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Dieudonne Mveng: Pourquoi je vends La Météo!

A «l’oreille» des éditions n°474 et 475 de décembre dernier, nous annoncions la mise en vente du titre La Météo, titre chèrement imposé dans le landerneau médiatique camerounais. «Pour raison de faillite financière», indiquions-nous alors sobrement. Cela reste vrai, au moment où vous lisez ces lignes. Mais il se trouve que votre journal a commis le pêché de faire l’économie d’une communication sur les tenants et les aboutissants de cette faillite financière. En présentant mes excuses sincères à tous les lecteurs de La Météo que cette annonce laconique a plongé dans la confusion, j’interviens dans cet espace pour prolonger ladite annonce et donner, de ce fait, toute sa fraîcheur à la relation de transparence tous azimuts liant depuis les temps La Météo à son lectorat d’ici et d’ailleurs. Dans un couple, on se raconte tout. Voilà, comme toute entreprise; (et La Météo en est une, quoique pas au sens pur du mot puisqu’elle a une vocation de service public), un équilibre strict doit être observé entre les dépenses et les recettes. Le ciel est bleu quand les bénéfices s’accumulent. Mais, lorsque les dépenses surplombent tout, c’est la terre qui s’ouvre sous les pieds de l’entreprise. Le groupe La Météo souffre, en ce moment, d’une explosion de charges incompressibles (coûts de production de ses éditions papier et virtuel, traite. ment du personnel, loyer de son siège, maintenance de son parc informatique, facture d’électricité, d’eau, etc.) alors que les recettes, provenant principalement de ses ventes en kiosque, et en dépit de leur constante hausse, n’arrivent malheureusement plus à lui garantir une viabilité saine. Tout journal, cela se sait, vit de ses ventes et de ses recettes publicitaires. La Météo a pour elle les ventes; il lui manque l’apport des annonceurs, cet autre pied qui lui permettrait de s’équilibrer financièrement et de marcher sur ses deux jambes.

Où passent les annonceurs?
Personnellement, je n’ai pas de réponse à cette question, et ce n’est pas faute d’avoir cherché à comprendre. Cependant, autant que je le sache, les annonceurs courent les médias qui s’arrachent en kiosque et ont belle image. Atout que possède La Météo. Faut-il le rappeler? en 2008, votre journal, alors hebdomadaire, a remporté la toute première édition du classement annuel Messapresse (distributeur attitré de la presse nationale) des journaux les plus vendus, damant le pion à Cameroon Tribune (malgré son réseau d’abonnés administratifs et ses multiples subventions étatiques) avec 70% de ventes cumulées dans l’année. La pilule fut dure à avaler pour les manitous de la presse quotidienne. Lesquels obtinrent de Messapresse un classement par catégorie. Bis repetita: La Météo, en 2009 et 2010, fut le champion en termes de ventes dans la catégorie des hebdomadaires. En 2012, votre journal (devenu bi hebdo en 2011), reçoit le prix du journal le plus lu dans la catégorie des bi et tri hebdos. Mai 2012, votre bi hebdo est distingué par le jury du très prestigieux «Njawe Awards» comme le «journal qui monte», et son Dp, en ma modeste personne, couronné «meilleur journaliste au Cameroun au cours de l’année 2011».

Dois-je aussi mentionner cet autre prix personnel, à moi décerné par le jury de la 2ème édition des « Épervier Press Awards» en 2012, récompensant à la fois l’éthique et le courage éditorial dont j’ai fait preuve, aux commandes du navire La Météo, en 2011? Cette série de distinctions, tant collectives que personnelles, traduisent une seule et même chose: La Météo est un journal crédible auprès des Camerounais et au sein de la profession. Mais comment comprendre la préférence des annonceurs pour des titres autrement moins cotés dans l’opinion? Si ce n’est la sorcellerie, cela y ressemble. Car, à côté de cet indiscutable et prestigieux palmarès, le groupe La Météo a toujours été et est à jour de son dossier fiscal. Face à cet ostracisme déguisé, et devant le peu d’échos de nos offres d’abonnement auprès des institutions républicaines et des sociétés de la place, j’ai, le c ur meurtri et en dernier recours, décidé de la mise en vente du titre La Météo. A ce sujet, je transmets mon amitié et mes remerciements à tous ces anonymes qui me téléphonent ou envoient des courriels pour dire tout leur soutien et réconfort. Dans l’attente d’un acquéreur, qui remplira les conditions de préservation de l’esprit La Météo et maintiendra les emplois existants, un service minimum est mis en place. Celui-ci se traduira, en kiosque, par une présence active et régulière les lundis, et aléatoire les jeudis.

Sur ce, permettez-moi à nouveau, chers lectrices et lecteurs, de souhaiter à chacun d’entre vous, à vos familles et à ceux qui vous sont chers, une bonne et heureuse année 2013.

Le journal La Météo est à vendre
La météo)/n
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