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«Dites-nous que vous n’avez-pas lu cette quatrième lettre que vous avez écrit!»

Réponse d’un militant de base du MRC à la quatrième lettre de Monsieur Fabien Assigana

Rigueur et Moralisation
Rigueur et moralisation tel est le slogan avec lequel un mouvement politique célèbre et bien encré au Cameroun fit fureur dans les années 80. Ce slogan, tout le peuple du Cameroun de Mvomeka à Kousseri, en passant par Monatélé, Deuk y a cru de toutes ses forces. Le peuple camerounais a adhéré sans réserve à cette nouvelle approche dans la gestion de la chose publique qu’on lui vendait. Hélas, il ne s’agissait que d’une promesse qui, comme l’a dit Jacques Chirac, n’engage que celui qui l’écoute. Le slogan Rigueur et Moralisation fit donc long feu. Les vents puissants de l’Ouest, du Nord, du Littoral, du Centre, du Sud et de l’Est eurent très vite raison de cette flamme qui n’était qu’un feu de paille. Ce slogan ne résultait pas d’une volonté réelle de changement et on assista au contraire à une accélération de l’immoralité et de la désinvolture jusqu’à la crise de la fin des années 80. Pour tenter de juguler les effets de cette crise, il y eut alors l’opération Antilope. Il faut croire que le cou de l’antilope ne fut pas assez long pour lui permettre de dénicher toutes les brebis galeuses puisque vingt ans après elle, le rapace, l’épervier à tête chercheuse fit son entrée en scène.

Une quatrième lettre
Monsieur Assigana vous retrouvez votre plume pour une quatrième lettre au Président National du MRC. Ne vous découragez surtout pas car vous finirez peut-être par rattraper Monsieur Hamidou Marafa qui en a déjà commis huit. Seulement autant ses lettres au fil de leur parution tendent à lui donner une certaine crédibilité, à défaut de lui donner l’absolution, les vôtres, je le crains, tendent plutôt à vous discréditer. Votre quatrième lettre a toutefois le mérite de soulever la question de la Rigueur et Moralisation dans la gestion de la chose publique tout en démontrant clairement au peuple de Monatélé que vous ne vous inscrivez pas dans le combat qu’il mène pour une gestion saine du Cameroun. Cette quatrième lettre démontre que vous luttez essentiellement pour les plaisirs du ventre.

Denis Emilien Atangana maire de Monatélé
Monsieur Assigana commençons par une fable. Nous sommes le 30 septembre 2013 et les élections viennent de se dérouler avec ferveur à Monatélé. Le peuple a massivement voté pour la liste du MRC portée par le jeune Denis Emilien Atangana qui a mené une bonne campagne dans cette localité. Hélas, la haute autorité chargée de la proclamation des résultats déclare le Rdpc vainqueur au terme de cette folle journée qui a vue le peuple prendre fait et cause pour le vrai changement malgré la déferlante de promesses, de cadeaux à lui fait par la classe dirigeante. Pas le moins du monde démonté, Monsieur Denis Emilien Atangana parvient le 1er octobre 2013, grâce au génie de certains hackers de Ngoa-Ekelé, à faire passer un message sur la chaîne de télévision nationale à l’heure de grande écoute. Le prince, pris de compassion devant cet appel pathétique, surpris et amusé par l’audace de ces jeunes Camerounais, décide non seulement de ne pas lâcher ses ninjas mais aussi de revenir sur le décompte des voix. Ainsi le 2 octobre 2013, Denis Emilien Atangana entouré de sa garde rapprochée, arrive à la mairie de Monatélé dans sa nouvelle Hummer toute rutilante. Oui il avait prévu cette victoire et pour son sacre, il avait pris à crédit un véhicule digne de ce nom chez Fotso le grand concessionnaire auto de Monatélé. Dès son accession au trône, il puise dans les caisses de la Mairie de Monatélé pour rembourser toutes les dettes accumulées au cours de ce laborieux combat vers la mangeoire suprême et pour récompenser ses camarades de combat. Le peuple de Monatélé qui n’est pas dupe se révolte et la colère monte dans la cité. C’est alors qu’intervient le patriarche Fabien Assigana qui s’adresse au peuple pour le calmer en ces termes : « Peuple de Monatélé, Denis Emilen est un digne fils de ce pays. Ne soyez donc pas dur envers lui. Il n’a pas pris grand-chose jusqu’ici. Soyez tranquille. Je vais lui tirer les oreilles et tout rentrera dans l’ordre. »

