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Cybersécurité: un consortium américain à la quête de marchés au Cameroun

ATR Cyber security agency – soutenu par l’ambassade des Etats-Unis – a officiellement présenté ses activités au cours de deux conférences organisées à Yaoundé et à Douala

« L’Afrique est de plus en plus ciblée par les hackers par la fragilité de ses systèmes d’information », a appris Journalducameroun mardi dernier, à Yaoundé, au cours de la présentation officielle des activités de ATR Cyber security agency, en présence, entre autres: d’officiels de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun, du ministre des Finances, de représentants de l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic), du ministère des Postes et Télécommunications.

L’entreprise, présentée comme un « consortium de sociétés américaines » oeuvrant dans divers secteurs du numérique, a lancé ses activités au Cameroun au cours de conférences organisées sur les thèmes de la cybercriminalité et de la cybersécurité à Yaoundé – le 06 septembre – et à Douala – le 08 septembre 2016.

ATR opère principalement en effectuant une évaluation de la vulnérabilité d’un système d’information au sein d’une organisation et fait ensuite un test de pénétration, sa spécialité, qui consiste à simuler une attaque extérieure venant d’un hacker ou d’un groupe de hackers. Ledit test, d’après les explications données à Yaoundé par Frederic Santashere – directeur technique d’ATR – , permet de « connaître l’état du système d’information » et de mettre en place une solution appropriée.

Situation au Cameroun
Le Cameroun s’est lancé tous azimuts dans le développement de son « économie numérique ». Le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel) a élaboré dans ce sillage une stratégie de développement de l’économie numérique à l’horizon 2020 « qui repose sur huit piliers ». Parmi ces pilliers, on retrouve entre autres: la promotion de la recherche et de l’innovation, le développement des infrastructures larges bandes, l’accroissement de la production de l’offre des contenus numériques, la transformation numérique de l’ensemble des secteurs d’activités, le renforcement de la « confiance numérique », le développement d’une industrie locale du numérique.

Ces projections dans l’économie numérique ne s’accompagnent ne pas sans risques. Par exemple, plus de la moitié des plaintes déposées à l’Agence nationale d’investigation financière (Anif) – structure de renseignement financier rattachée au ministère des Finances – sont liées à la cybercriminalité, d’après des données collectées par l’ambassade des Etats-Unis et présentées au public à Yaoundé le 06 septembre.

Dans une étude conduite au premier semestre 2015, Gemalto, à travers le Breach level Index, rappelait que le vol d’identité demeurait à cette période dans le monde la principale cible des cybercriminels, représentant 75 % de tous les fichiers affectés. « De tous les domaines d’activité recensés, les secteurs gouvernementaux et de la santé ont payé le plus lourd tribut à la cybercriminalité, puisqu’ils représentent environ les deux tiers (31 % et 34 % respectivement) des fichiers de données compromis », révélait cette étude.

« Le vol d’identité demeure, au premier semestre [2015, Ndlr], la principale cible des cybercriminels, représentant 75 % de tous les fichiers affectés, et un peu plus de la moitié (53 %) des failles de données enregistrées.

Sur le site du Breach Level Index, où des données sont actualisées en permanence, on note au 09 septembre 2016, que plus de 148 000 données sont volées chaque heure et plus de 3,5 millions chaque jour.

Selon les chiffres de la Commission nationale anti-corruption (Conac), du Minpostel et de l’Antic, l’ensemble des pertes pour l’économie camerounaise en général, liées à la cybercrimialité, s’élevaient à 25 milliards de F CFA en 2015

Sur l’estrade: le ministre camerounais des Finances, Allamine Ousmane Mey, le 06 septembre 2016 à l’Hôtel Hilton de Yaoundé
Journalducameroun.com)/n

Sécuriser le cyberespace camerounais
« Le gouvernement camerounais est fermement engagé à assurer la confiance dans le cyberespace camerounais afin que l’économie numérique prenne son envol », a déclaré le Directeur de la sécurité des réseaux et des systèmes d’information au Minpostel mardi dernier à Yaoundé.

Cependant, d’après un diagnostic présenté à la même conférence par un ingénieur de l’Antic: le Cameroun ne dispose pas d’un cadre légal encadrant la protection des données. On note aussi un « manque d’une plateforme de collaboration » entre les différentes institutions et administrations publiques qui interviennent dans le domaine: Minpostel, ministère délégué à la présidence chargé de la Défense, Antic, Agence de régulation des télécommunications (ART), Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN).

C’est dans ce contexte que ART Cyber est venu s’implanter au Cameroun, premier pays en Afrique choisi par ce « consortium » basé à Washington DC. Prochains pays ciblés: le Bénin, la Côte d’Ivoire et la Guinée.

Pour vanter l’expertise de ART Cyber, le Chef de mission adjoint de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun, Matthew Smith, a rappelé qu’Internet est le fruit de la recherche militaire américaine qui l’a transformé en « business ».

Le Cameroun aurait actuellement un taux de pénétration d’Internet de 18% selon les chiffres d’Internetlivestats.

Conférence sur la cybersécurité. Une vue de l’assistance présente à l’Hôtel Hilton de Yaoundé le 06 septembre 2016
Journalducameroun.com)/n
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