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Des milliers de Kurdes défilent en France vingt ans après l’arrestation d’Öcalan

Plusieurs milliers de Kurdes ont défilé samedi à Strasbourg (est de la France) pour réclamer la libération de leur chef historique Abdullah Öcalan, arrêté il y a vingt ans et emprisonné en Turquie, et soutenir une députée kurde en grève de la faim.

Ce grand rassemblement kurde se tient à Strasbourg, ville du Conseil de l’Europe et de la Cour européenne des droits de l’homme, chaque année depuis l’arrestation le 15 février 1999 d’Abdullah Öcalan. Le chef de la rébellion kurde du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est détenu sur l’île-prison d’Imrali, située au large d’Istanbul, dans un isolement quasi-total.

Venus de toute l’Europe et agitant de nombreux drapeaux kurdes, les manifestants – environ 7.000 personnes selon la police, 17.000 selon les organisateurs- ont défilé samedi dans le calme.

Partis en fin de matinée des alentours de la gare de Strasbourg, ils ont marché dans le centre-ville derrière une large banderole à l’effigie de leur leader, avant d’assister à un meeting politique en plein air organisé par un collectif d’associations de Kurdes, dans le sud de la ville.

« On demande la libération d’Öcalan, mais aujourd’hui ce qui est le plus important, c’est que ses conditions de détention soient améliorées. L’Occident doit faire bouger les lignes », a expliqué Acelya Degirmenci, 27 ans, venue de la région parisienne.

« Vingt ans, c’est très symbolique, nous sommes toujours autant mobilisés tandis que la communauté internationale continue de fermer les yeux », a de son côté regretté Hélène Erin, porte-parole des organisateurs de la manifestation.

« Europe, où es-tu ? Ton silence nous tue », ont notamment scandé les manifestants. Dans le cortège, les banderoles demandant de « briser l’isolement » d’Öcalan côtoyaient celles en soutien à Leyla Güven, députée prokurde en grève de la faim depuis 101 jours pour dénoncer les conditions de détention du fondateur du PKK, organisation considérée comme « terroriste » par Ankara et ses alliés occidentaux.

« On veut donner de la force à cette grande dame et lui rendre hommage. Son action a eu beaucoup d’écho dans l’opinion publique et, grâce à elle, la pression est montée d’un cran sur le gouvernement d’Erdogan », a souligné Agit Polat, représentant des relations extérieures du Conseil démocratique kurde en France, en référence au président turc Recep Tayyip Erdogan.

Abdullah Öcalan reste une figure de proue non seulement pour la rébellion kurde en Turquie, où le conflit avec l’Etat a fait plus de 40.000 morts depuis 1984, mais aussi pour les mouvements kurdes ailleurs dans la région, notamment en Syrie.

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