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De l’attitude de la France au Burkina Faso et d’autres questions

Par Magaye Gaye

1. l’attitude de la France dans le conflit
Contrairement à beaucoup d’Analystes politiques occidentaux qui considèrent le courrier adressé début octobre par la France à Monsieur COMPAORE, le conseillant amicalement de ne pas modifier la constitution, comme une manifestation de la fin de la Françafrique, notre Cabinet estime une telle attitude bien ambigüe. En effet, si ce courrier était rendu public à la date de son émission, il aurait pu avoir plus d’effets dissuasifs sur Blaise COMPAORE et permettre ainsi d’éviter les émeutes notées et ses conséquences macabres. Assurément le Cabinet GMC parie fort que si la situation était à l’avantage de Monsieur COMPAORE, une telle lettre n’aurait jamais été publiée. La France a appliqué sur le cas du Burkina « une diplomatie de la loterie ». L’enlisement de la situation en défaveur du Président COMPAORE a objectivement conduit l’Hexagone à se justifier pour éviter des conséquences néfastes sur ses ressortissants et redorer son blason diplomatique. Le coeur de la France était assurément «compaoriste».

La récente déclaration de Monsieur HOLLANDE au Canada, informant la communauté internationale que la France a aidé le Président déchu à s’exfiltrer, en est une preuve éloquente. Une déclaration inopportune voir irresponsable compte tenu de l’évolution critique de la situation au Burkina, mais sans doute adressée aux Chefs d’Etats africains en exercice pour les encourager à coopérer avec la France pour bénéficier des mêmes faveurs en cas de situations compliquées. Une déclaration qui aussi fait penser objectivement le Cabinet GMC que la France, hélas, a aujourd’hui a sa tête des dirigeants peu préparés à l’exercice du Pouvoir d’Etat. La très faible popularité historique de François HOLLANDE attestée par tous les sondages ainsi que la cacophonie indescriptible notée dans la Gauche française nous confortent dans notre analyse. IL est clair que la CPI, sous l’influence de la France ne s’intéressera jamais au cas COMPAORE.

2. L’inertie de la Communauté internationale
Mis à part le Etats Unis dont la déclaration hostile au changement de la constitution burkinabé était claire et sans équivoque, la communauté internationale aura beaucoup manqué de courage dans la prévention du conflit. Les organisations internationales comme l’ONU, l’Union Africaine, l’UEMOA ou la CEDEAO, passives depuis le début, ont opté pour la solution du « médecin après la mort » en voulant s’ériger comme des acteurs incontournables dans la résolution de la crise, ce qui est paradoxal et malhonnête. Dans un monde globalisé où les exigences démocratiques vont grandissantes, de plus en plus de Puissances internationales n’agissent plus directement pour défendre leurs intérêts de manière bilatérale. La nouvelle stratégie consiste à « noyauter » les organisations internationales qui deviennent ainsi des machins téléguidés à distance. Le Cabinet GMC propose à l’ONU, au regard des risques importants que font peser les enjeux de pouvoirs dans la stabilité mondiale, deux pistes : (1) la création au sein de l’ONU d’une Organisation Mondiale des Elections (OME) (ii) l’adoption d’une directive internationale de limitation des mandats présidentiels à 2 avec une durée cumulée maximum de 10 ans.

3. Des précautions à pendre par le peuple burkinabé
L’absence d’autonomie des organisations internationales évoquée ci-dessus ainsi qu’une volonté de certaines Puissances de voir accéder à la tête du Burkina une personnalité influençable, doivent amener le peuple burkinabé à être très vigilant sur la qualité intrinsèque des dirigeants à choisir dans la transition. A priori, toutes les personnalités qui ont servi dans l’ancien régime devraient être écartées. De même que Monsieur ZEPHIRIN DIABRE, le Chef de file de l’opposition qui a été longtemps employé par Le Groupe français AREVA.

4. L’impact du cas burkinabé sur les projets de révision de constitution en Afrique
De manière quasiment unanime, les médias et analystes internationaux estiment que le cas burkinabé fera école. Notre Cabinet n’est pas de cet avis. Bien au contraire cette situation amène maintenant les Chefs d’Etat qui veulent « tripatouiller » leurs constitutions pour perdurer au Pouvoir à s’inspirer de l’expérience du Burkina Faso pour trouver des solutions novatrices plus accommodantes. Les plus téméraires vont « jouer » sur 2 logiques en leur faveur : l’indifférence et le manque de courage de la communauté internationale, et l’attitude d’ un peuple insuffisamment déterminé. Ils feront tout pour interdire les manifestations et limiter ainsi des pertes humaines. A titre de simulation pour tester les capacités de résistance des peuples avant la date butoir du changement constitutionnel, il n’est pas exclu que ces Pouvoirs s’exercent à autoriser des manifestations de manière à tester les dispositifs de gestion de situations de crise. IL n’est pas non plus exclu d’assister à de grandes manifestations non naturelles de soutien au Chef de l’Etat. Ces dirigeants vont par la suite en cas de succès, former des gouvernements d’union nationale pour apaiser tous les acteurs. Ce scénario, en cas d’échec ouvrira grandement la porte à l’instabilité institutionnelle et placera en pole position les armées nationales. Le 2 ème groupe formé par les plus ingénieux parmi ces Chefs d’Etats qui veulent modifier leur constitution va s’inspirer de l’exemple russe « POUTINE/MEDVEDEV /POUTINE » ce que nous appelons par la technique du PMP.

5. L’après Blaise Compaoré
Les Analyses semblent conjuguer Monsieur Blaise COMPAORE au passé. Quelle erreur !! Extradé par la France, accueilli avec le rang de Chef d’Etat, en Côte d’Ivoire, exilé dans un pays limitrophe, homme de réseau au carnet d’adresse respectable dans un Continent en proie à une situation sécuritaire incertaine, il peut encore être utile pour la Françafrique en général et les intérêts de la France en Afrique de l’Ouest en particulier. Il pourrait être utilisé pour tirer les ficèles dans l’ombre et conseiller utilement l’ancienne Puissance coloniale. Au plan intérieur au Burkina Faso, compte tenu d’une situation prépondérante qu’il a entretenue sur l’armée Burkinabe pendant 27 ans, il peut être un facteur de trouble pour la stabilité institutionnelle du pays. Reste une question importante : qui, pour jouer un nouveau rôle de médiateur dans la sous-région ? La France assurément, dans le cadre d’une démarche géopolitique misait sur 2 miliaires pour stabiliser et maintenir son influence économique et culturelle en Afrique : Blaise COMPAORE en Afrique de l’Ouest et le Président Idriss DEBY en Afrique Centrale. Le Cabinet GMC anticipe l’ère du passage du statut de médiateur individuel à un statut de pool de médiateurs comme semble l’annoncer l’envoi de la troïka formée des Présidents du Nigéria du Sénégal et du Ghana dans le cadre de la médiation de sortie de crise au Burkina Faso.


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