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De quels emplois parle paul Biya?

Par Hilaire Kamga

J’ai écouté une fois de plus M. Biya Paul s’adresser pour la 32ème année consécutive au Peuple Camerounais dans le cadre des traditionnels v ux à la nation. Même si je ne me faisais plus d’illusion sur son incapacité à faire encore rêver les camerounais, je ne m’attendais pas à voir le Président dans une nouvelle posture de prestidigitation et de démagogie: posture pour le moins indécente pour cette très haute personnalité dont l’âge devrait induire plus la sagesse qu’autre chose. Qu’il s’agisse du volet économique ou sécuritaire, M. Biya Paul a déçu ceux des camerounais qui croyaient encore à une renaissance citoyenne de l’Homme du 06 novembre après 32 ans d’échecs que l’on voudrait aujourd’hui maladroitement masquer.

En effet, en affirmant avoir créé 283 814 emplois en 2014, M. Biya semble valider une posture d’imposture permanente. De quels emplois parle-t-il dans ce pays qui livre chaque année plusieurs milliers de diplômés sur un marché d’emplois sans emplois? Peut-être qu’il s’agirait du nombre de jeunes qui, là d’attendre un emploi décent et face à un gouvernement incapable de se soucier d’eux, ont décidé de se lancer dans les Bend-skin ou les call-box. Si ce n’est pas de cela qu’il s’agit alors il existerait un autre Cameroun virtuel inconnu des camerounais normaux dans lequel les recrutements se feraient dans un circuit très compliqué consacrant ce qu’un activiste camerounais du RDPC dénommait la «République du Paranormal». En effet, n’est-ce pas de la pure prestidigitation que d’affirmer qu’autant d’emplois ont été créés en un an? Et ceci, sans faire allusion au taux de chômage qui reste au dessus de 15%, au taux de sous emplois qui frôle les 75% au sein de la population jeune pour un SMIG criminellement plafonnée à 36 270 Fcfa.

Toujours sur ce chapitre économique, j’ai été sidéré d’écouter le Président redire sans gène ce qu’il avait pourtant écrit en 1987 dans son livre «Pour le Libéralisme communautaire». Près de 30 après, il se rend toujours compte de l’urgence de l’industrialisation de notre pays et de la nécessité de la transformation sur place de nos matières premières. L’énormité du déficit de la balance commerciale (-1017 milliards en 2014) ne semble pas le préoccuper et il a préféré en lieu et place nous parler de « projets de seconde génération» et de «plan d’urgence»: toutes choses qui ont pour dénominateur commun de favoriser la mobilisation des milliers de milliards et partant l’endettement démesurée dans un environnement de gouvernance ancrée sur la prévarication organisée par une minorité d’environs 5% de camerounais.

Sur le plan sécuritaire, Le Président a essayé de nous expliquer l’inexplicable qui consiste à faire croire qu’une loi manifestement conçu pour mater les velléités revendicatives des Camerounais avait pour finalité de favoriser la lutte contre Boko Haram que lui-même qualifie comme « menace extérieure » et dont orchestrée par des non-camerounais. Pourtant il eut été plus simple d’assumer le fait qu’apeuré par la force du peuple souverain illustrée par les évènements du Burkina Faso, le Régime voudrait essayer de se prémunir en installant une psychose de peur avec une loi terroriste de lutte contre les actions de revendications légitimes des citoyens.

En définitive, par son discours du 31 décembre 2014, M. Biya Paul nous renforce dans notre conviction selon laquelle pour le Salut du Cameroun, il faut très vitre s’organiser pour préparer une alternance pacifique dans ce pays.

Hilaire Kamga
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