› Eco et Business

Développement durable: Nouvelles preuves de violation contre Herakles Farm

Deux rapports dont celui de Greepeace USA mettent en évidence le fait que la firme américaine met en danger les forêts au Cameroun

Selon de nouvelles enquêtes conduites par la branche américaine de l’organisation non gouvernementale Greenpeace, le projet controversé d’une plantation d’huile de palme par la société agro-alimentaire basée à New York, Herakles Farms, menace les moyens de subsistance des communautés vivant dans la forêt tropicale côtière du Cameroun. Lundi 19 février 2013, Samuel Guiffo du centre pour l’environnement et le développement (CED), Nasako Besingui un des protestataires qui défend les droits des populations contre la firme américaine et Brendan Schwazrt le chargé de programme au RELUFA, ont participé à une conférence de presse sur le sujet aux côtés d’autres responsables de l’ONG « Le projet d’Herakles Farms peut très bien être perçu comme un exemple au sens large d’accaparement des terres en Afrique. La société n’y voit qu’une occasion de faire de l’argent, ignorant le fait qu’elle détruirait une forêt tropicale de grande biodiversité, et au détriment des moyens de subsistance de la population locale », a indiqué Irène Wabiwa, Chargée de la campagne Forêts pour Greenpeace Africa. Le rapport qui s’intitule : Herakles Farms in Cameroon: A showcase in bad palm oil production (Herakles Farms au Cameroun: une vitrine de mauvaise production d’huile de palme) décrit comment au moins 85% des 73,000 hectares d’une concession dans le sud-ouest du Cameroun, constitués de forêt naturelle dense va être utilisée. Ce qui suppose que 9.5 millions de tonnes de carbone pourraient être relâchés dans l’atmosphère une fois la zone rasée, soit l’équivalent de tout le carbone émis en une année par presque 7 millions de voitures. Le rapport explique aussi comment la société Herakles essaie de faire avancer le projet, malgré le fait qu’elle soit en infraction avec la loi nationale, malgré de grosses incohérences dans son étude d’impact environnemental, et malgré l’opposition des résidents.

À ce propos, le Centre pour l’environnement et le développement (CED) et le réseau de lutte contre la faim (RELUFA), ont aussi publié un rapport conjoint qui démontre comment au-dessus de toutes les lois, Herakles opère néanmoins au Cameroun. Nous travaillons dans cette région depuis 17 ans. La plantation proposée s’établit au c ur de 5 zones protégées et toute tentative d’ouverture aura des effets catastrophiques pour l’environnement, » a fait savoir Nasako Besingi, Directeur de l’ONG camerounaise, SEFE, qui milite contre le projet depuis plusieurs années. Les opposants au projet au Cameroun, y compris Besingi, ont été sujets à des intimidations et arrestations arbitraires. La zone de concession, d’un taille d’environ 100 000 terrains de football, abrite des espèces en danger, telles que la sous-espèce de Chimpanzé Nigeria-Cameroun, l’Éléphant des forêts et le Drill, ainsi que de nombreux amphibiens, oiseaux et animaux rares. La réaction d’Herakles Farms se fait toujours plus forte. Après avoir nommé un ancien de WWF, le fonds des nations unies pour la protection de l’environnement, ses responsables font savoir que des groupes comme Nestlé, Unilever, McDonalds et Walmart sont ses clients potentiels. Une information que rejette Greenpeace USA. « Ces sociétés se sont engagées à des politiques d’achat qui ne leur permettent pas d’acheter de l’huile de palme à des compagnies comme Herakles », a précisé Rolf Skar, Directeur de la campagne Forêts pour Greenpeace USA. L’an passé, la filiale d’Herakles Farms’ au Cameroun SGSOC, a retiré son adhésion à la Table Ronde sur l’Huile de Palme Durable (RSPO) démontrant son incapacité à satisfaire les standards de la certification même les plus basiques et imparfaits de l’huile de palme. « Nous demandons que le projet soit immédiatement arrêté. SGSOC devrait arrêter toutes les opérations de déforestation, de mise en terre des plants, et cesser tous ses efforts destinés à lui donner des droits sur la terre », a indiqué pour sa part Samuel Nguiffo du CED.

Nouvelles preuves de violation contre Herakles Farm au Cameroun

Jean Pierre Kepseu, Greenpeace)/n

À LA UNE
Retour en haut