Personnalités › Diaspora

Delphine Dugue: «Nous uvrons pour des projets de bien être dans les villages»

Rencontre avec la présidente de «Solidarité avec les villages du Cameroun», association située dans la Saône-et-Loire en France

Montceau-Ragny est une micro commune de Saone et Loire. C’est aussi le siège de l’Association de Solidarité avec les Villages du Cameroun. Dans ce village vit Madame Delphine Dugué,présidente et fondatrice de cette association qui , depuis 2011, « relie la France au Cameroun par un pont associatif de la loi 1901 » comme elle le dit si bien. Nous l’avons rencontrée.

Qui êtes-vous Madame?
Je suis née à Benebalot, village su sud Cameroun, au coeur de la forêt équatoriale.Après mes études primaires dans l’école locale, je suis allée à Ebolowa, la grande ville, poursuivre mes études secondaires. Le décès de mon père, alors que j’étais en sixième,a apporté des changements radicaux dans ma vie. Afin d’aider maman à pouvoir payer mes frais de scolarité, j’ai dû l’aider aux travaux rustiques: la pêche, les travaux des champs…Puis la charge familiale devant trop lourde, il a fallu que j’arrête ma scolarité en classe de quatrième, pour permettre à mon petit frère de pouvoir continuer ses études. J’ai appris à tendre des pièges pour attraper du gibier et le vendre, à tresser des nattes de raphia pour le toit de notre petite maison, à abattre les palmiers pour l’extraction du vin de palme que je vendais ainsi que les beignets que je confectionnais. Puis, à 22 ans, j’ai quitté le village pour la capitale, Yaoundé. J’y ai suivi une formation de sténodactylo, et je suis devenue secrétaire dans un hôtel: « Le Faubourg ». Plus tard, j’ai monté un salon de coiffure, et c’est en 1988 que je suis arrivée en France… Je suis mère de cinq enfants.

Racontez-nous l’histoire votre association, ses origines, son but, et vos réalisations.
A la fin du siècle dernier, nous étions quelques femmes d’origine camerounaise vivant en France depuis un deux, cinq ou quinze ans, à nous réunir souvent de façon informelle. Nous avions en communs dans notre passé, les expériences de nos vies dans nos villages respectifs. Nous avons évalué le hiatus qui nous séparait de nos frères et s urs restés au pays, et nous étions désireuses de partager avec eux certains bienfaits du nouveau monde dans lequel nous vivions. Le regard tourné vers notre « sud » natal et n’écoutant que nos c urs, nous nous sommes regroupées et avons bâti ce pont de six milles kilomètres de long, ce pont de solidarité qu’est notre association. Nous uvrons pour des projets de santé, d’éducation et de bien être dans les villages. Nous avons réalisé au niveau de la santé :
– des campagnes de vaccination dans six villages en 2002, avec le concours de Handicap International et aussi de prévention contre le sida et les autres maladies sexuellement transmissibles.
– des consultations médicales suivies de remises de médicaments ont eu lieu en 2002, 2003, et 2005 avec le concours de l’Association Tulipe pour la fourniture des médicaments.
– nous avons construit trois puits d’eau potable dans les villages de Benebalot, Nsélang, et Essangng avec l’aide du Lions Club Tournus.
Au niveau des réalisations dans le domaine éducatif :
– Acheminement de livres, d’ouvrages scolaires et de matériel éducatif de 2003 à 20013
– construction d’un centre éducatif en 2003
– création d’un centre d’apprentissage en électricité à Mengueme en 2008
– parrainage de 13 enfants scolarisés.
Quant à nos projets en cours, il y a l’électrification dans les villages et l’expérimentation de procédés photovoltaïques, la formation de jeunes aux techniques de la fabrication de terre et de la construction. Nous améliorons aussi les conditions d’accueil des jeunes apprentis en électricité, et construisons de nouvelles classes. Il m’est vraiment agréable de remercier ici nos différents partenaires: Handicap International, Aes, Lion’s Club international, Planet Urgence, CAF America,CDS tiers monde, Schneider Electic, le Conseil Régional de Bourgogne et NBA.

Delphine Dugue, la présidente de l’Association « Solidarité avec les villages du Cameroun »
Journalducameroun.com)/n

Vous avez tant d’années de militantisme sans relâche, ni découragement, alors que ce n’est pas toujours évident . Qu’est-ce qui vous motive ?
Dans nos villages au pays, nous avons tous un membre de la famille en détresse. Beaucoup d’enfants n’ont pas la possibilité comme ce fut mon cas, de poursuivre leur cursus scolaire. Des adolescents, dans le dés uvrement, n’ont aucune perspective d’avenir. Ils vivent d’illusions et sont attirés par les faux espoirs espoirs des médias – télé et net -, et vont en ville se débrouiller. Je le fais pour éviter l’exode rural, pour motiver les jeunes dans leur scolarité, l’apprentissage d’un métier, leur permettre de créer une activité dans leur village, leur région afin de subvenir à leur besoin et ceux de leur famille. Vous savez, le monde va mal et les disparités sont grandes. L’esprit de solidarité doit revenir au c ur de nos vies et des gouvernants, afin de redonner l’espoir à ceux qui sont près de jeter l’éponge.

L’association oeuvre pour le bien être dans les villages
Journalducameroun.com)/n


L’Info en continu
  • Cameroun
  • Afrique & Monde
Toute l’info en continu
À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé