Opinions › Tribune

Dévolution du pouvoir au Cameroun: Le problème Bamiléké en question

Par Narcis Bangmo

Le branle-bas politico-médiatique autour de l’actuelle visite de travail du Chef de l’Etat en France, démontre une fois de plus la fragilité du tissu social camerounais et toute la difficulté qu’ont les ethnies et tribus qui le constituent à coexister pacifiquement. Cette intolérance interethnique s’exacerbe au quotidien quand les débats sur la dévolution du pouvoir prennent corps dans un contexte sociopolitique ou les signaux de fin de règne sont quasiment tous dans le rouge. La course au dauphinat et donc au pouvoir, tant dans le parti au pouvoir que dans l’opposition, en appelle aux stratégies parmi les plus ubuesques et malicieusement dangereuses pour l’avenir de notre pays. Les ethnies les tribus sont ainsi sollicitées pour la sâle besogne, jamais dans l’optique d’apaiser les tensions sociales, les clivages et autres replis identitaires qui font tant de mal à notre pays, mais plutôt et exclusivement, pour semer la graine de la division qui, pour les adeptes de Machiavel, bénit les conservatismes. La simplement évocation de l’appartenance régionale semble nous condamner tous, à l’acceptation des idéologies, qui ne sont pas éminemment nôtres, érigeant de nombreuses cloisons sur le chemin de la démocratie véritable. A faire toujours correspondre l’ethnie à l’appartenance politique, on fausse le débat de l’unité nationale qui est un construit permanent, faisant le lit des partis ethnico-tribaux. La récente actualité nous enseigne qu’on est dans le tunnel des clivages du début des années 90, avec un pic orienté du côté des associations diasporiques, qui jouent le rôle d’une opposition moribonde et quasi absente. Le problème bamiléké existe bel et bien. D’ailleurs, le dénier serait fausser le débat et ainsi donner raison aux instrumentistes et aux «monofascistes» qui en font un véritable fond de commerce politique dans les partis politiques de la majorité gouvernementale, dans les ceux de l’opposition, dans la société civile et déconcertement dans l’église.

Les origines et les manifestations du problème
Chacun de nous se reconnait d’abord en son ethnie en sa tribu en son clan avant toute appartenance à la nation. Ce repli identitaire n’est pas une invention du renouveau évidemment! Sauf qu’avant, l’approche de contenance et de réduction du phénomène était une priorité au plus haut sommet de l’Etat. Le président Ahidjo, très soucieux des principes fondateurs de la république, parmi lesquels l’intégration nationale, avait savamment pensé et construit ce concept autour d’une stratégie d’immersion de fonctionnaires, agents de l’Etat, forces de défense. dans des régions géographies ou politiques autres que celles d’origine de ces employés de l’Etat. Le mariage interethnique étant un frein au repli identitaire, force est de constater que cette vision de l’intégration aurait constitué un stimulus pour tous ces jeunes travailleurs qui nouvellement installés regarde davantage le doigt que la lune qui est parfois plus lointaine et plus couteuse. C’est vrai que le contexte économique s’y prêtait, mais ce qui importe c’est cette volonté politique qu’avait le premier président. Il fut sans nul doute un tortionnaire de la pire barbarie, mais croyait tout de même que la construction du pays se ferait avec tous, même ceux qu’il ne portaient pas dans son escarcelle forcement. Voilà à tort ou à raison ce qui ferait resurgir au devant de la scène, des nostalgiques non moins compréhensibles du syndrome de Stockholm, ce haut lieu où les victimes d’hier tombent amoureuses de leurs bourreaux faute de mieux. Les échecs de l’application des principes stricts de la démocratie au Cameroun, donnent raison tous les jours aux hagiographes des dictatures éclairées. La démocratie telle que pratiquée chez nous, contribue plus au renforcement des clivages égotistes qu’à la naissance réelle des idéologies et des projets de société qui suscitent l’adhésion de tous, indépendamment des origines ethniques et tribales. L’élite qu’on croyait toujours «faire le développement» s’affirme aujourd’hui comme le moteur de l’échec de toutes les politiques publics. Elles instrumentalisent les populations et n’hésitent pas à en faire des moutons électoraux, en agitant honteusement le chiffon rouge de la menace ethnique, obligeant de ce fait les pouvoirs publiques à une complicité à tout le moins passive. L’ « appel de Yaoundé » qui consacrait idéellement la traque ethnique comme seul moyen de conserver le pouvoir est une parfaite preuve de l’existence de la question bamiléké au Cameroun. On pourrait ajouter à cela les déclarations d’Amadou Ali d’alors vice-premier ministre, extraites de Wikileaks, qui aurait déclaré qu’il ne tolèrerait jamais qu’un Béti, pis encore un Bamiléké comme dauphin de Biya. La dernière grande foire théâtralo-tribale, de l’expression du mal vivre ensemble dans notre pays est venue de l’église qu’on dit dépositaire des valeurs morales et haut lieu de l’acceptation de tous sans distinctions aucunes.

