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Déclaration de la Coordination nationale des patriotes camerounais (Cnpc)

Pierre Ela, secrétaire Exécutif Cnpc

Nous, patriotes camerounais,

Après nous être recueillis spirituellement auprès de Dieu Tout-Puissant, en ayant en mémoire le travail inlassable des Pères-Fondateurs de l’ « âme immortelle du peuple camerounais »;

Après avoir évalué la difficile et exaltante uvre de construction de l’Etat et l’édification d’une Nation unie, prospère et vivant en harmonie sociale du Premier président de la République du Cameroun;

Après avoir constaté que tous les efforts déployés par nos vaillants Patriotes aujourd’hui endormis pour remettre en ordre de bataille la dynamique du Cameroun du changement ont été vains;

Après avoir compris que M. Biya a mis toute son énergie, toute son intelligence, non au service de la Nation, mais à son propre service dans une logique effrénée de conservation du pouvoir;

Après avoir déploré que, poursuivant sa logique de conservation du pouvoir, M. Biya a anticipé unilatéralement des Sénatoriales inopportunes, illégitimes et illégales, au lieu de se préoccuper du rapt des 7 Français sur notre territoire, de réformer notre système de Sécurité intérieure et de Défense nationale, de créer un climat de confiance et d’harmonie sociale;

Rédigeons la présente Déclaration patriotique pour remobiliser le peuple sous le prisme de la réconciliation nationale.

1. Paul Biya : un bilan contrasté

M. Biya, homme du futur et des promesses grandioses, a toujours évité malicieusement de défendre son bilan. Et pour cause ! Les témoignages ci-après recueillis expliquent cette fuite en avant:

. «Quand je demande à rencontrer le président pour évoquer avec lui des questions d’intérêt national, il ne me reçoit pas » (François Sengat Kuo, Secrétaire politique du Comité central du Rdpc, 1990);

. « Ce n’est pas ce qui était prévu. » (Victor Ayissi Mvodo, 1996). L’illustre disparu justifiait sa déclaration de candidature au scrutin présidentiel de 1997. Il faisait ainsi allusion, comme Samuel Eboua, à l’abandon, par le successeur constitutionnel, de la « feuille de route » que lui avait laissée l’illustre prédécesseur. Au crépuscule de son règne, Paul Biya « ressuscitera » cette même « feuille de route » en la qualifiant pompeusement tantôt de « Grandes ambitions », tantôt de « Grandes réalisations ». Quel gâchis!

. « Paul BIYA est devenu certainement le Camerounais le plus riche. » (Titus Edzoa, 1997). L’ancien proche collaborateur de Paul Biya décide de rompre le silence et accuse son ex-patron d’inertie au sommet de l’Etat. Sa déclaration fracassante confirme les soupçons de corruption généralisée dans l’appareil de l’Etat et des détournements massifs des fonds publics. Bien plus tard, Paul Biya déclenchera l’« Opération Epervier » pour se couvrir lui-même, refusant de déclarer ses biens conformément à la loi, et noyant dans la piscine du « Château » ses plus proches collaborateurs : quatre anciens Secrétaires généraux de la présidence de la République (Titus Edzoa, Atangana Mebara, Marafa Hamidou Yaya, Siyam Siewe) ; un ancien Premier ministre (Inoni Ephraïm) et autres (Michel Thierry Atangana, Zacheus Forjindam, Paul Eric Kingue, etc.). Du jamais vu sous le règne de Ahmadou Ahidjo qui avait marqué la bonne gouvernance par une relation d’harmonie entre ses collaborateurs et lui-même, allant jusqu’à leur rendre visite! Les Patriotes considèrent toutes ces personnalités comme des prisonniers politiques de M. Biya ; ils doivent être libérés.

2. Le « Mensonge d’Etat » de 1983, le «coup d’Etat constitutionnel » de 1996 et le «hold-up constitutionnel» de 2008

Il s’agit là, à l’évidence, des faits les plus graves commis contre notre Sécurité nationale.

