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Des licenciements «abusifs» créent la polémique à la Camair-Co

La Direction générale a remercié les employés âgés de plus de 60 ans, afin de réduire les charges de la compagnie. Cette mesure n’a pas plu au syndicat des travailleurs qui dénonce des abus

Le Syndicat des travailleurs de transport aérien du Cameroun s’insurge contre les procédés de mise en retraite de certains employés de la Camair-Co. Dans une interview publiée le 19 octobre dans le quotidien La Nouvelle expression, le président dudit Syndicat, Ayango Njong, annonce avoir contacté des avocats pour intenter des actions en justice contre le directeur adjoint de la Camair-Co, Moussa Bouba.

Le conseil d’administration de la Compagnie aérienne nationale avait récemment entrepris de mettre à la retraite les employés âgés de plus de 60 ans afin d’alleger les charges de l’entreprise. La direction générale a confié cette mission à M. Moussa Bouba qui est accusé de n’avoir respecté aucune des procédures en vigueur.

«D’abord d’un, M. Moussa Bouba fait une liste et c’est dans celle-ci qu’il informe les gens dont les noms y figurent qu’ils ne font plus partie de l’entreprise. Ce qui est une faute et un abus, parce que le contrat est individuel et le cadre individuel du contrat doit se suivre jusque dans la séparation. Chacun doit être notifié séparément selon les textes. Ensuite, M. Moussa Bouba commet un délit. Il s’adresse aux banques dans lesquelles les salaires de ces agents sont virés pour leur dire qu’ils ne font plus partie des effectifs de Camair-Co. C’est un délit. Je vais vous dire la conséquence : il y a un parmi ceux-là qui a failli s’évanouir, parce qu’en allant chercher de l’argent pour soigner son enfant, il n’a pas pu accéder à son compte. M. Moussa n’a pas à entrer dans la vie privée des gens; et nous apprenons d’ailleurs qu’ils ont écrit à certaines chancelleries», explique Ayango Njong.

Il reconnait toutefois que la démarche adoptée par l’administration de la Camair-Co pour tenter de relever la structure est «est bien justifiée, car la Camair-Co ne produit plus de recettes. Les subventions de l’Etat vont maintenant jusqu’aux salaires.»

La Camair-Co ploie sous une dette récemment estimée à 35 milliards de F CFA par le ministre des Transports Edgard Alain Mebe Ngo’o. Dans une interview publiée en juin 2016 dans la presse publique, il a indiqué que les charges de la compagnie sont supérieures aux recettes d’exploitations, avec un déficit budgétaire d’1,5 milliard de FCFA par mois.

«A cette situation peu reluisante, il faut ajouter une flotte de cinq avions notoirement insuffisante aux plans quantitatif et qualitatif composée : d’un Boeing 777 le Dja, propriété de Camair-Co ; de 2 Boeing 737-700, loués ; de 2 MA 60, propriété de Camair-Co» avait expliqué Edgard Alain Mebe Ngo’o.

Toutes choses qui avait conduit le chef de l’Etat, Paul Biya, à valider un plan de redressement proposé par le Boeing Consulting.

Boeing Consulting ou Boeing Company?
«Que l’on sorte de la tête des gens le mot Boeing Consulting. Demandez à ceux qui en parlent qu’ils vous montrent un document produit par une compagnie appelée Boeing Consulting. Pour la genèse, c’est en 2009 qu’on a saisi Boeing pour demander un business plan. Ce sont Mendouga Paul Jérôme, Bilaï Biloa Joseph, un pilote, qui saisissent Boeing. En 2009, Boeing Company répond qu’il ne fait pas de business plan, mais peut nous aider dans le cadre de notre start-up programme à faire ci ou ça gratuitement. En 2014, nous voyons un document produit par une autre structure qui s’appelle Boeing Professional services, qui dit qu’ils vont faire un business plan et qui va coûter 549 000 dollars. Puis en 2016 sort un business plan de Boeing Company. Voilà la genèse. Aucun constructeur ne fait du business plan. Maintenant si Boeing a changé et fait du business plan, ok d’accord. Mais, en tout cas, que l’on ne parle pas de Boeing Consulting», souligne Ayango Njong.


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