C’est d’ailleurs cela la raison existentielle du christianisme, qui défend davantage dans sa doctrine les injustes et les méchants. La tristement célèbre affaire Bakot, contre les réseaux bamilékés en est une parfaite illustration du pourrissement social et de l’instrumentalisation des pasteurs dans un champ qui n’est essentiellement pas le leur. En s’y investissant ils prennent le risque de perdre leurs notoriétés, comme biens de chefs traditionnels l’on presque perdue aujourd’hui. Le problème des équilibres abordé sous cet angle-là par le prélat, est d’autant plus incongru qu’il s’agit d’une institution privée où la scolarisation est parmi les plus onéreuses au Cameroun. Il ne suffit donc pas d’y être tout simplement admis, mais il faut pouvoir en justifier d’une bourse conséquente. La question demeure donc toute entière, pourquoi Mgr Bakot qui n’a jamais dénoncé la tribalisation et le marchandage des quotas au moment de l’entrée dans les grandes écoles publiques, comme il le fait pour l’homosexualité, s’englue t-il dans cet exercice dangereux, au risque de tuer la poule aux ufs d’or, de diviser ses propres enseignants et de se mettre à dos tous les intellectuels et dignitaires bamilékés fidèles de son église?

Reproches et réflexion sur la question Bamiléké
La région de l’ouest compte deux principaux peuples. Les Bamilékés répartis sur 7 départements et les Bamoun concentrés sur le seul département du Noun qui représente un peu plus de la moitié de la superficie de la région soit 7687 km2 sur 13782 que compte toute la région. Le peuple Bamiléké qu’Akam Evina (1991) situe géographiquement dans la ceinture d’infécondité d’Afrique, a adopté conséquemment un comportement conjoncturel de fécondité qui permet d’expliquer la surpopulation dans la région, l’absence de terre et par ricochet les élans impérialistes supposés des bamilékés. Dans l’arrondissement de Nkon-Gni dans le département de la Menoua, à titre d’exemple, on a une densité de près de 400 habitants au km2 et donc parmi les plus élevées au Cameroun. La généralisation de la polygamie en milieu Bamiléké au Cameroun a été favorisée par deux facteurs : « d’abord les modalités pratiques de la culture du café, ensuite le relèvement du niveau de vie consécutif à la culture de cette plante de rente. En subordonnant l’autorisation de la pratique de la caféiculture à la possession d’une main-d’ uvre importante dans chaque famille, les autorités coloniales encourageaient sans le savoir et sans le vouloir la polygamie et son corollaire, une fécondité élevée » (Kélodjoué, 2006).

La déprise caféière du début des années 80 a conduit à une mutation socio-spatiale des comportements de production et de reproduction, modifient structurellement la vision qu’on y avait de la famille. Toutes cette main d’ uvre dont on a pas nécessairement besoin dans la production du vivrier marchand, qui remplace le café a besoin de s’exprimer. Le droit successoral traditionnel bamiléké est parmi les plus violents et socio anthropologiquement discriminatoires, en ce sens qu’il fait du successeur l’administrateur des biens, consacrant de fait au désigné successeur, les pouvoirs que même son défunt père n’avait pas. Il a pratiquement le droit de vie ou de mort sur ses frères en particuliers ses demi-frères, qui doivent lui faire allégeance et surtout des paternosters pour espérer un lopin de terre où quelque avantage que ce soit, sinon, ils vont voir ailleurs. Au lieu de s’émouvoir de la confiscation de certains secteurs d’activité pas toujours très sains en matière de sécurité, comme les motos taxis à Douala tenue par les jeunes Bouba, Dschang.il vaudrait mieux endiguer le mal à défaut de l’éradiquer à la racine, en proposant à ces jeunes des projets de développement pour mieux les contenir soit dans leur terroir ou ailleurs, comme ce fut le cas dans l’opération Yabassi-Bafang, qui à notre connaissance ne fut pas un échec.

