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Des mesures conservatoires pour la Banque des Etats d’Afrique Centrale

La résolution a été prise à l’issue de la session du conseil des ministres de l’Union monétaire de l’Afrique centrale

C’est dans une discrétion inhabituelle que ce sont déroulés les travaux. Un peu plus tôt dans la matinée de mercredi dernier, des messages de la division de communication du ministère des Finances (MINFI) avaient été adressés aux médias, les invitant à couvrir cette réunion. Même les médias officiels souvent plus avantagés, n’ont pas eu le droit d’accès. Selon certaines personnes proches de la BEAC, il est reproché au média d’avoir « grossi les faits ayant trait aux scandales financiers ». Une justification jugée bien spécieuse pour certains journalistes présents. C’est à la suite des révélations des médias que les autorités de la sous région ont bousculé leur emploi du temps pour le consacrer aux problèmes de la sous région. D’un autre coté, les chiffres donnés par la presse ont été confirmés par ces mêmes autorités.

Philibert Andzembe en sursis, ses pouvoirs diminués
L’issue des travaux n’a pas surpris les spécialistes, tout du moins pour ce qui a été du cas Philibert Andzembe. « Le comité des ministres des Finances (de la sous-région) a décidé de son maintien au poste de gouverneur (de la BEAC) jusqu’au mois de novembre » date à la quelle aura lieu le sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à Bangui. Le comité a également « instauré la double signature en attendant qu’on nomme le nouveau gouverneur », a déclaré le ministre camerounais des Finances Lazare Essimi Menye. « Notre souhait aujourd’hui est que la procédure de remplacement du gouverneur se passe dans les meilleurs délais », a-t-il ajouté.

Les faits
Le Gabon avait annoncé le rappel à Libreville du gouverneur Andzembe de la BEAC, dont le siège est à Yaoundé, « en vue de son remplacement », dans un communiqué de la présidence gabonaise le 19 octobre. Il avait « déploré la situation » prévalant « au bureau extérieur de la BEAC à Paris » où des « malversations financières provisoirement évaluées à 19 milliards de FCFA » ont été enregistrées entre 2004 et 2008. Dans une interview accordée au quotidien gabonais Gabon Matin, Philibert Andzembe avait reconnu l’investissement « toxique » de 16 milliards de F CFA et des détournements de « 15 milliards ».

Silence autour d’autres protagonistes de l’affaire
Pour les experts de la question les décisions du comité restent très précaires. Maintenir Philibert Andzembe a procédé de la pure logique du droit communautaire. C’est le conseil des chefs d’Etat qui nomme aux postes de la BEAC, sur proposition du pays détenteur du poste. Selon le parallélisme juridique des formes il revient à ce même conseil de le remplacer. L’absence de solution de rechang, prouve toutes les imperfections du système de fonctionnement de la BEAC. Il apparaît clairement que les mécanismes en place n’ont pas prévu une possibilité d’auto contrôle. D’un autre coté la responsabilité du scandale financier à la BEAC semble aujourd’hui, totalement retomber sur la personne de Philibert Andzembe. C’est seulement le 20 juin 2007 que ce dernier a été installé au poste de gouverneur de la banque centrale, c’est-à-dire trois ans après que le scandale ait débuté, si on s’en tient aux déclarations officielles. La BEAC était précédemment gérée par Jean Félix Mamalepot, à un moment où le gouverneur de l’institution avait de grands pouvoirs. Les détournements ont été opérés trois année pendant lesquelles ce dernier était gouverneur, pourtant son nom jusque là n’a pas encore été cité.

Siège de la Béac, à Yaoundé
www.beac.int)/n
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