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Doing Business 2013: Le Cameroun enregistre une chute dans le classement

Pour le Gicam, ce positionnement du pays dans le classement est une sanction logique

Dans sa note analytique en forme de réquisitoire, l’un des principaux organes patronaux se dit préoccupé par cette régression qui sanctionne les difficultés du secteur économique du pays à impulser des réformes dans les délais et les formes souhaités. Le Gicam constate que la plupart des résolutions prises dans le cadre du dialogue secteur public-privé, inauguré en début 2012, restaient en cours ou pas du tout engagées et que certaines connaissaient des blocages importants et parfois inexpliqués dans leur mise en uvre. Le dialogue secteur public-privé est censé matérialiser la nouvelle détermination des acteurs à uvrer à l’amélioration de l’environnement des affaires à travers une collaboration « plus dense et plus fertile ». Il a aussi bénéficié du soutien technique et financier apporté par l’International Finance Corporation (IFC). Les illustrations de ces faiblesses sont nombreuses et portent notamment sur la caisse des dépôts et consignations: dans l’attente de la désignation de ses responsables, le lancement du projet de plateforme de télé procédures fiscales et para fiscales est toujours en veille.

Les autres facteurs sont relatifs à l’avènement de l’identifiant unique qui continue de jouer les arlésiennes, le cadre juridique autorisant la création des registres privés d’information et de notation sur le crédit qui reste une perspective lointaine. Le cas du Code d’incitation à l’investissement se révèle particulièrement symbolique. Attendu depuis 2002, ce texte n’a pu être adopté en 2012 malgré les nombreuses concertations engagées. Au cours de la 4ème édition du Cameroon Business Forum, des divergences subsistantes ont encore été mises en évidence. Dans le classement 2013, note le Gicam, la seule réforme retenue porte sur la désignation effective des magistrats dans les chambres commerciales auprès des juridictions d’instance.

De 2011 à 2013, les positions occupées par le Cameroun dans le classement «Doing Business» sont passées de 165ème en 2011 à 156ème en 2012, pour retomber à 161ème en 2013. La première évolution du pays dans ledit classement, qui était positive, résultait principalement d’une réforme exogène portant sur l’amélioration de la réglementation sur l’accès au crédit et notamment la révision de l’Acte uniforme relatif au Droit commercial général et de celui portant organisation des sûretés, analyse le patronat. Pour espérer améliorer son classement en matière de climat des affaires, le Gicam invite les autorités camerounaises à procéder à une remise en cause et au renforcement des cadres de suivi et d’évaluation des réformes. De plus, une meilleure implication des acteurs non étatiques (déjà représentés au sein des organes de pilotage) dans les travaux techniques s’avère nécessaire.

Le Cameroun régresse dans le rapport Doing Business 2013
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