Au-delà de l’hyper présence compréhensible et même souhaitable des ressortissants de la région de l’ouest dans toutes les régions du Cameroun, ce qui nous semble choquer leurs hôtes c’est l’autoglorification, l’organisation en réseaux impénétrables et impitoyables, le rejet des autres. L’un des arguments spécieux fréquemment évoqués par le renouveau pour se réjouir d’avoir maintenu le Cameroun en paix pendant 30 ans est la « juste redistribution » des postes politiques et le partage plus ou moins équitable du «gâteau national». A l’observation, il est bien difficile d’épouser un tel argumentaire, puisque la planification des politiques économiques semble diviser le pays en deux. Ceux qui ont le pouvoir politique (l’axe Nord-Sud) et ceux qui contrôlent l’économie (l’axe Anglo-Bamiléké). Cette vision du Cameroun est aujourd’hui dépassée par l’aspect démographique qui introduit tous les jours de nouvelles variables d’ajustement pour le gouvernement en place. C’est assurément ce qui fait dire aux chefs Sawa en 1992, réclamant alors que les leurs soient représentés dans toutes les communes, pour réduire la surreprésentation des Bamiléké au sein des exécutifs communaux, que la loi du nombre n’est en rien l’expression de la démocratie, mais plutôt de l’expansionnisme mieux de l’impérialisme néocolonial. L’hégémonie Bamiléké est ainsi redouté, non plus seulement dans les affaires mais aussi en politique et dans les milieux religieux.

Narcis Bangmo
N. B.)/n

Aucun recensement n’a plus jamais donné de façon officielle les chiffres ethniques mais, dans tous les salons, les Bamilékés aiment à dire à tort ou à raison qu’ils sont les plus nombreux pour que le one man one vote tourne à leur avantage. La levée des boucliers autour de la personne de Maurice Kamto n’est pas gratuite à cet effet. La force de l’argent ajoutée à la statistique et à l’orgueil, peut conduire au contrôle du pouvoir que l’axe Nord-Sud ne veut pas perdre de si tôt. L’autoglorification présumée des Bamiléké connait un essor abominable de l’avis de nombreux intellectuels et enseignants Béti, au début des années 80, avec le dynamisme Bamiléké de Jean Louis Dongmo, thèse d’Etat de plus d’un millier de pages. Le professeur Claude Abbé qualifiait au cours d’un émission spéciale de l’« Arène » sur les antennes de canal2, de ramassis d’éléments auto-glorificateurs et haineux qui n’ont rien à voir avec la science. Une posture qui met en lumière les rivalités béti-bamiléké que Onana Onomo (2011) situe bien avant et même au lendemain des indépendances, où les intellectuels majoritairement béti occupaient des postes stratégiques dans la sphère du pouvoir, pendant que les bamilékés encore englués dans la guerre civile (maquis) étaient essentiellement des commerçants. A partir des années 30 arrivent les premières vagues d’immigrés Bamilékés dans les grandes villes du Cameroun (Yaoundé, Douala, Nkonssamba) qui occupent tous les secteurs d’activités suscitant dès lors la convoitise des autres. Onana Onomo pense dans ses travaux que il aurait suffi qu’on appliquât les principes stricts de la démocratie pour voir s’effacer d’elles-mêmes les associations ethnico-tribal (Essingan, Laakam), bras intellectualo-mystique qui matérialise la symétrie des rivalités vives et visibles entre les deux groupes ethniques, qui ont trouvé pour s’inter-identifier, des substantifs à tout le moins péjoratifs et injurieux (Nkwa’a-Nguelafis).

