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Déclaration de la COMICODI relative à l’affaire Afrique Média

Par la COMICODI (Commission indépendante contre la corruption et la discrimination)

Le Conseil National de la Communication, organe gouvernemental de régulation, de surveillance, de supervision, de contrôle et de sanction des médias en général, a pris des sanctions contre la chaîne de télévision dénommée Afrique Media. Les dites sanctions se sont traduites, après quelques jours de résistance, de balbutiements et de relative confusion, par l’apposition des scellés par les forces de l’ordre, sur les installations de cet organe devenue étonnement et conséquemment très populaire, dans un pays où l’insatisfaction de la rue et particulièrement de la jeunesse et des classes misérables est grandissante.

Face à la situation ainsi crée, et laquelle semble susciter de multiples remous, la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination déclare:
1-La liberté de la presse demeure une des conquêtes majeures du vaste mouvement populaire de revendication de changement politique des années de braise, et elle se situe concrètement dans le train des lois dites des libertés.

2-La liberté de la presse, en dépit de multiples ouvertures, concrétisations et réalisations qui honorent largement notre pays, demeure néanmoins imparfaite à certains points de vue, dans notre contexte.

3-Le principe de la libéralisation de la presse, alliée à l’exigence de démocratisation effective de la société, a donné et continue de donner lieu à de nombreux dérapages qui n’honorent pas la corporation et terni lourdement l’image de la profession de journaliste. La profession compte ainsi plus de maîtres chanteurs, d’arnaqueurs, d’aventuriers et de provocateurs de toute nature et de propagateurs de fausses nouvelles que de véritables professionnels.

4-Le gouvernement assume une responsabilité indéniable dans la déliquescence de la presse, par le refus de tout soutien conséquent aux entreprises de presse, par la discrimination dans l’attribution de la publicité, et par la manipulation constante des journalistes, laquelle consiste à les caporaliser dans des réseaux obscurs qui se discutent le pouvoir au sommet de l’Etat.

5-Les patrons de presse ne sont pas en reste dans cette cabale, puisque très peu d’organes ont une politique salariale et sociale conséquentes et transparentes.

Fait à Yaoundé, le 13 août 2015.


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