Parti politique comme tremplin vers la mangeoire suprême ?
Monsieur Assigana c’est parce que de nombreux Camerounais ont tenu et continuent à tenir ce raisonnement que le slogan Rigueur et Moralisation a depuis longtemps perdu toute sa substance et s’est transformé en laxisme et démobilisation. Ceux qui comme vous pensent que le MRC est un bon investissement pour accéder à la mangeoire suprême se trompent. Ceux qui comme vous pensent que la chèvre broute là où elle est attachée et que de toute façon puisque je suis le fils d’un tel, puisque j’ai des accointances avec un tel et donc je suis au dessus de la justice se trompent. Le MRC est un parti républicain qui fait du respect de la loi un principe inviolable. Le MRC est un parti qui revendique une vraie et même justice pour tous. Une justice qui s’applique à tous en commençant par les dirigeants, les responsables et les membres du MRC. Une justice indépendante qui s’applique de la même façon au président de la République, au président de la cour Suprême, au « benskinneur », à la « call-boxeuse » et à la « Bayam-sellam ». Monsieur Assigana que ceux qui comme vous veulent utiliser le MRC pour encore et toujours tromper le peuple réfléchissent par deux fois avant de s’y engager. Le Directoire du MRC serait condamnable s’il ne faisait pas preuve aujourd’hui de rigueur dans la gestion du MRC alors même qu’il nous promet qu’il gouvernera le Cameroun autrement demain. Pourquoi le Président National du MRC devrait-il intervenir dans une affaire qui par ailleurs peut-être réglée par la simple application de la loi sur le respect des biens publics ?

Le peuple de Monatélé est souverain
Monsieur Assigana sachez que le Cameroun de papa est derrière nous. Vous vous êtes trompé de camp à moins que vous ne soyez simplement un pion destiné à semer la zizanie dans le camp adverse. Sachez que le peuple de Monatélé qui a choisi de se détourner de cette élite prédatrice n’est pas dupe et il saura distinguer la bonne graine de l’ivraie. Ce peuple souverain a compris que le MRC ne roule pas pour son Directoire mais bien pour le Cameroun et rien que pour le Cameroun. Ce peuple ne veut plus être une simple caisse de résonance pour une élite quelle qu’elle soit.Ne vous détrompez pas Monsieur Assigana, le peuple de Monatélé de Deuk et de biens d’autres localités n’a pas signé un chèque en blanc au MRC en choisissant de lui confier son destin. Le peuple observe désormais avec vigilance et attend des dirigeants du MRC qu’ils soient exemplaires dans la gestion du pays et cette exemplarité commence par la gestion du MRC qui n’est déjà plus leur chose mais bien celle du peuple qui le porte.

Une cinquième lettre?
Dans quelle équipe jouez-vous Monsieur Assigana? Dans celle reconnue et promue par le peuple de Monatélé ou bien dans celle honnis et rejetée avec force par ce peuple? Voulez-vous vraiment que le jour enfin se lève sur la belle cité de Monatélé ou bien voulez-vous la maintenir pour toujours dans l’obscurité ? Quel Cameroun voulez-vous livrer à vos enfants et petits-enfants? Oui Monsieur Assigana dites-le-nous dans une cinquième lettre. Surprenez-nous! Démontrez-nous que vous n’êtes pas juste le fou du Roi et que vous avez un peu d’amour pour vos enfants et petits enfants, pour les enfants de Monatélé, pour tous les enfants du Cameroun. Dites-nous que vos écrits ont dépassé votre pensée ou alors que vous n’avez-pas lu cette quatrième lettre que vous avez écrit.

Guy Fokou Singue
Journalducameroun.com)/n


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