Crise ivoirienne: l’Ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun donne son avis

Sans surprise, le diplomate américain soutient la position officielle de son pays et jette un regard tiré de son expérience en Côte d’ivoire

Soutenir les institutions démocratiques : N’est-il pas temps pour tout le monde de dire: « Nous voulons que nos dirigeants respectent nos choix ! »? La crise actuelle en Côte d’Ivoire a suscité beaucoup de commentaires et de débats parmi les camerounais, en particulier au sujet du rôle du Conseil constitutionnel et des réactions de la communauté internationale, y compris celle des Etats-Unis.
Etant donné que j’ai eu le plaisir de servir en Côte d’Ivoire pendant plusieurs années, j’ai une profonde amitié pour le peuple ivoirien. Je constate donc avec tristesse les tentions actuelles, l’escalade de la violence politique et les nombreuses atteintes aux droits de l’homme orchestrées par l’ancien président Laurent Gbagbo et ses partisans. Puisque cette question est préoccupante pour beaucoup de Camerounais, je voudrais vous donner un bref aperçu de l’engagement politique des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, ainsi que de sa relation avec la politique américaine au Cameroun.

L’élection du 28 novembre dernier a été jugée transparente et fiable par la Commission électorale indépendante, les observateurs nationaux et internationaux accrédités, ainsi que par les Nations Unies. Ils ont tous réaffirmé ces résultats et ont témoigné de leur légitimité, considérant que ces résultats reflétaient la volonté du peuple ivoirien. Cette élection se distingue de celle de 2000, durant laquelle deux des plus importants candidats furent empêchés de se présenter, et qui dériva sur dix ans de troubles politiques et de stagnation économique. Les élections de 2010 ont été perçues pour la Côte d’Ivoire comme une opportunité de sortir des années de crise et pour son peuple d’embrasser la démocratie tant recherchée et réclamée. Cette opportunité ne doit pas être désavouée par un effort évident de manipuler les résultats des élections en annulant les résultats de certaines circonscriptions et privant ainsi de leurs droits des centaines de milliers d’Ivoiriens. La fraude électorale ne fera jamais parti du processus de démocratisation.

Le président Barack Obama a félicité le président Alassane Dramane Ouattara pour sa victoire, mais a noté que la Côte d’Ivoire est aujourd’hui à la croisée des chemins. Il engage toutes les parties, y compris l’ancien président Gbagbo, à reconnaitre et à respecter les résultats de l’élection, et à permettre à la Côte d’Ivoire d’avancer vers un avenir démocratique et pacifique. Le président Obama a également prévenu que la communauté internationale tiendra pour responsables de leurs actes, tous ceux qui agissent pour contrecarrer le processus démocratique et la volonté de l’électorat. Les Etats-Unis soutiennent fermement le vote unanime du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unis qui renouvelle et étend le mandat de maintien de la paix de l’ONUCI. Le Conseil a unanimement réitéré l’engagement de son Secrétaire Général, Ban Ki-Moon, de s’acquitter de sa mission de promouvoir la paix et la stabilité. La décision du Conseil réaffirme fermement que le Président Ouattara a été légitimement élu Président de la Côte d’Ivoire. De nombreux dirigeants africains, y compris le président Ping de l’Union africaine, ont exhorté Monsieur Gbagbo à démissionner pacifiquement. Ces prières sont restées sans réponses.

Les Etats-Unis rejoignent l’Union africaine, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de L’Ouest (CEDEAO), l’Union Européenne et l’Organisation des Nations Unis en exhortant toutes les parties prenantes à respecter la volonté du peuple et le résultat de l’élection. Les Etats-Unis ont agi en harmonie avec la communauté internationale. Le Président Obama a pris cette position parce que les Etats-Unis se soucient de l’avenir politique de l’Afrique. Si vous vous souvenez de son discours historique au Ghana, dans lequel le président Obama rappelait les expériences de son père et grand-père au Kenya, vous pouvez comprendre que nos rapports avec l’Afrique ne peuvent pas être assimilés à un anachronisme colonial du XIXe siècle. Nous soutenons le Cameroun de la même manière que nous soutenons la Côte d’Ivoire: en tant que partenaires et amis pour un avenir meilleur. Ici au Cameroun, nous entreprenons des projets contre les maladies infectieuses en consacrant des ressources énormes au Fond Mondial de la lutte contre le Sida (Global Fund) et à la mission des Centres de prévention et de contrôle des maladies (CDC). Nous augmentons notre contingent de volontaires du Corps de la paix, afin d’aider le Cameroun à se développer à la base. Nous promouvons l’accès au marché américain à travers une exemption de taxes douanières et fiscales sur des milliers de produits camerounais. Et nous fournissons de la formation et de l’équipement dans le Golfe de Guinée afin de le sécuriser et de faciliter le développement économique et le tourisme. Le désir des Etats-Unis en Côte d’Ivoire, au Cameroun et dans tout autre pays est celui d’y voir un processus électoral libre, équitable et transparent. Au moment où le Cameroun prépare ses propres élections en 2011, les Camerounais s’attendent à ce que les résultats soient respectés par tous les candidats qui participeront aux élections. C’est cette même attente que le peuple de Côte d’Ivoire avait, mais dont il a, jusqu’à présent, été privé.

Robert P. Jackson sans surprise soutient la position officielle de son pays
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