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Dr Joseph Dieuboué: « 30% de la population camerounaise souffre des maladies cardiovasculaires »

Les médias appelés à être la cheville ouvrière de la sensibilisation auprès des populations

Spécialiste de la médecine du travail, le Dr Joseph Dieuboué exprime les différentes attentes à l’issue de la formation des journalistes sur les MCV organisée par la fondation camerounaise du c ur à Douala.

Vous avez été l’un des panélistes de l’atelier d’imprégnation sur les maladies cardiovasculaires qui s’est déroulé le 07 août 2009 à Douala. A la fin de ces travaux, qu’attendez-vous des hommes de médias à présent?
Nous attendons au moins trois choses des journalistes. Tout d’abord, qu’ils soient capables de connaître désormais les maladies cardiovasculaires (MCV), c’est-à-dire être capables de citer les différentes MCV que nous avons vu. Ensuite, qu’ils soient capables d’indiquer aux populations les facteurs qui entraînent les maladies cardiovasculaires. Nous avons parlé des habitudes de vie à savoir la consommation de l’alcool, du tabac, la sédentarité, l’obésité, le surpoids et l’effet d’avoir certaines maladies comme l’hypertension artérielle et l’excès de graisse dans le corps. Voilà les facteurs de risque. Nous attendons enfin des journalistes, qu’ils soient capables de dire ce qu’on peut faire pour les éviter. Il s’agit prioritairement du changement de comportement. Il faut se faire dépister régulièrement pour savoir si on est porteur de ces facteurs de risques.

Spécialiste de la médecine du travail, quel est l’état des lieux des MCV en entreprise singulièrement et qu’est-ce est fait pour les combattre?
La situation au sein des entreprises est inquiétante. Je prends le cas de Aes Sonel par exemple, c’est près de 30% des travailleurs qui vivent avec l’hypertension artérielle. L’entreprise a alors élaboré plusieurs programmes de lutte contre la maladie. Programmes qui comportent plusieurs volets, dont un préventif à travers les campagnes de sensibilisation au quotidien au travail d’une part, et d’autre part, la prévention tout azimut faite par an, afin d’amener les salariés à adopter des comportement adéquats.

L’état des lieux au Cameroun en grosso modo?
La situation en entreprise est pratiquement identique à celle observée sur le plan national. Nous avons présenté l’ampleur de la situation, et les estimations montrent que 30% de notre population, vit également avec l’hypertension artérielle. On ne peut passer un jour sans entendre qu’une personne a eu un accident vasculaire cérébral, une paralysie, . L’impact est bien visible sur la santé de nos populations.

Que faire face à cette situation inquiétante?
Il faut absolument faire quelque chose pour que la population prenne réellement conscience des effets néfastes des maladies cardiovasculaires, d’où l’implication des médias. Et il faut aussi que les gouvernements et les professionnels de santé puissent davantage se consacrer sur la prise en charge de ces maladies. Sans oublier, qu’il est important sur le plan personnel, de se faire dépister régulièrement.

Dr Joseph Dieuboué

Journalducameroun.com)/n

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