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Dorothée Mefo: Rencontre avec une artiste multi casquettes

Conteuse, fabuliste, nouvelliste, illustratrice et aussi scénariste, l’auteure nous parle de ses livres, de ses projets, notamment de son pays de c ur le Cameroun

Dorothée Méfo, nous sommes heureux de faire connaître votre profil à nos lecteurs. Vous êtes conteuse, fabuliste, nouvelliste, illustratrice et aussi scénariste. En somme une artiste multi casquettes. Présentez-vous davantage et racontez-nous comment vous gérez tous ces aspects de votre vie ?
Je suis née à Drancy, une commune française située dans le département de l’Ile de France. C’est le 1er janvier 1965 que je vois le jour, et c’est vers l’âge de 6 ans que je me passionne pour le dessin, qui devient un authentique élément catalyseur dans ma vie et plus tard, vers l’âge de 17 ans, je m’intéresse vivement à la littérature française. Je poursuis des études classiques, entre au collège et au Lycée Arago à Paris, pour y passer mon bac littéraire. Ayant au préalable fait une escale professionnelle à la Télévision Française pendant quelques années et après avoir monté ma propre société de restauration en 2003, j’ai repris ma voie en 2007 en me lançant dans l’écriture. Depuis, je n’ai jamais cessé d’écrire et j’ai fait de cette passion un métier à temps plein. Je me qualifie comme étant une auteure tous publics, parce que mes lecteurs sont de tous âges, comme le titre d’un de mes ouvrages « Comptines de 7 à 77 ans ». Gérer une carrière multi facettes n’est pas simple, cependant, dans ce rôle que je me suis attribuée, j’essaye de faire au mieux dans l’exercice de mes fonctions. Je suis une « Touche à tout » de la plume, avec plusieurs cordes à mon arc et j’illustre la plupart du temps, toutes les couvertures de mes ouvrages.

Vous avez des projets culturels, notamment en Afrique, parlez-nous-en
En tant qu’écrivaine engagée dans des causes culturelles à but humanitaire, qui me tiennent particulièrement à coeur et qui méritent qu’on s’y consacre dignement, je suis impliquée depuis le début de l’année 2012 dans une cause importante, que j’ai menée personnellement, l’Opération « Je sais lire et écrire/Beyond reading and writing » dont je suis la fondatrice. Mon projet est de concrétiser cette opération à travers une Organisation du même nom, qui est amenée à voir le jour cette année. Cette organisation sera reliée avec le Lagos, les organisations non gouvernementales, voire les Alliances françaises au Nigeria et les diverses structures d’Enseignement, déjà en place au Nigeria, les écoles, les Ministères comme le Ministère Fédéral de l’Education, et avec toutes les personnes clés, dont j’ai pu me lier professionnellement, quand j’étais à Lagos. Cependant, mon opération ne se limitera pas qu’au Nigeria. Mon but, c’est qu’elle porte ses actions dans toute l’Afrique, au Cameroun aussi bien sûr, tous les soutiens de ce pays seront les bienvenus pour moi. Grâce à cette fondation, je vais pouvoir aussi, en relation avec mon métier d’écrivaine, propulser mes livres à travers le pays, afin de répondre directement à des besoins et être reconnue, j’espère comme étant d’utilité publique. Le but de cette opération, consiste en effet à combattre l’analphabétisme et à valoriser la langue française à travers certains pays anglophones d’Afrique comme le Nigeria, où je me suis rendue moi-même, en mai 2012, pour apporter 10kgs de matériels scolaires que j’ai récoltés lors d’une séance de dédicaces en France, à l’attention des enfants non scolarisés de Lagos.

C’est un combat engagé contre l’illettrisme et l’analphabétisme?
Oui, c’est vrai je me bats contre l’illettrisme, l’analphabétisme, cela fait partie aussi de mes engagements prioritaires, parce que je considère que le droit à l’éducation est un droit que l’on doit estimer autant que les droits de l’Homme et d’ailleurs, le droit d’aller à l’école doit être aussi naturel et vital que lorsqu’on est appelé à manger ou boire un verre d’eau, quoique la nourriture et l’eau dans certains pays d’Afrique manquent tout autant. Le Cameroun qui est un pays de coeur, dont je suis originaire par mon père, me préoccupe. Et c’est pourquoi, les actions que j’ai engagées au Nigeria, je souhaite les exécuter au Cameroun.

D’où tirez-vous les histoires racontées dans vos livres?
Je m’inspire des histoires vécues ou inventées. Tout dépend de l’humeur, de la situation dans laquelle je me trouve. « 35 minutes de bonheur » est très autobiographique. « L’enfance en herbe » contient beaucoup de souvenirs d’enfants qui sont les miens. « Petits contes en l’air » et « Si je ne me trompe » comportent beaucoup d’histoires vécues avec des connaissances ou expériences personnelles passées. Le passé m’inspire plus que le présent, car étant donné que j’ai appris beaucoup de mes expériences, il est plus aisé pour moi de m’en inspirer que de me projeter sur une actualité du moment.

Dorothée Mefo, auteure d’origine camerounaise

Dorothée Mefo)/n

Vous connaissez le Cameroun par votre père, avez-vous déjà eu l’idée d’y aller?
Pour moi, c’est incontournable, je dois m’y rendre tôt ou tard, et comme mes activités m’obligeront à me rendre dans divers pays d’Afrique, le Cameroun sera prioritaire. Je pense que je finirai mes jours à Yaoundé ou à Ebolowa, la ville où est né mon défunt père et je crois fortement et sincèrement que les origines, même dans le métissage, sont le berceau sanguin de tout être humain et qu’elles nous rappellent à se ressourcer et à revenir vers elles quoiqu’il advienne.

Fréquentez-vous des gens de la communauté camerounaise ici en France?
Il est plus facile de côtoyer la communauté camerounaise au Cameroun, que dans le Loir et Cher où je vis. Certes, quand je vivais à Paris, j’avais plus d’opportunités à retrouver des compatriotes dans la capitale. Faute de cela, j’essaye de rester en contact avec un petit cousin dont la famille vit aussi au Cameroun et qui est mon seul lien avec ce pays. Bien entendu, je regrette de ne pas mieux fréquenter le milieu camerounais, mais tout se rattrape dans la vie, n’est-ce pas?

Connaissez-vous les mets camerounais, lesquels?
Je me souviens avoir goûté chez une amie camerounaise, du poulet DG, poulet frit avec des bananes plantains et des épices, et le fameux Foufou, pâte à base de manioc, si connu au Cameroun et qui accompagne de nombreux plats. Je sais que ces plats ne constituent pas le principal menu camerounais, car il y en a tant d’autres qui font la fierté de tout un pays.

Regrettez-vous aujourd’hui votre ancienne vie?
Il ne faut jamais rien regretter dans la vie. Il fut un temps où j’ai vécu autre chose, connu d’autres expériences, rencontré d’autres personnes et tout cela m’a enrichi, fait avancer et prendre conscience. La vie est comme un livre, nous tournons les pages au fur et à mesure et au fil du temps. Mais quand des chapitres arrivent à maturité ou doivent se refermer, c’est qu’il est grand temps de passer à autre chose. Donc, je ne regrette pas mon ancienne vie, j’apprécie tant la nouvelle!

Que peut-on vous souhaiter de bien?
Ce qu’on peut me souhaiter de bien? C’est d’abord d’avoir la santé, afin que je puisse faire naître la fondation « Je sais lire et écrire/Beyond reading and writing » et que mes ouvrages se fassent connaître dans toute l’Afrique, où j’ai de bonnes raisons de m’y investir.


Dorothée Mefo)/n
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