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Crise Ivoirienne: Un livre sur le sujet, interdit à Yaoundé!

La dédicace du Livre

Cote d’Ivoire, le Coup d’Etat, livre écrit par Charles Onana, a été interdit de présentation au publique hier jeudi 23 février 2012 à Yaoundé, la capitale camerounaise. Nous avons le regret d’annoncer que la dédicace de ce jour est annulée par les autorités, elle ne peut donc avoir lieu, a déclaré un des organisateurs, à une assistance venue nombreuse pour assister à l’évènement. Aucune information officielle n’est donnée sur le sujet, mais selon des sources proches de l’administration, il y aurait eu une consigne générale visant à interdire cette action au Cameroun. Dans les coulisses on apprend que le gouvernement camerounais à la demande de la France et de la Côte d’Ivoire aurait finalement cédé. Derrière la dédicace, la présentation du livre devait être une occasion de refaire le procès en publique de l’intervention française en Côte d’Ivoire. On a aussi annoncé la présence de plusieurs ex-collaborateurs du président Laurent Gbagbo aujourd’hui en détention à la Cour Pénale Internationale pour y être jugé. Mais ils devraient être bien discrets. Cet incident survient alors que l’Ambassadeur de Côte d’ivoire au Cameroun est en déplacement. Officieusement on apprend qu’il est parti rendre compte de la situation, ce qui justifierait peut-être l’interdiction de cette dédicace.

Le livre aujourd’hui au c ur de la polémique est préfacé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Le document de 415 pages dévoile les confidences d’un General Français ayant servi en Côte d’Ivoire, mais aussi les rapports inédits de l’Ambassadeur de France en Côte d’Ivoire sur le Président Alassane Ouattara, ainsi que des lettres « secrètes » des présidents Nicolas Sarkozy et Blaise Compaoré sur la chute de Laurent Gbagbo. Les premiers commentaires le présentent comme un livre-évènement. Certains lecteurs ont posté sur internet des extraits du livre. Il s’agit du témoignage que l’ancien président Laurent Gbagbo, a pu faire parvenir à Charles Onana, depuis sa réclusion. Ses accusations contre l’armée française, qui a selon lui, tiré sur des jeunes manifestants Ivoiriens pour les disperser ou les empêcher de rallier sa résidence, et qui a visiblement profité d’une conversation téléphonique pour le localiser dans la résidence et bombarder sa chambre, sont très claires. Elles révèlent une infime partie de ce qu’il a à dire.

Quand à l’interdiction de la dédicace du livre de Charles Onana, elle reste difficile à comprendre, puisque l’auteur a déjà eu l’occasion de parler de cet ouvrage, dans de nombreuses radios dont Radio France Internationale, largement écoutée au Cameroun. Une autre cérémonie de dédicace était prévue à Douala le 27 février prochain, mais cela semble être mal parti. Depuis l’interdiction de la dédicace, on ignore toujours où se trouve le journaliste camerounais. Certains commentaires affirment qu’il aurait été conduit à la Direction de la Sécurité Présidentielle (DSP).

Charles Onana, né en 1964, est un journaliste d’enquête et essayiste français, qui s’est surtout fait connaître par ses écrits, parfois polémiques, concernant le génocide au Rwanda. Il est également connu pour son travail pionnier sur l’histoire des tirailleurs africains de l’armée française pendant la Seconde guerre mondiale. Il a dirigé l’Organisation panafricaine des journalistes indépendants au sein de laquelle il a mené une enquête retentissante sur l’assassinat du journaliste burkinabé Norbert Zongo.

Le une de couverture du livre
journalducameroun.com)/n

Un extrait du livre

Gbagbo: Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture

En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d’achever leur mission, c’est-à-dire de venir me prendre eux-mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu’ils ont envoyé les rebelles m’arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l’hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d’autres images de moi. Il n’y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation…


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