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Dans un champ d’orpailleurs au nord de Minkebe au Gabon, violent accrochage entre Camerounais et Gabonais

Bilan provisoire des opeÌ rations mettant aux prises l’armeÌ e gabonaise aux trafiquants: 34 arrestations et un mort

Trente militaires des Forces armeÌ es gabonaises accompagneÌ s de cinq agents de l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) et d’un gendarme ont eÌ teÌ deÌ poseÌ s aÌ€ Minvoul le jeudi 7 novembre 2013 au soir avec pour mission de deÌ manteler un camp d’orpailleurs dont l’existence avait eÌ teÌ deÌ couverte mi-octobre par une patrouille de l’ANPN envoyeÌ e le long de la frontieÌ€re Gabon/Cameroun. ApreÌ€s trois jours de marche, la colonne gabonaise (36 personnes) atteint le 10 novembre 2013 le campement ouÌ€ se trouvent les orpailleurs camerounais. L’eÌ quipe se divise en trois groupes : deux groupes se dirigent vers les fosses aÌ€ fouille d’or tandis que la troisieÌ€me approche le camp de base. Une vingtaine d’individus sont identifieÌ s au camp et sept autres s’activent dans les fosses. ApreÌ€s quelques reÌ sistances, les orpailleurs sont maitriseÌ s. Parmi les sept individus en train d’ « orpailler », certains paniquent et tentent de couvrir leur fuite en tirant deux coups de feu de calibre 12 en direction des militaires. Ces derniers ripostent et un des clandestins tombe dans le trou d’or. Les soldats gabonais doivent constater son deÌ ceÌ€s. Quelques clandestins ayant pu disparaiÌ,tre en foreÌ,t avec leurs armes, l’eÌ quipe de mission juge neÌ cessaire de s’eÌ loigner des lieux rapidement afin d’eÌ viter d’essuyer de nouveaux tirs. La colonne gabonaise quitte finalement le site avec vingt-six orpailleurs illeÌ gaux aÌ€ preÌ senter devant le tribunal d’Oyem. En passant par le campement de Ndaboro, elle interpelle encore un autre eÌ tranger. Le total des trafiquants arreÌ,teÌ s est donc de vingt-sept. Le lundi 11 novembre 2013, mission acheveÌ e, l’eÌ quipe revient sur Minvoul avec 27 orpailleurs illeÌ gaux.

Le jeudi 14 novembre, une eÌ quipe est rentreÌ e en foreÌ,t avec comme mission de seÌ curiser la zone pour qu’un heÌ licopteÌ€re militaire puisse eÌ,tre envoyeÌ sur zone pour reÌ cupeÌ rer le corps de l’individu mortellement toucheÌ . ArriveÌ e sur site le dimanche 17 novembre, l’eÌ quipe constate que le camp a eÌ teÌ reÌ investi par d’autres clandestins camerounais. Sept individus sont interpelleÌ s. L’heÌ licopteÌ€re est parti lundi 18 novembre pour reÌ cupeÌ rer la deÌ pouille mortelle qui a eÌ teÌ transporteÌ e aÌ€ Minvoul ouÌ€ elle est actuellement en cours de conditionnement avant d’eÌ,tre remise aÌ€ la famille sous la supervision de l’ambassade du Cameroun au Gabon. Le professeur Lee White, SecreÌ taire exeÌ cutif de l’ANPN, releÌ€ve avec inquieÌ tude la deÌ rive violente des trafiquants, qui n’heÌ sitent plus aÌ€ faire usage d’armes en feu en direction des patrouilles : « Contrairement aÌ€ d’autres pays africains, le Gabon n’a pas pour reÌ€gle de tirer aÌ€ vue sur les braconniers ; neÌ anmoins, nos soldats se reÌ servent le droit de reÌ pliquer quand ils se trouvent viseÌ s, comme ce fut le cas il y a quelques jours. Soyons conscients qu’il ne s’agit plus uniquement d’une bataille pour sauver l’eÌ leÌ phant d’Afrique : c’est une question de seÌ curiteÌ publique et les autoriteÌ s gabonaises prennent treÌ€s au seÌ rieux les agissements extreÌ,mement brutaux des braconniers ».

Bis repetita
Le 04 octobre 2013, l’Agence nationale des parcs nationaux (ANPN) a envoyeÌ une eÌ quipe conjointe ANPN-GENA pour une mission de patrouille de vingt et un jours le long de la frontieÌ€re Gabon/Cameroun en suivant les rivieÌ€res Kom et Ayina en partant de Minvoul pour le deÌ barcadeÌ€re de LelleÌ , suivant un circuit en direction du nord /nord-est. Cette eÌ quipe a repeÌ reÌ un camp d’orpaillage tenu par des eÌ trangers, en majoriteÌ des ressortissants camerounais. Inconnu auparavant, ce campement est situeÌ aÌ€ environ 4 jours de marche de la ville de Minvoul. Une cartouche de 9mm et une douille de carabine 460 ont eÌ teÌ discreÌ€tement preÌ leveÌ es sur le site. Peu outilleÌ e pour intervenir, la patrouille a poursuivi son chemin en direction du Haut Ivindo. Faute de reÌ seau teÌ leÌ phonique mobile dans cette zone reculeÌ e, l’eÌ quipe gabonaise n’a pu rendre compte immeÌ diatement aÌ€ sa hieÌ rarchie. Le Conservateur seÌ nior a ensuite informeÌ le SecreÌ taire exeÌ cutif de l’ANPN et l’Etat-major (EMGFA), en recommandant le deÌ guerpissement au plus vite de ce nouveau campement pour eÌ viter un nouveau « MinkeÌ beÌ « . En mai 2011, constatant un alarmant pheÌ nomeÌ€ne de rueÌ e vers l’or jaune et blanc (ivoire) dans la zone du parc national de Minkebe, les autoriteÌ s gabonaises durent fermer de nombreux campements d’orpailleurs, lesquels abritaient jusqu’aÌ€ 6000 individus, pour la plupart de nationaliteÌ camerounaise. En sus de l’extraction illeÌ gale d’or, ces personnes eÌ taient impliqueÌ es dans toutes sortes de trafic, de l’ivoire aux armes en passant par la viande de brousse, les stupeÌ fiants, la prostitution et le travail forceÌ des enfants.

Selon l’enqueÌ,te conduite en janvier 2013 par l’Agence nationale des parcs nationaux, WWF et WCS, quelque 14.000 eÌ leÌ phants furent deÌ cimeÌ s aÌ€ Minkebe entre 2004 et 2012. Un massacre dont la responsabiliteÌ incombe aux braconniers qui parviennent aÌ€ opeÌ rer dans les foreÌ,ts gabonaises proches des frontieÌ€res camerounaises et congolaises. Les trafiquants d’ivoire repeÌ reÌ s aÌ€ Minkebe n’ont jamais heÌ siteÌ aÌ€ faire feu pour tenter de proteÌ ger leur butin. DeÌ but 2013, les eÌ cogardes de l’ANPN avaient eÌ teÌ pris en embuscade et viseÌ s par des tirs de gros calibre alors qu’ils venaient d’arreÌ,ter des porteurs acheminant des deÌ fenses en direction de la frontieÌ€re camerounaise.

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