Société › Faits divers

Deux jeunes filles camerounaises sont retenues à Chypre par un ravisseur qui demande 6 000 € aux parents

À Angers en France, Marie et Réné Chesnel ont saisi les autorités judiciaires pour séquestration

L’histoire
« C’est terrible de ne pas savoir si je reverrai mes enfants vivants… » C’est une histoire effroyable. Celle d’une femme, qui vit à Angers, après avoir fui les violences au Cameroun. Celle d’une mère, qui veut récupérer ses enfants retenus à Chypre, depuis trois mois, en échange d’une « rançon ». Elle a décidé de porter plainte, ce matin, auprès du procureur d’Angers, pour « séquestration de mineurs ». Une histoire qui remonte à 2003. « À l’époque, explique Marie, j’ai dû quitter mon pays et rejoindre la France. J’ai alors laissé mes deux filles à Yaoundé chez ma soeur. » Les années passent et Marie met tout en oeuvre pour faire venir les enfants en France. Des enfants qui vont changer plusieurs fois de familles d’accueil… et qui subiront des violences.

Depuis qu’elle est en France, Marie n’a cessé d’échanger des courriers avec les enfants et sa famille et elle est retournée deux fois au Cameroun pour les voir. En 2005, Marie épouse René Chesnel : il accepte de reconnaître les deux filles. Hélas, la justice française s’y oppose, au motif que les actes de naissance des enfants fournis sont faux. Explication : « Ça marche comme ça au Cameroun. Pour avoir des extraits de naissance, il faut payer, et vous n’êtes même pas sûr d’avoir de vrais documents… » Pire : la justice affirme aujourd’hui que l’identité de la mère n’est « plus certaine » étant donné que « l’acte de naissance qu’elle a produit n’est pas authentique ». Marie s’offusque : « Je suis prêt à me soumettre à un test ADN pour prouver qui je suis et la filiation avec mes enfants… »

Faux évêque, vrai escroc?
Les époux Chesnel décident alors d’utiliser une autre voie pour récupérer les enfants. Faire appel à des passeurs. « On a contacté un homme qui se disait évêque au Cameroun : il certifiait que tout serait fait dans la légalité. » Plusieurs contacts, par mails notamment, seront pris. L’homme réclame de grosses sommes d’argent que les époux vont verser sur un compte en France. « Au total, j’ai déboursé 20 000 € », lâche René Chesnel. Fin novembre 2009, les époux apprennent que les filles ont bien quitté le Cameroun… et sont arrivés à Chypre ! « A Nicosie, un homme nous a appelés pour dire qu’il fallait encore de l’argent avant le transfert. Et qu’il gardait nos filles en attendant… » En guise de « rançon », il réclame 6 000 €, et adresse des SMS menaçants sur le portable de Marie.

Persuadé d’avoir été victime d’une bande organisée, le couple ne veut plus payer les « ravisseurs » des deux ados. Il a pris un avocat, Me Patrick Descamps, et a décidé de porter plainte auprès du procureur d’Angers, pour « séquestration ». « C’est vrai qu’on a mis trois mois à réagir, mais on était persuadé que nos filles arriveraient rapidement en France », témoigne aujourd’hui Marie, effondrée. La justice française sera confrontée à un double problème : prouver la filiation de Marie avec les deux filles mais, avant tout, s’assurer que les enfants sont hors de danger.

Réné et Marie Chesnel
Ouest-france.fr)/n

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