sierra Leone à l’issue de leurs rencontres successives avec Laurent Gbagbo puis ensuite Alassane Ouattara piétine. Goodluck Jonathan, le président en exercice de la CEDEAO reconnaît implicitement que rien n’a évolué dans un camp comme dans l’autre. Laurent Gbagbo n’admet pas sa défaite à la présidentielle, et Alassane Ouattara, lui, ne veut rien négocier, estimant que le temps des palabres est terminé. Mais pour les émissaires de la CEDEAO, le dialogue reste encore l’option principale. Contrairement à ce qui avait été annoncé le 24 décembre dernier lors du deuxième sommet extraordinaire des chefs d’Etat, l’intervention militaire en Côte d’Ivoire n’est donc pas à l’ordre du jour. C’est normal, Il vont y réfléchir par deux fois, car en sa qualité de moteur économique, la Côte d’Ivoire regroupe en son sein une communauté de près de 6 millions de personnes issues des pays de la sous régions, et une fois un conflit armée déclenché, ces personnes voudront rejoindre leur pays, ce qui va entrainer un déplacement incontrôlé des populations, ce que personne ne veut ou ne peut gérer en l’Etat actuel des choses, fait savoir un expert camerounais en gestion de crise internationale, sous le couvert de l’anonymat en raison de la position silencieuse du Cameroun. Le chef de l’Etat nigérian, Goodluck Jonathan, président en exercice de la CEDEAO lui est définitivement sceptique. La crise ivoirienne est dans l’impasse, a-t-il déclaré mardi. Les Populations quant à elles, retiennent leur souffle.

Alassane Ouattara veut le départ de Gbagbo et refuse de céder à la demande de discussion
Journalducameroun.com)/n


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