Ce qui est étonnamment questionnable dans le peuple bamiléké, vient aussi du fait que, les griefs qui lui sont portés viennent de partout et même du peuple voisin, qui lui est historiquement et sociologiquement très proche. Les récents conflits autour du fleuve Noun en sont une parfaite preuve. Ce qui peut nous amener à penser avec Zognong (2011) à l’existence d’un péril Bamiléké, lorsqu’il affirme que: « Le spectre avancé récemment d’un péril bamiléké au Cameroun se présente comme le couronnement logique des récriminations ethniques contre ce groupe… Quant à lui, au-delà de la simple invasion démographique, le péril bamiléké au Cameroun serait aussi un accaparement tous azimuts des surfaces politiques, économiques, scientifiques, voire religieuses, péril qu’il faut contenir à tout prix, pour que le Cameroun ne se transforme pas en une vaste province bamiléké selon le mot de lamberton qui s’inquiétait déjà dans les années 60: « Qu’un groupe de populations nègres réunisse tant de facteurs de puissance et de cohésion n’est pas si banal en Afrique Centrale. Au Cameroun du moins, le phénomène bamiléké est sans précédent » . Dans la même perspective, le Collectif C3 pense que « le peuple bamiléké est la fraction la plus nombreuse, la plus forte, la plus entreprenante, la mieux répartie sur tous les secteurs d’activité » L’analyse que fait Zognong du problème Bamiléké nous semble conclure à l’existence de deux ethnies au Cameroun, les Bamilékés d’une part et les autres.

Les réseaux Bamiléké sont dits impénétrables. Dans les marchés du Cameroun, on évoque très souvent les secteurs de la redistribution des produits de première nécessité, pour justifier cet enfermement stratégique à la chinoise. La friperie est presque dans sa totalité contrôlée par les ressortissants d’un seul village, mais pour autant est-ce un tort? Le très sulfureux journaliste et homme politique Chantal Roger Tuile, fait tous les jours remarquer, que les listes électorales aux élections législatives et municipales obéissent rarement sinon jamais aux caractéristiques sociologiques dans leurs compositions comme l’exige la loi électorale. Le problème à cet effet nous semble être ailleurs, celui de la présence même des autres groupes ethniques intéressés ou à désintéresser. Résoudre ce problème suppose aussi et surtout une volonté politique profonde de redéploiement systématique des fonctionnaires et autres agents de l’Etat, dans toutes les régions du pays comme c’était déjà le cas avant les crises économique et sociopolitique qu’a traversé le Cameroun à la fin des années 80. Cette volonté politique passe naturellement par la lutte contre la corruption dans l’administration centrale qui se joue de muter les gens là ou ils veulent au gout de leurs bourses. A titre d’exemple, le schéma d’urbanisme directeur (SUD) de la ville de Dschang, conçu au début des années 80 prévoyait que la zone dite payground, soit remise à la mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbains ruraux (MAETUR), qui devait stratégiquement y faciliter l’intégration des travailleurs de l’Etat. Mais, cet espace a été revendu à l’élite locale avec la complicité des autorités administratives qui se sont succédées. Utiliser le fait que les Bamiléké ne vendent pas le terrain comme argument probable de stigmatisation, nous semble factice pour deux raisons. Ils ne peuvent déjà pas vendre ce qu’ils n’ont pas pour des raisons évoquées plus haut. En plus, il ne suffirait plus à l’Etat, qui a un bras séculier très long et qui a le monopole de l’expropriation pour utilité publique, de se limiter à réquisitionner, viabiliser et mettre à la disposition des camerounais de tous des espaces pour construction, il faudrait surtout une réelle volonté politique et une planification bien pensée pour une meilleure intégration nationale. Ceci favoriserait la mixité ethnique et pourrait attirer les gens de tous les horizons en pays Bamiléké qu’on dit hostile à la vente de terrain et à l’acceptation de l’autre.

