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Douala: Un jeune échappe à un lynchage

Des conducteurs de camions violemment agressés par certains jeunes du foyer Saint Nicodème de Bepanda ont voulu se venger sur un des leurs

Un jeune du foyer Saint Nicodème dans le quartier de Bepanda à Douala la capitale économique du Cameroun, a échappé à un lynchage par des camionneurs stationnés aux abords du foyer, lundi 14 janvier 2013. L’information rapportée par un reportage de la chaine de télévision Canal2, montre des personnes avec des signes de violences, expliquer que dans la journée de samedi, des jeunes qui sont recueillis dans le foyer sont venus demander aux propriétaires des camions de partir. Face au refus, ceux-ci ont exprimé violemment leur souhait. Pris de surprise, les camionneurs qui étaient présents ont subi une attaque avec à la clé beaucoup de blessés de leur côté. « Nous sommes garés ici depuis longtemps et ces jeune nous avions même pitié d’eux lorsqu’ils sont arrivés. De temps en temps, nous leurs donnons de petites facilités financières, et en échange, ils veillent sur nos voitures ou encore nos matériels ; depuis un certain temps, on a remarqué que c’est comme s’ils nous faisaient un chantage et nous avons commencé à avoir des rapports tendus, jusqu’à ce qu’ils s’attaquent à nous », explique un des chauffeurs victime de l’agression. Alors qu’ils expliquaient cela au membre de l’équipe de télévision, un des jeunes est arrivé à bord d’une voiture conduite par une s ur religieuse très âgée. Les camionneurs l’ont violemment sorti de la voiture et l’ont bastonné, menaçant de le tuer. Le jeune est finalement sauvé par les curieux qui passaient par là et qui ont pu le protéger de la colère des camionneurs. La s ur visiblement horrifiée par la scène, s’est enfuie avec le véhicule abîmé.

En cause, les jeunes du foyer Saint Nicodème semblent ne pas apprécier la présence des camionneurs. Aucun d’eux ne s’est prononcé sur le sujet, mais selon un riverain de la place, les camionneurs ne respecteraient pas l’environnement qui est celui du foyer et les jeunes ne l’ont pas bien pris. Les chauffeurs eux s’estiment dans leur bon droit. « Nous sommes là avant eux et c’est sur une décision préfectorale que nous avons le droit de stationner ici. Nous ne sommes pas en illégalité». Jointe au téléphone la préfecture n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. Mais une fois encore, la situation et les différentes scènes, mettent en évidence la facilité avec laquelle la justice populaire est appliquée dans nos grandes villes. Douala bat le record de cette activité. Face à une absence de régulation, une justice débordée et parfois l’impunité absolue après une exécution publique, les populations ou groupe de personnes n’hésitent pas à sanctionner d’autres personnes fussent-elles jeunes ou vieux, lorsque de façon notoire celle-ci sont reconnues coupables d’un méfait. Il est difficile de savoir si le jeune arrêté par les camionneurs était de la bande des agresseurs. Mais sans l’intervention des tiers, il aurait sûrement gonflé les statistiques des personnes victimes de la vindicte populaire. Sur le site du foyer, tout semble revenu dans le calme, mais des tensions demeurent.

Un jeune échappe à un lynchage à Douala

Pierre Dessine)/n

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