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Daniel Youn, pasteur Coréen, fondateur de la Mission de l’Eglise Evangélique Camerounaise

« Mes 22 années d’évangélisation au Cameroun »

Le dix- huitième anniversaire de la Mission de l’Eglise Evangélique Camerounaise (MEEC) a été célébré à Yaoundé. L’ambassadeur de la République de Corée au Cameroun, Hosung Lee, est venu rehausser par sa présence l’apothéose de cet anniversaire grandiose, organisé au quartier Nkolbisson de Yaoundé. Auparavant, la semaine d’anniversaire aura été ponctuée par des prières, des louanges, des adorations, des activités sportives, une conférence-débat et une kermesse. Plusieurs prix ont été remis pendant la grande cérémonie de clôture, devant 1500 chrétiens de la MEEC.

Le pasteur Emmanuel Ombagala et le fonctionnaire Camerounais Michaël Bokassanga diront à travers des témoignages que «le succès remporté dans notre vie, n’a été possible que grâce à la présence de la MEEC». Emmanuel Ombagala dajoutera «qu’en venant à Yaoundé en 1990 pour les études, ma mère m’a remis la somme de 1000 F Cfa. La famine, les maladies, bref la pauvreté faisait partie de ma coupe quotidienne. Depuis le jour où je me suis rapproché de Young, je suis entré en contact avec Dieu et la pauvreté est restée triste souvenir».

Comment commence votre histoire au Cameroun?
En août 1986, je suis venu ici au Cameroun par bateau, au port de Douala. C’était un bateau missionnaire avec à son bord 350 missionnaires de 45 pays différents. Un an après, en août 1987, je décide revenir au Cameroun toujours par Douala, pour commencer l’ uvre missionnaire. En fait, je suis venu ici comme pasteur de la PCC (Presbyterian Church of Cameroon). J’ai travaillé avec cette église pendant six mois. A cause des différences doctrinales, je me suis détaché pour créer la MEEC qui prend corps en 1991.

Quelle est votre évaluation l’ uvre accompli en qualité de missionnaire?
Par la grâce de Dieu nous avons nos représentations dans toutes les régions du Cameroun. En chiffre, aujourd’hui nous comptons soixante – quinze (75) églises bien installées. Soixante (60) autres sont en création. Côté académique : nous ouvrons en septembre prochain notre collège bilingue avec le slogan, « All nations school » Il est situé précisément à Zalom sur la route Yaoundé-Mfou. En plus de la faculté de théologie déjà existante, nous lançons bientôt le projet de la faculté de médecine pour donner corps à notre université avec l’accord du gouvernement déjà obtenu. En 18 ans, on peut dire que ce résultat est bon.

Comment vous trouvez la société camerounaise qui vous accueille depuis les années 80?
A mon avis, parlant de l’évangélisation – mon métier-, le terrain est très fertile pour le diable. Il y a une grande influence des traditions. Les Camerounais sont assez influencés par la puissance du diable, ce qui me pose quelques problèmes de syncrétisme entre religion et coutume. Les Camerounais ont bien décidé de croire à l’Evangile pure, écrite dans la Bible. Donc nous pouvons surmonter ces obstacles. Mais malheureusement, il y a une faiblesse dans l’engagement spirituel. Du côté des jeunes, il y a trop de désordre dans le sexe. Filles et garçons donnent naissance à des enfants sans être mariés. Ils ne sont pas sensibilisés par les parents. C’est un grand problème social au Cameroun. On n’a même pas honte d’avoir les enfants étant jeunes sans se marier. La coutume encourage cela. Ça cause problème parce que ces coutumes ont pénétré l’Eglise. Si nous voulons voir le progrès de cette société, je crois que nous devons lutter contre ces mauvaises coutumes. C’est le même problème avec le Sida, il est aussi la cause de ce désordre social. Par la parole de Dieu, on peut amener l’ordre dans cette société. Les Camerounais en général sont corrompus. Ils pratiquent le mensonge, le « Kongossa », le vol, l’impudicité, les détournements des fonds. Tous ces fléaux dominent la société, ils freinent le développement. On peut lutter contre tout ça par la Parole de Dieu. Depuis plus de 22 ans au Cameroun, je travaille sur de tels sujets.

L’ambassade de Corée au Cameroun, après onze ans de fermeture, vient de rouvrir officiellement ses portes Quelle sont vos relations?
Mes relations avec l’ambassade sont très bonnes. Pour beaucoup de projets, j’aimerais qu’on collabore avec elle. Je tiens à préciser tout de même que l’ambassade n’influence pas l’ uvre missionnaire, mais plutôt elle peut l’aider à davantage s’épanouir.

Combien de Corées vivent au Cameroun? Dans quels domaines d’activité les retrouve-t-on?
On peut estimer entre 150 et 200 le nombre des Coréens au Cameroun. La majorité d’entre eux est missionnaire. Ce n’est pas étonnant parce que la Corée est le deuxième pays dans le monde qui envoie beaucoup de missionnaires après les Etats-Unis. Les autres sont des diplomates ou des hommes d’affaires.

Pasteur Daniel Youn
Journalducameroun.com)/n
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