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Déraillement: l’émissaire de Bollore met en cause la « vitesse excessive » du train

Parti de Paris pour le Cameroun, Eric Melet a pointé mardi la vitesse du train à l’entrée d’Eséka (80KM/H) comme l’une des causes de l’accident survenu le 21 octobre. L’ajout de wagons cautionné

Une vitesse excessive a joué un rôle dans le déraillement d’un train bondé au Cameroun qui a fait 79 morts et plus de 400 blessés vendredi dernier à Eséka, a déclaré mardi, 25 octobre 2016, à Reuters le président de Bolloré Africa Railways, dépêché de Paris pour le Cameroun.

Camrail, qui gère le transport ferroviaire au Cameroun et à qui appartient le « train de la mort », est majoritairement détenu par le groupe français Bolloré à hauteur de 77,4%. Le reste de l’actionnariat est détenu entre l’Etat du Cameroun (13,5%), Total Cameroun (5,3%) et SEBC (Groupe Thanry) à hauteur de 3,8%.

Face aux débuts de polémique sur la taille du convoi – 17 voitures au lieu de 09 – le dirigeant de la filiale du groupe Bolloré a confirmé que le nombre de wagons avait été doublé pour faire face à un afflux de voyageurs mais sans dépasser la capacité d’accueil maximum autorisée.

Il a revanche indiqué que selon les premiers éléments de l’enquête, le train roulait à 80 kilomètres/heure à l’approche de la gare, le double de la vitesse normale.

Le Cameroun a observé une journée de deuil lundi à la mémoire des victimes de l’accident qui a fait 79 morts et 428 blessés selon un dernier bilan, a précisé Eric Melet, président de la filiale de Bolloré concessionnaire de la ligne qui relie la capitale Yaoundé à Douala, le principal port du pays.

Deux enquêtes, interne et judiciaire, sont en cours pour identifier l’ensemble des facteurs qui ont conduit à l’accident, le plus grave qu’ait connu le groupe Bolloré, qui exploite des infrastructures clefs du Cameroun, ferroviaire et portuaires.

Le jour de la catastrophe, l’effondrement d’un pont avait rendu impraticable la route reliant Yaoundé et Douala, conduisant des milliers de personnes à se reporter sur le train pour leur déplacement.

Avec quelque 1.300 personnes (1462 précisément selon l’information obtenue par Journalducameroun.com) à son bord, l’Intercity express a déraillé à proximité de la ville d’Eseka, dans le centre du pays.

La vitesse pointée du doigt
« L’élément de vitesse en approche de la gare est clairement un incident qui a dû avoir un lien avec le déraillement. Après, il y a beaucoup de paramètres qui peuvent jouer sur une voie de chemin de fer (…) qui doivent être analysés précisément avant de pouvoir en dire plus », a-t-il dit dans un entretien à Reuters par téléphone.

La décision a été prise par l’exploitant Camrail, dont l’actionnaire principal est Bolloré, et validée par les autorités, a indiqué Eric Melet, ajoutant qu’il était fréquent d’adapter le nombre de wagons en fonction du trafic voyageurs.

« Il y avait une forte demande, donc le train effectivement était chargé, mais le train était dans la capacité des wagons autorisée », a expliqué le responsable, qui devait rendre visite mardi après-midi aux victimes accueillies dans les hôpitaux du pays.

Des critiques ont par ailleurs commencé à viser la réaction face à la tragédie du gouvernement camerounais ainsi que celle du président Paul Biya, rentré au pays dimanche après une absence de 35 jours.

Un train Camrail avait déraillé en 2009 près de Yaoundé, faisant cinq morts et plus de 200 blessés.

« La situation nous touche tous ici, il y a une mobilisation très forte de toutes les équipes de Camrail et du groupe », a déclaré Eric Melet.

« Nous ferons face aux attaques, aux rumeurs, et à toutes les critiques », a-t-il ajouté, soulignant que d’importants investissements avaient été déployés sur la ligne.

Eric Melet, président de Bolloré Africa Railways
bollore-transport-logistics.com)/n


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