. Le contenu du « mensonge d’Etat de 1983 : « Les services nationaux de sécurité ont appréhendé des individus dont la mission était de porter atteinte à la sécurité de la République. Ces individus, contre lesquels des sanctions appropriées seront prises conformément à la loi, sont passés aux aveux complets » (Message de Paul Biya à la nation le 22 août 1983). Ahmadou Ahidjo, accusé, à tort, d’être le commanditaire de cette atteinte contre la République, sera condamné à mort par contumace, en février 1984, deux mois avant la tentative du putsch du 6 avril 1984. L’histoire retiendra que c’est ce grand « mensonge d’Etat » du successeur qui déclenchera la crise morale sévère qui se poursuit de nos jours par une crise multidimensionnelle.

. Le « coup d’Etat constitutionnel » de 1996 : En novembre 1991, sous la pression des événements, Paul Biya convoque la Rencontre Tripartite de Yaoundé – Pouvoirs publics, Opposition, Personnalités indépendantes – . Au terme des travaux, une clause essentielle a fait l’objet d’un « consensus national » : afin de mettre définitivement un terme à la crise sociopolitique qui constitue un obstacle majeur pour notre Sécurité nationale, le mandat du chef de l’Etat doit être limité dans le temps. Ce consensus étant insusceptible de modification, le doyen des participants, le patriarche Paul Soppo Priso, qui avait servi de médiateur avec le patriarche Charles Assale et Son Eminence Christian Cardinal Tumi, interpella le président de séance, le Premier ministre Sadou Hayatou et lui demanda de jurer qu’il respecterait les Accords de la Tripartite. Le Premier ministre s’engagea solennellement, au nom du chef de l’Etat qu’il représentait et au nom de son gouvernement de respecter le « consensus national » issu de la Tripartite. C’est ce « consensus national » qui sera violé unilatéralement par Paul Biya en 1996. Le chef de l’Etat transformera le Quinquennat renouvelable « une seule fois » en nouveau Septennat renouvelable « une seule fois ». Le « coup d’Etat constitutionnel » était consommé.

. Le « hold-up constitutionnel de 2008 : le coup de grâce viendra en 2008. Le double Septennat renouvelable « une seule fois » est unilatéralement transformé par Paul Biya en Septennat « illimité ». Ce hold-up constitutionnel assurera à Paul Biya une Présidence à vie.

3. Le constat d’échec et l’aveu d’impuissance du chef de l’Etat

« La mauvaise gestion des finances publiques, l’insécurité judiciaire, les lenteurs administratives, pour ne pas parler de la fraude douanière et de la corruption, si fréquentes en Afrique, doivent être systématiquement combattues. Bien qu’elles soient le plus souvent clairement identifiées, elles sont particulièrement difficiles à éliminer, car profondément enracinés dans les comportements. Nous devons savoir qu’aussi longtemps que nous n’en seront pas débarrassés, nos efforts de redressement resteront aléatoires » (Message du chef de l’Etat à la Conférence internationale ‘AFRICA 21’, Yaoundé, 18 mai 2010).

4.Le nécéssaire sursaut patriotique

Les faits parlent d’eux-mêmes ; ils suscitent le mécontentement et la résignation de la population ; ils portent un sérieux coup au moral et à l’état d’esprit de nos Forces armées et police ; ils favorisent l’instrumentalisation de la Justice par le chef de l’Etat ; ils en appellent à un SURSAUT NATIONAL.

Les Patriotes, soucieux de la stabilité de notre pays dans un environnement régional en pleine zone de turbulence, propose au chef de l’Etat et aux Pays Amis un « pacte stratégique de stabilité ».

Le « Pacte » ne remet pas en cause le mandat actuel du chef de l’Etat. En revanche, les Patriotes exigent la tenue du FORUM NATIONAL DE DIALOGUE ET DE RECONCILIATION avant les prochaines Législatives et Municipales qui sera présidé par Son Eminence Christian Cardinal TUMI sous médiation régionale ou internationale.

Les Patriotes ont une pensée spéciale pour la famille des 7 Français kidnappés sur notre territoire par la secte Boko Haram opérant au Nigeria.

La COORDINATION NATIONALE DES PATRIOTES lance un appel solennel au président François Hollande et à tous les Amis du Peuple camerounais afin qu’ils facilitent les bases du « pacte stratégique de stabilité » que la société civile et l’opposition camerounaise proposent au chef de l’Etat. Ce « pacte stratégique de stabilité » est la meilleure garantie de la sécurité des 20 millions des Camerounais et des étrangers résidant dans notre pays.

Vive la patrie!

A SAVOIR

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