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Crise en RCA : Le Cameroun dirige les forces de maintien de l’ordre

Par une décision des dirigeants de la Cémac, les forces militaires camerounaises sont au commandement de la sécurité en RCA

Tumenta Chomu Martin, Général dans l’armée camerounaise assurera le commandement de la Mission de Soutien à la RCA (MISCA). Sa désignation par le président camerounais Paul Biya, est tombée le 18 octobre dernier. Selon des sources proches du dossier, Paul Biya agissait sur une décision prise par tous les dirigeants de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEMAC). Juste quelques jours après l’adoption de la résolution 2121 sur la RCA par le Conseil de Sécurité de l’ONU, le Secrétaire Général Ban Ki-moon envoya en visite à Yaoundé, son représentant spécial au sein du BINUCA. Le Général Babacar Gaye portait un message demandant au Cameroun de contribuer au relèvement des forces de maintien de la paix en RCA. Actuellement, le Cameroun compte 500 sur les 1.500 hommes formant la MISCA et exclusivement basés à Bangui. A l’ONU, l’on souhaite voir ces effectifs de la MISCA augmentés de 3.500 hommes capables d’assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire centrafricain.

Autant le dire, en cas de réussite, Tumenta Chomu Martin n’aura alors pas été seulement le sauveur de la
RCA très abîmée depuis le triomphe de la Seleka sur Bozize en mars dernier. Le Cameroun, à travers son ministre des Relations Extérieures, venu prendre part à la 68e Assemblée Générale de l’ONU, n’a cessé d’alarmer la communauté internationale sur les répercussions négatives, sur son territoire, de la crise en RCA. Le plus inquiétant pour Yaoundé étant ces hommes armés campant avec des réfugiés évalués à près de cent mille. Moukoko Mbonjo a donc non seulement appelé l’ONU de prendre une résolution ferme sur la RCA mais aussi, proposer la mise en place d’un corridor de sécurité à la frontière entre le Cameroun et la RCA. En dehors de la sécurité, ce corridor a l’avantage de favoriser à nouveau l’activité de la douane à la frontière des deux pays. En fait, tous les pays de l’Afrique centrale ont perdu le sommeil en percevant les échos de l’ambiance qui règne actuellement à Bangui. A en croire des experts occidentaux, le pays déjà entre les mains de nombreuses milices, se fait, petit à petit, le terrain de jeu des groupes terroristes et extrémistes en provenance des pays de la corne de l’Afrique et des pays de la bande soudano-saharienne.

Au point où nous en sommes, certains présentent une somalisation de la RCA. « Nous devons investir dans la stabilité et la reprise dès maintenant. Échouer à agir prolongerait et aggraverait des conditions épouvantables de vie et ferait peser des menaces supplémentaires pour la paix et la sécurité dans cette région très fragile», déclarait tout récemment Valérie Amis la Secrétaire Adjointe de l’Union Européenne. Inutile donc de douter que des soldats viendront du Congo, du Gabon, de Guinée Équatoriale, entre autres, pour se joindre au Cameroun, pour former le bataillon des cinq mille hommes nécessaires à la MISCA pour le moment. En attendant de former les troupes et de les envoyer sur le terrain, les pays de la CEMAC ont déjà joué en équipe, pour déposer sur la table une somme de vingt milliards de francs CFA. Cet argent est exclusivement destiné à la MISCA. Quant au gouvernement de Michel Djotodia, la CEMAC lui a accordé cinq milliards de f CFA. Ce budget est pour permettre à la RCA de tenir jusqu’à la fin de cette année.

Les forces camerounaises de maintien de la paix en RCA

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