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Dostum, accusĂ© de viol, a quittĂ© l’Afghanistan pour la Turquie

Un ex-chef de guerre afghan, le gĂ©nĂ©ral ouzbèke Abdul Rachid Dostum, sous le coup d’une enquĂŞte pour viol et sĂ©questration sur un adversaire politique, a quittĂ© l’Afghanistan, officiellement pour raisons de santĂ©, a annoncĂ© samedi son porte-parole.

« Le premier vice-prĂ©sident de la RĂ©publique islamique d’Afghanistan le gĂ©nĂ©ral Abdul Rachid Dostum, chef du parti Junbish Mili (Mouvement national) s’est rendu jeudi en Turquie pour des examens mĂ©dicaux et pour rendre visite Ă  sa famille » indique samedi Bashir Ahmad Tahyanj, dans un communiquĂ©.

Il assure que « le général Dostum rentrera dans son pays après le check-up médical ».

Dostum, citĂ© dans le communiquĂ©, semble Ă©galement vouloir rassurer sur ce point en affirmant: « Je me tiens aux cĂ´tĂ©s de mon peuple, la dĂ©tĂ©rioration de la sĂ©curitĂ© dans mon pays m’inquiète ».

Le sulfureux général, patron du nord-ouest aux méthodes radicales, se rend fréquemment en Turquie où résident ses proches et pour se faire soigner.

Mais il quitte le pays alors que les talibans, ses ennemis de toujours, enfoncent les fronts et que le nord-ouest, sa province de Jowzjan notamment, sont menacés par la poussée de combattants ralliés au groupe Etat Islamique.

Et il fait l’objet d’une enquĂŞte ouverte par la justice afghane sous pression des Occidentaux, pour avoir fait sĂ©questrer et violer un rival politique en marge d’un jeu de bouzkachi, un sport traditionnel, en janvier.


Il est accusĂ© d’avoir ordonnĂ© Ă  sa garde personnelle de capturer son rival Ahmad Ishchi, un ancien gouverneur âgĂ© d’une bonne soixantaine d’annĂ©es, de l’avoir sĂ©questrĂ© dans sa propriĂ©tĂ©, puis fait torturer et sodomiser avec un fusil AK-47.

A l’Ă©poque, le ministère de la Justice avait promis « une enquĂŞte impartiale et transparente sur ces faits ».

Le procureur avait ordonnĂ© l’arrestation de neuf de ses gardes du corps, qui ont fini par se rendre quelque temps plus tard dans ses locaux pour s’expliquer, sans suite.

EmbarrassĂ©, car Dostum est vice-prĂ©sident d’un gouvernement d’union nationale aux Ă©quilibres fragiles et dĂ©licats, le prĂ©sident Ashraf Ghani avait dĂ» se rĂ©soudre Ă  cette enquĂŞte après l’indignation de responsables des Etats-Unis, de l’Union europĂ©enne et du Canada.

Mais de nombreux observateurs dans le pays ont toujours douté de voir la procédure aboutir.

L’affaire illustre la brutalitĂ© et l’impunitĂ© des anciens chefs de guerre afghans passĂ©s aux responsabilitĂ©s sans jamais avoir Ă  rendre de comptes Ă  la justice sur leurs crimes passĂ©.

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