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Diplomatie: Divergence sur la récompense d’Henriette Ekwe

Le gouvernement n’a pas apprécié des propos utilisés à l’occasion de la récompense d’une journaliste camerounaise par le département d’Etat américain

L’ambassadeur convoqué au ministère des affaires étrangères
Le gouvernement camerounais aurait signifié à Robert P. Jackson sa désapprobation au sujet de propos tenus sur les droits de l’Homme au Cameroun. L’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, a été reçu par le ministre Henri Eyebe Ayissi, en charge des relations extérieures la semaine dernière. Au sortir de la rencontre, le diplomate s’est refusé à tout commentaire. Je n’ai pas de commentaire à faire aujourd’hui. Tout ce que j’ai à dire, c’est que le ministre des Relations extérieures m’a transmis un message à envoyer au Secrétaire d’Etat Hillary Clinton. Et je suis content de le faire. Merci a fait savoir l’ambassadeur des Etats-Unis à sa sortie d’audience. Selon des sources proches du ministère des relations extérieures, Robert P. Jackson aurait été convoqué en rapport avec l’actualité autour du prix reçu à Washington le 8 mars dernier par la journaliste camerounaise Henriette Ekwe, la rédactrice en chef du journal Bebela. Ainsi, les propos tenus par la lauréate au cours de la cérémonie, et ceux de l’ambassadeur Robert P. Jackson dans une interview accordée à un journal de la place sur la situation des droits de l’Homme au Cameroun, auraient « heurté » les autorités camerounaises. La démarche du ministre des Relations extérieures aurait donc consisté à signifier à la partie américaine la désapprobation du gouvernement camerounais face à ces allégations et à l’édifier sur la situation réelle des droits de l’Homme dans le pays.

Résumé des propos contestés
A l’annonce du prix d’Henriette Ekwe, l’Ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, a fait savoir qu’Henriette a été choisie en raison de son courage exceptionnel, son engagement et son leadership dans la promotion de la démocratie, de la transparence, des droits de l’homme et l’état de droit au Cameroun. Elle est un témoignage vivant du courage des femmes à travers le monde qui se battent pour la justice sociale et la liberté politique. Le Cameroun devrait être fier d’elle. Nous espérons que ce prix va inspirer d’autres camerounais à participer activement dans l’évolution démocratique du Cameroun. A la fin des années 80 et au début des années 90, Henriette a été forcée à se cacher, a subi de menaces et a été emprisonnée pour son opposition au système de parti unique. Depuis lors, elle a continué à promouvoir la démocratie et la bonne gouvernance au Cameroun malgré les menaces et le harcèlement. Nous espérons que l’engagement soutenu de madame Ekwe à la démocratie va inspirer les camerounais à s’inscrire sur les listes électorales et à participer pleinement aux prochaines élections législatives et présidentielles. Au Cameroun, la liberté de presse continue d’être fortement marqué par des questions d’ordre publique. La limite entre le délit de presse et le délit de droit commun est très rapidement franchie. Même si de nombreux témoignages de menaces existent, aucun journaliste n’a jusqu’ici été tué en raison de l’exercice directe de sa profession. Par contre plusieurs d’entre eux ont été jetés en prison du fait des dénonciations faites à l’encontre de certaines autorités.

Robert P. Jackson, ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun

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