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Discours héritage du Président Camerounais aux jeunes

Paul Biya a pris un nouveau ton pour s’adresser aux jeunes camerounais dans le traditionnel discours du 10 février

Peu de bilan et de promesses, beaucoup de recommandations
Le contenu du discours du président a surpris de nombreux observateurs. Tel le laboureur prodiguant des conseils à ses enfants, Paul Biya a invité les jeunes à résolument s’inscrire dans le mouvement de la relève. La lutte contre la corruption, les changements climatiques, l’éducation, la lutte contre le VIH/SIDA, et surtout il a aussi invité les jeunes à s’impliquer activement dans la lutte contre la pauvreté. Aucune promesse cependant, aucune invitation des jeunes à le soutenir dans de futurs efforts. Sa vision du développement actuel du Cameroun a aussi été évoquée. Il en fixe le point de référence aux années trente-cinq, bien avant les indépendances. « Jetez un coup d’ il sur ces photos jaunies prises à l’aube de notre indépendance. Nos villes n’étaient que de gros villages, nos routes des pistes poussiéreuses. La majorité de notre peuple n’avait pas accès à l’école et encore moins à l’université, puisqu’il n’y en avait pas. Voyez le chemin parcouru » a-t-il déclaré. A proportion égale, de nombreux pays d’Asie du sud-est sont partis des mêmes points à la même période, et sont aujourd’hui mieux développés.

S’inspirer des héros de l’indépendance
Au plan politique et social, le chef de l’Etat a pour la première fois invité les jeunes à s’inspirer des jeunes héros de l’indépendance du Cameroun et surtout dans reconnaitre le mérite. «Le premier devoir que la fidélité à l’idéal des pionniers de notre indépendance vous impose, sera de préserver et de consolider les acquis des cinquante dernières années » recommande-t-il. Il invite les jeunes à consolider le « système démocratique achevé » qu’il a contribué à mettre en place. »Il vous reviendra de continuer à le faire fonctionner sans heurts, dans un esprit de tolérance et conformément à l’intérêt général. C’est, vous le savez, la seule façon de garantir notre stabilité et d’assurer notre progrès économique et social » a-t-il ajouté. Des observateurs font néanmoins remarquer, que contrairement à cette affirmation, le Cameroun d’avant les indépendances était déjà un territoire démocratique. Le tout premier Premier Ministre du Cameroun André Marie Mbida, avait été désigné au terme d’une véritable campagne électorale. Un fait concret, serait que les manuels scolaires d’histoire et les débats télévisés prennent en compte cette initiative.


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Inciter à l’emploi ne résout pas le problème du chômage
Concernant la vrai préoccupation des jeunes d’aujourd’hui, le chômage, Paul Biya est revenu sur les rôles joués par le fonds national de l’emploi (FNE) et le Programme d’Appui à la Jeunesse Rurale et Urbaine mené par le ministère de la jeunesse. Les efforts combinés de ces deux initiatives en plus du programme d’appui au secteur informel, a permis la création de centaines de milliers d’emplois directs et indirects, sur un environnement où la demande constante et en permanente hausse est actuellement de près de 6 millions de jeunes qualifiés. Certains observateurs font remarquer que ce que le chef d’Etat a dit sur le chômage, c’est le renforcement de l’alternance, ce qui selon eux n’est pas une solution d’embauche mais plutôt de formation. Pour certains jeunes interrogés sur ce point précis, ils répondent au président en affirmant que «Les jeunes n’ont pas besoin d’incitation à travailler mais ils ont besoin de boulot»

Toute une génération sacrifiée
Le président a en fin fait le mea culpa de son administration, mais n’envisage aucune action de réparation. Il a par contre invité les jeunes à garder l’esprit serein, face aux défis qui sont les leurs. «L’engagement des jeunes au service du développement a également une dimension morale, voire patriotique, à base de solidarité citoyenne et de dévouement à l’intérêt général. Ces vertus doivent être cultivées dans les différentes structures associatives animées par le Ministère de la Jeunesse. Ce sont elles qui détourneront les jeunes des déviations devenues courantes dans les sociétés modernes et notamment de la corruption qui a fait tant de mal et de tort à notre pays », a-t-il affirmé. Trop tard pour beaucoup de jeunes aujourd’hui qui relèvent avec pertinence, que le patriotisme et la confiance en leurs institutions les ont conduits à une situation d’inquiétude constante. Ils sont nombreux, les jeunes qui ont aujourd’hui entre 33 ans et 40, frappés par la limite d’Age pour les concours d’admission à la fonction publique et parfois aussi pour des embauches dans le secteur privé. « Le président parle aujourd’hui d’inertie que nous on va faire comment? J’ai eu mon diplôme et depuis j’attendais les concours; le système est tel qu’on nous faisait croire que si tu ne vas pas à l’école, tu n’as aucune chance. Aujourd’hui on nous demande d’être civiques et de comprendre qu’il y a eu inertie, je dis cela ne veut rien dire du tout » affirme Jacques, 35 ans, titulaire d’une maitrise en droit depuis 1995 et sans emploi fixe.

Nos héros?
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