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Douala : les chauffeurs de Dangote Cement en grève

Douala, le 07 mars 2018. Les chauffeurs de Dangote Cement Cameroon en grève.©Droits réservés

Ils ont immobilisé les camions depuis lundi 05 mars 2018 pour revendiquer l’amélioration de leurs conditions de travail.

Aucun des camions de livraison n’a quitté le garage de Dangote Cement Cameroon à Douala depuis le lundi 05 mars 2018. Les 203 chauffeurs de cette entreprise spécialisée dans la production et la vente du ciment ont immobilisé les véhicules pour dénoncer « le calvaire » qu’ils endurent et revendiquer de meilleures conditions de travail. Dans une lettre d’information adressée au gouverneur de la région du Littoral, le Collectif du groupe des chauffeurs Dangote Cement Douala Cameroon déplore en premier lieu, le mauvais traitement salarial. « Nous sommes payés à 138 000 F. Cfa le mois et c’est à nous qu’il revient de gérer plusieurs charges. Nous n’avons pas d’avancement, pas d’augmentation de salaire. Le licenciement abusif est une arme brandie sur tout un chacun», se plaint Ali Tanko, le président du collectif.

Les grévistes dénoncent, en outre, le fait que la paie du Motor-boy [convoyeur, ndlr] leur incombe. Le lavage des camions est obligatoire et se fait à leur frais. Le collage des roues percées, la soudure des pièces cassées, sont également à la charge des camionneurs. «Nous livrons le ciment de Dangote dans les dix régions du pays. Chaque camion transporte 640 sacs, soit 32 tonnes. S’il arrive qu’un chauffeur retourne avec des sacs de ciment avarié, cette marchandise lui est facturée. Or, ce ciment-là sera broyé pour être revendu », déplore Hervé M., un des chauffeurs mécontents.

La pilule difficile à avaler

La question du non-respect des horaires de travail figure aussi dans la plainte des travailleurs. Ils indiquent qu’ils sont à l’œuvre 24h/24, de jour comme de nuit, sans aucune prime reversée. Certains ouvriers disent souffrir de problèmes respiratoires à cause des poudres toxiques absorbées, faute de matériel de sécurité. Mais la pilule la plus difficile à avaler, à l’origine de la cessation immédiate des activités lundi, réside dans cette décision de l’entreprise de débiter les frais du pont bascule dans le salaire des chauffeurs.

Le directeur logistique de Dangote Cement Cameroon a rencontré les grévistes mardi et mercredi derniers sur le site de la protestation. Le responsable a indiqué aux transporteurs qu’il a pris note de toutes les revendications qui seront transmises au directeur général. Il a, par ailleurs, demandé aux camionneurs de constituer une délégation de six personnes pour la suite du dialogue. Le collectif a cependant accordé un délai à la société afin d’apporter une réponse à leurs différentes doléances. Le délai expire le lundi 12 mars 2018. C’est à l’issue des résolutions de leurs revendications que les grévistes entendent étudier et signer le protocole d’accord proposé par les responsables de Dangote Cement Cameroon.

En 2 ans et 3 mois de travail avec Dangote Cement Cameroon, c’est le premier mouvement d’humeur des camionneurs. Plusieurs pétitions ont été rédigées dans le temps, mais sont restées lettre morte. « Nous avons écrit plusieurs lettres à notre employeur, mais cela n’a jamais abouti. Notre directeur, monsieur Ayina, a tout monopolisé. Eux-mêmes les sous-traitants travaillent avec des ordres. Nous demandons aux autorités administratives de nous venir en aide face à cette situation dangereuse. Nous sommes confrontés à la loi de la jungle (…) », exhorte le collectif dans la lettre, dont ampliation a été faite à l’inspection du travail, au préfet, au sous-préfet et au directeur général de Dangote Cement Cameroon.

 

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