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Crise ivoirienne: Laurent Gbagbo se prononce sur la situation

Sur la télévision nationale ivoirienne, il s’est dit prêt à faire des concessions, mais refuse de lâcher le pouvoir

Gbagbo revendique et justifie sa victoire
Alors qu’on ne s’y attendait pas, le président Laurent Gbagbo aux commandes de la Côte d’Ivoire, a fait ce mardi dans la soirée, une apparition publique sur les ondes de la RTI, la radio et télévision ivoirienne. C’était la première fois qu’il s’exprimait publiquement depuis le début de la crise sur les résultats des élections présidentielles en Côte d’ivoire. Je suis le président de la République de la Côte d’Ivoire, j’ai prêté serment, j’ai nommé un Premier ministre, le pays s’est remis aussitôt au travail et l’Etat fonctionne, a-t-il fait savoir. Il est revenu sur les différentes étapes qui ont marqué l’annonce des résultats et insiste sur sa victoire. J’ai remporté le scrutin avec 51,45 % des suffrages. Il revient au Conseil constitutionnel de proclamer les résultats, a-t-il déclaré, précisant que la Commission électorale indépendante (CEI) n’avait, selon lui, qu’un rôle d’organisation et de contrôle du scrutin. Laurent Gbagbo se dit désormais prêt à affronter les pays dits de la communauté internationale toute entière, et qui soutiennent tous son rival Alassane Ouattara, déclaré vainqueur de l’élection par la CEI. De la communauté internationale, Laurent Gbagbo a dit qu’elle a donné un spectacle affligeant, en proclamant les résultats à l’hôtel du Golf, au QG de son adversaire. Ils sont nuls. La communauté internationale a déclaré la guerre à la Côte d’Ivoire. Cela n’est pas acceptable et ne sera pas accepté a indiqué Gbagbo. Poursuivant son discours, le président aux commandes de la Côte d’ivoire a fait savoir qu’il regrettait les morts des derniers jours, dont il tient la communauté internationale responsable.On veut nous terroriser, mais je ne veux plus que le sang soit versé. Je ne veux plus de guerre qui peut s’étendre aux pays voisins a ajouté Gbagbo, appelant au calme et à la retenue. S’adressant ensuite à son adversaire, Alassane Ouattara, réfugié à l’hôtel du Golf, il lui demande de regagner son domicile. Je tends la main à monsieur Ouattara et à l’opposition armée qui le soutient, a-t-il dit.

Il cède des concessions à son rival et menace la communauté internationale
Laurent Gbagbo s’est aussi dit prêt à accueillir un comité d’évaluation pour juger des résultats de la présidentielle, composé de l’UE, des Etats-Unis, mais aussi de l’Union africaine, de la Ligue arabe, de la Russie et de la Chine. Un pas d’ouverture qui apparemment ne suffit pas. Dans le camp adverse, une porte-parole d’Alassane Ouattara a répondu que Laurent Gbagbo continuait de ruser avec le monde en proposant d’ouvrir le dialogue. Il dit avec force qu’il est encore le président de la République de Côte d’Ivoire, ce qui est inacceptable, a-t-elle insisté. Il s’agit pour lui de reconnaître le verdict des urnes et de partir, tout simplement. Une position qui est celle de la France, qui fait planer la possibilité d’une intervention militaire. Ce mercredi 22 décembre 2010, le président français Nicolas Sarkozy a organisé une réunion sur la situation tendue en Côte d’Ivoire. Étaient présents à cette réunion, le Premier ministre François Fillon ainsi que Michèle Alliot-Marie (Affaires étrangères), Alain Juppé (Défense), François Baroin (Budget) et le chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud. Par la suite, le gouvernement français a recommandé aux ressortissants français qui le peuvent de quitter provisoirement le pays. Le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a également conseillé à la population de différer les projets de voyage vers la Côte d’Ivoire parlant des sources d’inquiétudes indiscutables sur la situation dans le pays. Déjà Mardi 21 décembre, Paris avait appelé à nouveau au départ sans délai de Laurent Gbagbo et se disait désormais très vigilant sur la situation des 15.000 ressortissants français et des Européens installés en Côte d’Ivoire. Répondant aux questions de l’assemblée nationale française, Michèle Alliot Marie, la ministre des affaires étrangères a fait savoir qu’aucune attaque ou menace n’avait été formulée pour l’instant envers des Français ou des Européens mais que la France se préparait à toute éventualité, y compris l’évacuation militaire de ses ressortissants.

La communauté internationale rigide jusqu’au bout
La communauté internationale elle aussi continue d’être ferme, Gbagbo doit quitter le pouvoir. De nombreux observateurs se demandent pourquoi l’organisation des nations unies est si intransigeante dans le processus électoral ivoirien, alors qu’en Haïti où les mêmes difficultés post électorales se posent, le décompte des voix a été proposé. Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, a accusé mardi le camp de Laurent Gbagbo de tenter de provoquer les Casques bleus de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et de tarir les sources d’approvisionnement de la Mission onusienne. Une attitude conforme à la vision du camp Gbagbo qui accuse la partialité des nations unis. Face à ce défi direct et inacceptable à la légitimité des Nations Unies, la communauté internationale ne peut pas rester sans rien faire. Elle doit agir et agir de manière résolue. Toute tentative d’affamer la Mission de l’ONU pour qu’elle se rende ne sera pas tolérée. Toute attaque contre les Nations Unies et son personnel sera considérée comme une attaque contre la communauté internationale, a fait savoir Ban Ki-Moon. Même si l’union africaine dénonce l’attitude de Laurent Gbagbo, il n’en reste pas moins que dans de nombreuses grandes villes africaines, ce dernier est soutenu, du moins en pensée. La déclaration du gouvernement français de ce jour donnera les nouvelles orientations de la situation. Pour la Cour pénale internationale, la solution à ce problème devrait venir de l’Afrique. Je pense que des États africains ont un rôle primordial à jouer pour trouver une solution au problème , a fait savoir Moréno Ocampo, le procureur de cette Cour, mardi dernier. Cependant menace-t-il, si cela s’avère impossible et que des crimes sont commis, des États africains pourraient être prêts à déférer la situation à mon Bureau et à fournir des forces pour appréhender les individus coupables de crimes en Côte d’Ivoire.

Laurent Gbagbo s’est exprimé sur la crise en Côte d’ivoire
oubangui.files.wordpress.com)/n
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