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Deux mois après la grâce présidentielle, combien de prisonniers ont été libérés?

Pour atténuer la polémique sur des pressions extérieures, le ministre de la Communication avait parlé de 24.000 prisonniers concernés

Le 18 février 2014, dans la fièvre de la célébration du cinquantenaire de la Réunification du Cameroun, Le chef de l’Etat, Paul Biya, avait signé un décret portant commutation et remise de peines d’une certaine catégorie de prisonniers, définitivement condamnés. Les premières personnes libérées, le 24 février 2014, ont été Titus Edzoa et Michel Thierry Atangana, sous de forts soupçons de pression extérieure, notamment de la France (du président François Hollande) et du Haut-commissariat des Nations-Unies pour les droits de l’homme qui avait jugé illégale la détention de Michel Thierry Atangana.

Face à cette polémique, le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement, avait jugé utile de tenir une conférence de presse, le 25 février 2014, pour rappeler qu’il s’agissait d’un acte de « mansuétude et d’humanisme » du chef de l’Etat, indiquant par ailleurs que 24.000 prisonniers en seraient bénéficiaires. Dans une émission télévisée de grande audience, un journaliste avait alors ironisé sur les estimations du ministre jugeant qu’il s’agirait par-là de « tous les prisonniers du Cameroun » qui sortiraient des prisons.

Combien ont effectivement bénéficié de cette grâce ? Journalducameroun.com a fait le décompte au vu des chiffres officiels publiés par le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune selon les principales prisons, entre le 18 février 2014 et le 17 avril 2014. Les prisonniers l’ont été à grand renfort de publicité.

A la prison principale de Bafoussam, 183 prisonniers en ont été bénéficiaires ; A la prison centrale de Ngaoundéré, une cérémonie solennelle organisée le 05 mars 2014 a permis à 69 personnes de sortir de prison ; Au total dans cette prison du chef-lieu de la région de l’Adamaoua, c’est 195 personnes qui ont bénéficié du décret. A la prison principale de Nkongsamba, environ 140 ; A la prison centrale de Douala à New Bell : 538 bénéficiaires, dont 116 libérés au cours d’une cérémonie le 10 mars 2014 ; A la prison d’Ebolowa, 22 prisonniers ont recouvré la liberté le 10 mars pour un total de 81 bénéficiaires ; A la prison centrale de Yaoundé à Kondengui, 600 détenus ont bénéficié des mesures de la grâce ; Dans l’Extrême-Nord, inclus les prisons de Maroua et Kousseri, c’est 893 détenus qui ont bénéficié de ce décret ; A l’Est, la prison principale de Bertoua et les huit autres prisons secondaires (Batouri, Abong-Mbang, Yokadouma, Moloundou, Messamena, Betaré Oya, Doumé et Lomié) ont vu 235 prisonniers bénéficier de la grâce ; A la prison principale de Mfou dans le Centre, 83 détenus ont bénéficié de cette mesure ; Dans le Nord, Cameroon Tribune indiquait, dans son édition du 19 mars 2014, que 890 condamnés définitifs ont bénéficié de cette mesure dans les prisons de la région.

Dans ces divers milieux carcéraux, dont les chiffres ont été publiés, c’est un total de 3838 prisonniers qui ont pu bénéficier de la grâce présidentielle à travers la libération, après paiement d’éventuelles contraintes par corps, ou encore à travers une diminution de peine. Loin des 24.000 annoncés par Issa Tchiroma.

Pour les prisons dont les chiffres ont été rendus publics, il s’agit de quelque 3838 prisonniers qui ont bénéficié des mesures de la grace présidentielle



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