Politique › Institutionnel

Crise financière: le plan d’action de la BAD pour l’Afrique

Le sujet préoccupe les gouverneurs de la Banque africaine de développement et du FAD

Organisé sur le thème : L’Afrique et la crise financière : un plan d’action, Les 44e Assemblées annuelles du Conseil des gouverneurs de la Banque africaine de développement (BAD) et la 35e rencontre du Conseil des gouverneurs du Fonds africain de développement (FAD) ont été officiellement ouvertes par le président sénégalais Abdoulaye Wade, en présence du président burkinabé Blaise Compaore, du vice-président du Ghana John Dramani Mahama, du président de la Commission de l’Union africaine Jean Ping, du président de la Banque africaine de développement Donald Kaberuka et du secrétaire-exécutif de la Commission des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA), Adboulie Janneh. Dans son discours, le président Kaberuka a passé en revue l’évolution de la situation économique en Afrique au cours des 40 dernières années, caractérisées par des cycles courts de période de croissance, suivie de longues années de stagnation, en bonne partie le résultat de facteurs internes dues à une mauvaise gouvernance économique et de chocs externes.

A son avis, contrairement aux autres périodes difficiles que le continent a connues, les causes de la crise financière actuelle ont été externes, aux impacts dévastateurs sur les économies africaines, qui ont entraîné des pertes d’emplois, la fermeture d’entreprises, d’usines, de mines, entre autres.  » Les aspirations d’un continent qui a travaillé fort ces dernières décennies, notamment sur les réformes économiques pour faire amener la croissance du revenu national brut d’un registre négatif à une croissance de plus de 7%, se sont vues balayées, en seulement six mois. Ce qui a pris une décennie à construire est remis en cause en peu de temps. Selon toutes probabilités, quand l’économie reprendra, la reprise sera plus faible « , a tenu à préciser le président de la BAD.

Malgré cette situation, l’optimisme reste autorisé relativement aux perspectives à long terme de l’Afrique, si les efforts requis sont déployés pour limiter les dégâts et préparer la reprise de la croissance, tous les pays sont affectés mais tout le monde s’est mis ensemble pour trouver des solutions. L’Afrique, dès lors, veut faire partie de cette réponse coordonnée à une crise dont elle n’est pas responsable, mais dont elle sait qu’elle a un rôle crucial à jouer pour y faire face. Le président Kaberuka a rappelé les efforts entrepris par l’institution pour permettre aux pays membres d’affronter la crise dès son déclenchement, mettant en place un comité de surveillance pour suivre son évolution, organisant à Tunis une conférence ministérielle pour examiner les différents enjeux de la crise et instaurant un comité des dix qui a fourni des intrants aux décisions prises lors du récent Sommet du G20 à Londres.

Il a mentionné l’initiative prise par la BAD et six autres institutions financières internationales de mettre à disposition un budget de 15 milliards pour promouvoir le commerce et renforcer le secteur financier africain comme exemple probant du type d’initiatives qui doivent être prises pour aider le continent à affronter la crise financière. La Banque a aussi accru ses opérations dans le domaine des infrastructures, le secteur privé, les Etats fragiles, les pays à faible et à revenu intermédiaire, en lien avec sa Stratégie à moyen terme 2008-2012.

Pour sa part, le président du Sénégal Abdoulaye Wade, hôte de l’événement, a dit que l’Afrique peut solutionner ses problèmes à long terme en intégrant ses économies pour leur donner plus d’autonomie et visant un développement plus durable. Il relève que l’Afrique ne doit pas abandonner. Sa jeunesse ne doit pas baisser la garde, mais doit continuer à travailler et regarder l’avenir avec confiance et espoir. Près de 2 000 délégués, incluant des gouverneurs (ministres des finances/économie), représentant 78 pays membres du Groupe de la BAD, ainsi que des chefs d’agences multilatérales de développement, de représentants de la société civile, d’ONG et de représentants du monde des affaires participent aux assemblées, la plus importante rencontre annuelle du milieu financier en Afrique.


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