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Développement rural: L’assurance agricole bientôt de retour au Cameroun

Dédiée uniquement aux paysans, cette assurance va permettre de couvrir plus d’une demi-douzaine des risques inhérents à leurs activités

Avis favorable des autorités
C’est l’Association des Sociétés d’Assurances du Cameroun (ASAC) qui pilote le projet. Les démarches administratives sont avancées et quasi-bouclées. Les autorités compétentes ont même donné un avis favorable, à l’issue du dernier Conseil National du Crédit (CNC) qui s’est tenu en décembre 2008. Après avoir découvert les conclusions d’une étude commise par les experts engagés par l’ASAC sur la faisabilité de ce projet. Seulement, le CNC qui a salué cette initiative, a accordé une priorité à trois autres projets, explique George Mandeng Likeng, le secrétaire général de l’ASAC. Il s’agit de la création de la banque agricole, le financement des petites et moyennes entreprises (PME) et le mécanisme de création d’une banque de développement qui aura des guichets spécialisés pour chaque secteur d’activité économique. Après cet acquis des autorités compétentes, il ne reste qu’à l’ASAC de convaincre les seigneurs de la terre à opter dorénavant pour ce mode d’assurance qui, d’après les membres de l’ASAC, offrent des avantages diversifiés.

Assurance récolte et bétail
Les assureurs vont profiter du comice agro-pastoral de janvier pour sensibiliser les acteurs du monde rural dans ce sens. L’ASAC voudrait que les seigneurs de la terre comprennent qu’avec les risques de leur secteur, il y a intérêt à s’assurer, souligne Emmanuel Abessolo Ndjou’ou, directeur technique et commercial à l’ex AMACAM (Assurances Mutuelles Agricoles du Cameroun) et expert à l’ASAC. Pour lui, les risques de ce secteur marginalisé sont nombreux: Des inondations, des épizooties, la sécheresse, etc. L’assurance agricole permet de couvrir ces risques à travers des produits tels que l’assurance mortalité bétail, l’assurance récolte, etc. Parlant de ce dernier produit, un paysan qui souscrit pour une police d’assurance récolte sur la base de 20 sacs d’arachides par exemple par an, si au bout de l’année à cause de la sécheresse il ne parvient qu’à obtenir 10 sacs, l’assureur lui rembourse l’argent correspondant aux 10 sacs restants, détaille l’expert. En dehors des crédits, ajoute-t-il, l’assurance agricole permet à l’agriculteur, dégagé des contraintes liées à l’insécurité, d’investir dans des équipements performants et d’augmenter sa production transport.

De gauche à droite: Didier NGOUNOU, SP Carte Rose, George MANDENG SG ASAC et Emmanuel ABESSOLO

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Poids du secteur agricole
L’intérêt de l’ASAC pour la mise en place d’une assurance agricole se justifie par le poids du monde agricole au Cameroun. En effet le secteur agricole utilise plus de 7 millions de personnes, soit 48% de la population totale. Sa contribution à la croissance réelle était de 0,7% du PIB en 2007. Les petites exploitations familiales d’un à trois hectares, soit 88% du secteur ne se limitent plus à la production de subsistance. Il leur faut donc ouvrir accès aux crédits. Or, l’obtention d’un crédit n’est pas évidente sans assurance. C’est là tout l’intérêt de l’assurance agricole. Cette assurance a existé par le passé et était proposée par AMACAM, malheureusement cette structure a été liquidée en 1996 à cause de quelques errements notés dans la gestion. Emmanuel Abessolo s’en souvient de quelques-uns. Il n’y avait aucune culture d’assurance à destination des populations, le rejet de l’idée d’assurance dans le monde rural, l’absence d’un programme national d’assurance agricole; la gestion était confiée aux administrateurs plus portés aux actes obligatoires que consensuels, synthétise-t-il. AMACAM a ainsi été enterrée avec les trois autres structures connexes qui appuyaient le secteur rural. Le Crédit Agricole du Cameroun (CAC) pour la banque de crédit, le Fonds d’aide et de Garantie des crédits aux PME (FOGAPE) pour le financement des PME et la Banque Camerounaise de Développement (BCD) pour le développement par secteur d’activité économique.

Nombreux étaient les experts et les journalistes lors de la conférence de presse le 13 décembre 2010 au siège de l’ASAC

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