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Débrayage du personnel au Minsanté: Rendez-vous dans deux semaines?

La 3e vague du personnel dudit ministère recrutée sur fonds PPTE et C2D en 2007 revendique le non paiement de 22 mois d’arriérés de salaires

Suite à une correspondance portant préavis de grève adressée au Premier ministre chef du Gouvernement le 23 juin dernier, le Collectif des personnels du ministère de la Santé publique vient de mettre à exécution leur mot d’ordre de grève sur toute l’étendue du territoire national. Ce lundi 04 juillet dès 8h 30, l’esplanade de la région de l’Adamaoua était noire de monde. Les hommes en blouse blanche effectuaient un sitting devant les services du gouverneur. «Deux ans sans salaire c’est trop», «pourquoi sommes-nous punis?», «nous voulons du sérieux dans le traitement de nos dossiers», c’est l’essentiel des messages que l’on pouvait lire sur des pancartes à l’occasion de ce débrayage du personnel sanitaire. Certains d’entre eux avaient même poussé le bouchon trop loin en pensant au pire. «Voulez-vous qu’on s’immole?». En convergeant tous les services du gouverneur de la région, ce personnel a tenu à exprimer son ras le bol.

Recrutés en 2007 sur concours, ils ont été payés pendant deux ans sur fonds PPTE et devaient, dès septembre 2009, être intégrés et reversés à la Fonction publique pour leur prise en solde. C’est la 3ème vague du genre après celles de 2002 et 2004 qui avaient vu l’intégration de 1200 et 600 personnels respectivement. Quatre ans plus tard, ce sont environ 2481personnels (dont plus de 2000 sur fonds PPTE et 150 sur fonds C2D pour les trois régions septentrionales) qui sont concernés par ce processus. Soit 16% de l’effectif total actuel du Minsanté. Initialement lancé pour le recrutement de 1500 personnels, c’est finalement 2481 Camerounais qui ont été retenus au terme de ce concours de 2007. Ce qui a engendré une grande confusion. Comme conséquences directes de cette situation, trois réunions de crise se sont tenues au ministère de la Santé entre les mois d’avril et de juin 2011. Toutes choses qui n’ont malheureusement pas toujours permis d’accélérer le traitement de leurs dossiers d’intégration. D’où le mouvement de grève lancé ce lundi 04 juillet 2011. Entre autres revendications, la situation précaire dans laquelle se trouvent les grévistes, rendus au 22ème mois sans salaire; la lenteur, le laxisme et l’indifférence observés dans le traitement de leurs dossiers; l’avenir incertain pour 981 personnels suite à l’autorisation de la titularisation – non encore effective à ce jour – d’une première vague de 1500 personnels sur les 2481 recrutés et les menaces plus l’influence de leurs responsables hiérarchiques sur le terrain pourtant très avisés de leur situation de précarité.


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Dans la région de l’Adamaoua, ils sont environ 800 (dont 35 médecins et personnels médico-sanitaires) à revendiquer l’amélioration de leurs conditions de vie par une prise en charge salariale. A cet effet, une réunion a regroupé autour du gouverneur de la région de l’Adamaoua, le délégué régional de la Santé publique et le personnel en grève. Il s’agissait de trouver une plateforme pour une résolution pacifique de ce conflit dans la région. «Il faut éviter une récupération des revendications de ces dignes camerounais qui ne cherchent qu’à vivre comme les autres», a déclaré Enow Abrams Egbe, gouverneur de la région de l’Adamaoua. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette rencontre tripartite a contribué à apaiser les tensions. Selon Marbela Jean-Paul, point focal des personnels recrutés sur fonds PPTE et C2D, «nous avons été satisfaits parce que le gouverneur nous a reçu et il nous a donné des solutions concrètes. Nous sommes pratiquement tous des pères et des mères de famille, nous sommes des responsables». Une satisfaction somme toute mitigée qui n’a rien changé sur le mot d’ordre de grève qui a tout de même été respecté jusqu’à son terme. «Pour respecter le mot d’ordre national, nous allons respecter ces trois jours de grève. Nous reprenons le travail normalement jeudi matin» affirme-t-il. A tout ce personnel, le gouverneur de la région de l’Adamaoua a adressé des mots d’encouragements avant de leur promettre d’apporter sa modeste contribution pour l’amélioration de leurs conditions de vie grâce à un aboutissement heureux de la situation. Mais si aucune action conciliatrice n’est envisagée dans les brefs délais par le gouvernement, les grévistes entendent reconduire leur mouvement qui se tiendra toutes les deux semaines, à compter du 1er août 2011. En octobre 2010 déjà, un premier mot d’ordre de grève avait été lancé par ces personnels avant d’être levé par la suite.


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