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Déclaration sur la normalisation tronquée de la Fecafoot

Par Shanda Tonme

Au lendemain de la débâcle de l’équipe nationale de football du Cameroun là la phase finale de la dernière coupe du monde organisée au Brésil et des dérives insoutenables de l’extravagante délégation qui l’accompagnait, les citoyennes et citoyens du pays, les observateurs étrangers de tous les bords, les adeptes et les profanes du mouvement sportif, s’attendaient, d’abord à des sanctions, et ensuite à des mesures correctives fortes.

Dans le premier cas, il était presque acquis, que de hauts responsables et non des joueurs, méritaient une punition sévère, voire une traduction devant les tribunaux de la république, tant des faits de détournements et bien d’autres assimilables à de la haute trahison des intérêts nationaux, étaient avérés au-delà de toute contestation. Rien n’a été fait dans ce sens, renforçant, consacrant et généralisant un sentiment regrettable d’impunité ou alors de sanction très sélective dans l’opinion.

Dans le deuxième cas, avec le concours de la FIFA subitement très compréhensible à l’endroit des plus hautes autorités du pays, un comité de normalisation fut constitué, dans des conditions déjà lourdement suspicieuses, tant au regard de la composition, de la mission, qu’en ce qui concerne la structure organique des rôles, des prérogatives et des avantages et privilèges des uns et des autres en son sein. Les Camerounaises et Camerounais, ont malgré tout, attendu, espérant un sursaut, une étincèle patriotique.

Aujourd’hui, au vu de ce qui s’assimile raisonnablement à une pure cabale médiatique, clanique et sectaire, s’agissant donc du résultat, le loyalisme républicain, et surtout l’amour pour son pays commande que nous prenions ouvertement, directement, et clairement position. NOUS PROTESTONS AVEC LA PLUS GRANDE VIOLENCE ET LA PLUS GRANDE INDIGNATION.

Ce qui se passe à la FECAFOOT, ce que l’on nous sert ou s’apprête à nous servir en lieu et place d’une fédération apaisée, reformée, toilettée et normalisée, est une copie presque conforme de l’ancienne chapelle de sorciers, de mafieux, de prédateurs et de tricheurs, lesquels ont en moins de deux décennies, complètement détruit le football camerounais.

Face à cette situation, la commission indépendante contre la corruption et la discrimination estime qu’il y a un risque certain de trouble de l’ordre public, si les choses devaient en rester à cette odieuse machination et à cette piètre combine de quelques copains patentés. C’est une hypothèque des plus dangereuse qui vient d’être construite sur le football camerounais. Aussi, les nuages qui se profilent à l’horizon, sont de nature à produire des conséquences au-delà du seul football, de gangrener l’ensemble du mouvement sportif, et d’avoir des implications politiques hors de tout soupçon et de toute prévision.

Nous venons d’assister à travers la FECAFOOT, à une mise en scène complète, intégrale et suffisamment expressive, du niveau de modernisation de l’esprit démocratique dans notre pays, de notre incapacité à surpasser des réflexes indigentes et mercantiles, autant que la perdition des fines fleurs de notre intelligence académique. L’affaire de la FECAFOOT entrera dès maintenant dans notre histoire comme un éloquent point noir, et les générations insatisfaites, précurseurs sans aucun doute et malgré eux, de bouleversantes révolutions, ne manqueront pas de faire le procès des principaux acteurs de cette retentissante provocation du peuple.

En réalité la guerre est loin d’être terminée à la FECAFOOT, elle ne fait que commencer. C’est pour prendre date dans l’histoire, pour marquer le présente et pour avertir l’avenir, que la présente déclaration a été faite, signée, consignée et rendue publique.

Yaoundé, le 20 novembre 2014, Le président de la Commission SHANDA TONME, Médiateur universel

Shanda Tonme
DR)/n



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