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Dédouanement au Cameroun: Comment éviter les retards désastreux?

Les opérateurs de douanes sont en formation pour aprendre les techniques d’anticipation

L’initiative qui est celui du conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC), vise outiller la centaine de participants sur l’amélioration du délai de passage portuaire, la maîtrise des techniques d’anticipation, l’identification des formalités en amont et des documents nécessaires pour les marchandises. Ce qui va permettre finalement d’évaluer l’impact économique de l’anticipation des formalités administratives et douanières.

L’anticipation consiste à transmettre, alors que les marchandises ne sont pas encore parvenues sur leur lieu de dédouanement, une déclaration anticipée. L’opérateur doit juste disposer à cette fin des données relatives aux marchandises devant arriver, afin justement d’établir la déclaration. L’anticipation permettra un gain logistique à l’opérateur, puisque les actes déclaratifs seront finalisés lorsque le moyen de transport arrivera.

La maîtrise de cet outil est capitale dans la gestion des flux de dédouanement. Un des critères de performance qui reste à ce jour relatif pour le port de Douala est que le délai de passage des marchandises à l’importation reste long. Les causes sont essentiellement les dysfonctionnements dans les procédures, la résistance aux changements par certains intervenants, le manque de formation de certains opérateurs économiques, l’amateurisme de certains importateurs/exportateurs.

En effet, les processus de dédouanement des marchandises au port de Douala à destination de certains pays de la sous région ont souvent été au centre de controverses impliquant la douane camerounaise. Les participants à la formation organisée par le CNCC devraient donc se pencher sur l’impact économique de l’anticipation des formalités de sortie des marchandises. Le choix de ces modules de formation se justifie en raison des revendications de certains opérateurs économiques au sujet des enlèvements de marchandises au port de Douala. Les exigences de compétitivité qui se résument, aujourd’hui, à la réduction des délais et des coûts de passage des marchandises dans les ports du monde, ont elle aussi été au c ur des discussions. La nécessité de dédouaner à temps pour ravitailler les clients, d’éviter les délais de clôture, de rapatrier rapidement les devises au Cameroun et d’éviter les pénalités de stationnement. Les avaries éventuelles des produits, l’usage prolongé des infrastructures portuaires ont-elles aussi occupé une bonne place lors des échanges.

Mais pour autant les experts s’accordent à dire que cet ultime séminaire ne pourrait suffire à apporter une solution globale aux problèmes des délais au port de Douala. Actuellement, ce délai est compris entre 19 et 21 jours. Pourtant, à la fin du mois de mars, le délai global moyen était de 17,5 jours, avec un plancher de 10 jours. Une performance très loin de l’objectif de 7 jours au maximum, fixé en début d’année.

Les responsables sont identifiés. Il s’agit des commissionnaires agrées en douane (Cad), les acteurs incontournables du circuit de dédouanement. Le comité Fal, a toujours déploré que ces auxiliaires de l’administration douanière évoluent toujours et encore en marge des règles et de la déontologie en vigueur, en raison de nombreuses lacunes dot ils font montre. Pour preuve, d’après certains, seulement 75 Cad ont reçu le label à l’importation, contre 26 à l’exportation, sur plus de 200 enregistrés chiffres depuis 2004. Pour de nombreux acteurs de la filière une refonte de la profession est indispensable.


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