L’urgence de repenser le principe des grands équilibres au Cameroun
Lorsque vous venez de souffler sur votre 35e bougies, né à Obala, vos parents y sont nés, vos grands-parents y sont aussi depuis les années 50. Soit, près de 70 années cumulées au même endroit, d’où êtes-vous originaire? De nombreux pays africains comme la Côte d’Ivoire et le RD-Congo, connaissent des moments assez troubles de l’histoire des migrations des peuples qui y vivent, on est arrivé à douter de la nationalité des hauts responsables, au point de les rendre inéligibles, avec des conséquences que nous savons désastreuses pour ces pays-là. Le syndrome de l’ivoirété et de la congolité ne se pose sans doute pas de même façon chez-nous, mais présente tout de même certaines caractéristiques dont nous ne saurions nous en départir si nous n’y prenons pas garde. Le processus de rattrapage qui avait pour but essentiel de réduire l’arriération de certaines régions du pays, a été congénitalement mal conçu, parce qu’au lieu d’attaquer de façon structurelle les problèmes majeurs qu’on compte parmi les questions d’éducation, de santé et de nutrition des populations, on a fait la part belle au développement de l’élitisme, faisant croire que la qualité du développement était tributaire de la quantité d’élites à former. Toutes les grandes écoles étaient sollicitées et mis à contribution. Pendant longtemps, cette logique a prévalu et malgré son échec, elle continue à avoir pignon sur rue, sans tenir compte de l’évolution sociodémographique des minorités qu’on voulait pourtant protéger. 50 ans après les indépendances, presque rien n’a changé presque dans les régions de l’Est et du Grand-Nord que visait cette politique aujourd’hui érigée en grand tribalisme d’Etat. Elle a donc échoué, cette politique, parce que à tête chercheuse. Si on l’applique à l’entrée des grandes écoles, on pourrait aussi en faire autant dans les ministères et les sociétés d’Etat. « Les paradoxes du pays organisateur » de Charles Ateba Eyené (2008), nous enseigne que, la surreprésentation des ministres et directeurs généraux dans une région est parfois plus dévastatrice que constructive.

Ceux qui s’offusquent d’une forte présence des Bamiléké au sein des organisations politiques et associatives de la diaspora contre Paul Biya, ont une mémoire hypocritement sélective, puisqu’ils refusent obstinément de voir le problème en amont, qui est manifestement la conséquence de la mauvaise planification des politiques économiques et l’absence de vision dans la redistribution des fruits de la croissance. Ceux qui sortent du Cameroun sont majoritairement parmi ceux-là qui n’ont pas pu entrer dans les grandes écoles, non pas toujours parce qu’ils n’en avaient pas la capacité et la capabilité, mais, parce qu’ils sont victimes du hasard de l’histoire. Parce qu’ils s’appelaient Kamga, Wafo, Nitcheu, ils se sont malheureusement trouvés dans des rangs interminables pendant les dépôts de dossiers dans les grandes écoles, seules employeurs permanents au Cameroun, le secteur privé étant très embryonnaire. Un bamiléké qui nait à Obala de même ou un Eton qui nait à Moya dans le Nord Makombe, ne devraient plus, sauf s’ils le souhaitent, 30 ans après, être rattaché à leurs régions d’origine c’est une incongruité systémique qui pousse de nombreux Camerounais à l’exil. Ceux qui sont nés il y a 30 ans dans le grand-Nord qui y ont vécu, et donc les parents s’y installaient pour des missions de service publique, ont quand même connu les mêmes difficultés que les autres, ils sont restés comme les fils d’autochtone un trimestre voir plus, sans enseignant de mathématique., et méritaient d’entrer à l’école normale de Maroua comme tous les autres fils du Nord. Par ailleurs, Hamadou qui est né à Yaoundé et qui y a fait ses études dans des conditions idoines ne peut en rien se prévaloir de ses origines nordiques tous simplement parce que ses parents y sont originaires. Quand on aura « reproblématiser » les concepts de minorité, d’allogène d’autochtone de manière à y intégrer le lieu de naissance et le lieu de résidence, plutôt que la seule origine des parents, on aura résolu en partie le problème Bamiléké dont l’intégration ne saurait plus être rattachée à la seule origine des parents mais plutôt, à des critères plus objectifs et réalistes pour un Cameroun émergeant en 2035. La politique de contenance et de rejet de certains camerounais de la diaspora, qui ont la double nationalité, qui sont proches de l’opposition ou même les deux, ne sera jamais bénéfique pour un pays qui veut se transformer et qui a besoin de tous ses enfants pour opérer sa mue. Ceux qui partagent cette thèse sans doute dans la logique de conserver indument les strapontins, ne se font pas du bien à eux-mêmes. Ils ne font que repousser un processus, qui, s’il est déjà enclenché risquera de se produire quand même, parce qu’il y’a pas de situations définitives.

A SAVOIR

- Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n'engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de Journalducameroun.com.

- JournalduCameroun.com n'est pas responsable des affirmations qui y sont présentées et se réserve le droit de modifier ou de retirer un article qui diffamerait, insulterait ou contreviendrait au respect des libertés publiques.

À LA UNE
Sondage

Un candidat de l'opposition a-t-il une chance de gagner la présidentielle 2018 au Cameroun?

View Results

Loading ... Loading ...
Retour en haut