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Déclaration liminaire d’Urbain Olanguena Awono

L’ex- ministre de la Santé publique est poursuivi pour détournement de deniers publics. Son procès est reporté au 02 octobre 2012

Madame le Président du collège des juges,
Messieurs les distingués membres de la collégialité,

Le temps de vérité du procès dit OLANGUENA et Autres devant votre magistère est pour nous un grand rendez-vous avec la justice camerounaise que vous représentez, un grand rendez-vous avec le droit que vous direz dans cette affaire au nom du peuple camerounais en attente de votre jugement.

Personnellement, j’aborde ce moment particulier de ma vie avec beaucoup de gravité, mais toujours dans la confiance en la force de la vérité et naturellement dans l’espérance de justice.

Oui, je crois beaucoup aux vertus de la vérité, c’est pourquoi seule la vérité des faits, la vérité historique, rien que la vérité ni plus, ni moins devra nous guider dans le respect du serment que nous faisons de la dire et de la démontrer devant ce tribunal.

Pendant plus de quatre ans et demi que dure déjà cette affaire, assurément kafkaïenne, l’accusation qui, en bonne justice, doit apporter la preuve de la culpabilité des mis en cause, ne dispose de rien, n’apporte rien. Plutôt, elle se perd dans la fiction, la spéculation, la mauvaise foi, les contrevérités et les affabulations de ses témoins. On est donc clairement en présence d’un procès du soupçon, porté par des accusations aussi injustes qu’inexactes, qui ne reposent sur aucune réalité factuelle, le rapport du Contrôle Supérieur de l’Etat qui est à sa base s’étant révélé, à l’examen critique, totalement mensonger.

Que sont devenus notamment les 15 (quinze) milliards de francs en F CFA de détournements à la santé longtemps excipés, dont 8,5 milliards imputés à l’ex-ministre ?

Derrière cet enfumage, la vérité des faits est demeurée intangible : il n’y a rien d’illégal à reprocher à l’ex-ministre ni à ses ex-collaborateurs, jeunes médecins et autres. Dire par exemple que l’Etat a financé la production de mon livre, le Sida en Terre d’Afrique, est une contrevérité, dans la mesure où un contrat d’auteur (article 1er alinéa 4), conformément au droit français de la propriété intellectuelle, met à la charge exclusive de mon éditeur, Privat de Toulouse, les obligations financières relatives à la publication et à la diffusion de l’ uvre. Les experts judiciaires l’ont clairement établi et contredit l’accusation. Quant à l’affaire des 80 millions de FCFA distraits au trésor par un fournisseur escroc, un certain Soue Mbella qui s’est fait payer frauduleusement un marché de moustiquaires qu’il n’a pas livré avec malheureusement la complicité incontestable des responsables du ministère des Finances qui ont validé et réglé un dossier grossièrement faux, jamais traité ni transmis par les services du ministère de la santé. Elle ne me concerne pas. Mais elle met nécessairement en cause le faussaire qui a fui et ses complices du ministère des finances qui ont violé les procédures budgétaires en vigueur et se sont abstenus d’exercer les contrôles réglementaires qui devaient conduire au rejet pur et simple du dossier. Je n’ai pas liquidé ce dossier de paiement frauduleux, mon administration ne l’a pas lancé et il ne m’a pas été soumis.

Je tiens à le redire devant ce tribunal : aucun centime de franc, d’euro ou de dollar destiné à la santé des populations camerounaises n’a été détourné de son objet par le ministre que j’étais. Certes j’ai mobilisé des centaines de milliards pour la santé publique du Cameroun. Près de 300 000 000 (trois cents millions) de dollars de dons extérieurs ont été mobilisés par mes soins et ont pu susciter des convoitises. Mais je ne m’en suis jamais servi à des fins personnelles. Il faut noter que les bailleurs de fonds n’accordent pas leur confiance à ceux qui pillent leurs ressources. Mon éthique, mes valeurs et mon engagement républicain au service du bien commun m’interdisent de tels comportements.

Je n’ai donc commis aucun acte illégal ni immoral dans la gestion des fonds mobilisés pour la santé des camerounais. J’ai agi dans le strict respect de la loi et de la morale, toujours dans l’intérêt de mon pays et de son peuple.

Les bailleurs de fonds, partenaires du Cameroun dans le domaine de la santé, réagissant à mon arrestation, se sont prononcés pour donner publiquement quitus à ma gestion de leurs ressources. Les experts judiciaires commis par la justice camerounaise dans le cadre de ce procès ont eux aussi conclu, sous serment, à l’absence de détournements.

Votre Honneur, distingués membres de la collégialité,

Je n’ai effectivement rien détourné ; je n’ai rien pris au Cameroun ni à personne. Il n’y a pas d’enrichissement personnel, et jamais mon intégrité n’a été mise en cause.

Maintenant que nous sommes devant votre juridiction, et par la qualité des distingués membres de sa composition, notre espérance en une justice équitable n’est pas morte. Elle vit au fond de nous, nos familles, nos amis la partagent, et même le peuple tout entier dans son aspiration permanente à la justice.

C’est à cette justice équitable qu’il convient de faire honneur au cours de cette instance. C’est aussi à ce peuple silencieux qu’il convient de faire honneur, de lui rendre confiance, suivant en cela le chemin si bien tracé par les hauts magistrats de la Cour d’appel du Centre et de la Cour Suprême du Cameroun qui ont rendu des arrêts de référence sur certains pans du dossier qui est devant vous. Telle est notre espérance au moment de vous présenter les arguments détaillés de notre défense.

Je vous remercie.

Yaoundé, le 26 Septembre 2012


cameroun24.net)/n
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