Dossiers › Présidentielles 2011

Croissance économique: 120 000 créations d’emplois visées par Paul Biya

Le président candidat a présenté les moyens qu’il envisage d’actionner pour parvenir à cette performance lors d’un discours prononcé à Douala

Un environnement devenu stable
Paul Biya a annoncé jeudi 06 septembre à Douala dans la capitale économique camerounaise, qu’il envisageait de faire de l’accélération de la croissance, un des principaux objectifs de son prochain septennat. Il a apporté cette information lors d’un discours prononcé à l’occasion de la visite de campagne électorale, qu’il effectue dans cette ville. Paul Biya est parti du principe acquis selon lequel, l’environnement financier du Cameroun était aujourd’hui stabilisé et à même de mieux soutenir la relance de l’économie nationale. Grâce aux prêts de nos partenaires, nous avons pu relancer les investissements structurants, le système bancaire est aujourd’hui assaini et densifié, nous avons amélioré la transparence sur les coûts de crédits et pris des dispositions pour protéger les déposants a fait savoir le candidat du rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), dont c’était la deuxième sortie officielle de campagne électorale. Selon Paul Biya ces gains d’amélioration du secteur de la finance auront permis l’accès d’un plus grand nombre à l’argent utile pour faire des investissements. Il est aussi revenu sur la création d’une banque pour les petites et moyennes entreprises et le secteur agricole.

De nombreuses incitations en guise de promesse
Au rang des promesses, il a fait savoir qu’il envisageait de poursuivre l’effort d’amélioration de la compétitivité des entreprises par la baisse des coûts et aussi la réduction à moins de trois jours de leurs délais de création. Il s’est aussi engagé à renforcer le système judicaire pour un meilleur arbitrage des situations économiques. Paul Biya a encore annoncé la mise en place d’un fond de garantie pour les crédits donnés à la création des entreprises de moyenne ou petite envergure. Il prévoit ainsi que la mise en place de ces différentes incitations permettront la création de 10 000 micro entreprises par an, pour un total sur 7 ans de 60 000 emplois créés. Pour les autres 60 000, le président Biya compte sur le début annoncé des grands chantiers dont le barrage de Lom Pangar, le port en eau profonde de Kribi, ou encore la construction d’un deuxième pont sur le Wouri et le début de l’exploitation du Diamants de Mobilong. Tous ces projets seront susceptibles de créer près de 60 000 emplois directs ou indirects a-t-il fait savoir. Le président candidat a dit pour cela compter sur la force créatrice des jeunes et promis l’engagement de l’Etat à soutenir toutes les initiatives allant dans ce sens.

Des contraintes non évoquées
Améliorer l’accès au capital pour des micro-activités et mettre en place un système d’accompagnement de leur progression pourraient participer à une meilleure répartition des revenus. De nombreux pays dans le monde ont fait l’expérience positive de cette solution de financement. Mettre en place des mesures incitatives cependant, suppose des engagements financiers qui se traduisent en dépenses publiques ou en exonération des impôts. Elles supposent aussi la capacité à mettre en place des structures de contrôle et de régulation appropriées. Toute chose que le Cameroun au regard de sa structure administrative, ne semble pas encore prêt à expérimenter. D’un autre côté, même si l’administration réussissait ce saut vers l’objectif de compétitivité, la redistribution du crédit reste encore une équation difficile à résoudre et qui nécessite bien plus que des promesses de campagne. La majorité des établissements de crédit sont soutenus par des capitaux étrangers qui financent des secteurs rapidement porteurs de l’activité économique. Les établissements de micro finance en raison de la faible coopération des banques ont du mal à couvrir les besoins effectifs en microcrédits. Bien qu’il ait été assaini, le système financier camerounais reste fragile. Une fragilité causée selon un récent rapport du FMI par la persistance de nombreux engagements souverains non encore remboursés. On notera encore qu’en matière de financement, le président ne s’est pas appesanti sur le rôle de redistribution que pourrait jouer la Bourse de Douala, par l’attraction d’un plus grand nombre d’entreprises, et la redistribution conséquente d’un plus grand nombre de parts sociales et donc de revenus. Le président candidat a choisi de faire reposer sa bataille économique sur l’amélioration de l’accès au financement. Ce choix bien que pertinent, demande cependant une maitrise que seules les premières applications permettront d’évaluer. Aussi, le président continue de miser aussi sur l’attractivité des investissements étrangers déjà présents au Cameroun. Selon de nombreuses analyses d’experts, le rôle des investissements étrangers sur le renforcement de l’épargne nationale nécessaire à un véritable développement autocentré, reste limité. Enfin l’optimisme du président demeure assez discutable dans un contexte mondial marqué par des risques de dépression dans les économies des différents partenaires du Cameroun.

Paul Biya et son épouse Chantal Biya
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