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Dr. Prosper Nkou Mvondo s’en prend à l’arbre qui cache la forêt du Football

«Le football est malade parce que son sang est sucé par «des colons parasitaires»

Dr. Nkou Mvondo aujourd’hui peut-on dire que l’histoire vous donne raison?
Il faut déjà noter que le droit irrigue l’ensemble des activités humaines. Le sport en général et le football en particulier ne sauraient être du reste. Donc, il y a du droit partout et le juriste a vocation à s’intéresser à toutes les activités de la vie humaine. Il faut déjà noter que je suis dans le football depuis ma plus tendre enfance comme athlète bien évidemment et en tant que dirigeant de cette activité, j’y suis pratiquement depuis 15ans. Lorsque je vais dans le football comme dirigeant, j’y suis professionnel du droit. J’y vais donc avec le prisme de la science qui est la mienne. Je n’observe pas le football camerounais comme tout le monde. Je vais en observateur et en intellectuel. J’essaye de décrypter les problèmes et de voire quelles pourraient être les esquisses de solutions. Lorsqu’on arrive dans un milieu comme celui là, il faut bien pouvoir parler et pour parler il faut se faire connaître. C’est la raison pour laquelle, je me suis porté candidat à l’élection pour la présidence de la FECAFOOT.

Une élection que vous avez perdu!
L’élection pour moi n’a même pas eu lieu. Nous n’allons pas entrer dans les détails de cette affaire mais seulement il est important pour revenir sur le livre de relever que pendant la campagne électorale, j’avais bon espoir qu’il y aurait débat parce que le moment de la campagne électorale est le moment idoine pour poser les problèmes et pour en débattre. Mais j’ai trouvé en face que ceux qui se présentaient comme étant mes adversaires n’aimaient pas le débat et n’ont pas voulu qu’il y ait débat. Avec le simple verbe d’un seul côté, il était difficile de poser l’ensemble des problèmes.

Est-ce qu’il faut dire que vos adversaires vous ont vaincu par leur seul silence?
Peut-être que c’était une très bonne stratégie pour eux mais je vous dis que pour le scientifique que je suis, il n’y a jamais eu d’élection et vous aurez peut-être le temps de vous rendre compte qu’il n’y a jamais eu d’élection à la FECAFOOT le 24 mai 2009. Je voudrais revenir à l’ouvrage. J’ai choisi l’écrit pour faire passer le message. Pour faire comprendre aux uns et aux autres que si le football camerounais va mal aujourd’hui, il y a de multiples raisons, entre autres, il y a des raisons juridiques. Lorsque l’on observe le titre de l’ouvrage. Il y a un titre qui se veut populaire. «Les Lions indomptables, l’arbre qui cache la forêt, le football camerounais en péril». Vous allez observer qu’il y a un autre titre qui est beaucoup plus scientifique. Celui-là c’est le statut juridique de la FECAFOOT et la crise du football camerounais.

On peut essayer d’appréhender cette crise sur tous les plans, mais moi en tant que juriste, j’ai essayé de faire comprendre aux autres que si nous sommes en crise du football, c’est parce que sur le plan institutionnel, les choses ne vont pas bien. La crise pour moi est d’abord institutionnelle, même si elle est aussi conjoncturelle. Il faut d’abord résoudre le problème même du statut de la FECAFOOT. Est-ce un service public comme cette institution était au commencement c’est-à-dire à la création? Est-ce une association de droit privé? Pour moi, c’est le cas aujourd’hui et j’entends faire comprendre à mes lecteurs que la FECAFOOT est une simple association de droit privé dans laquelle on ne doit retrouver quasi exclusivement que des clubs de football. Ce qui, en l’état actuel de la composition de la FECAFOOT ne me semble pas être le cas. C’est la principale critique que je fais aujourd’hui à ce regroupement qu’on appelle aujourd’hui au Cameroun «fédération». Nous n’avons pas au Cameroun une fédération, en tout cas, une fédération digne de ce nom.

Votre ouvrage paraît à la fin de l’année 2009, à la veille d’une coupe du monde et après votre défaite aux élections de la présidence de la FECAFOOT. Est-ce voulu?
Vous savez, on peut traîner une maladie pendant de très longues années mais il y a un moment où le médecin arrive fait le diagnostic et trouve le médicament. Ces problèmes du football, on les connaît. Mais il faut aussi comprendre que la plupart des acteurs pour des raisons qui sont les leurs n’ont pas toujours voulu percer l’abcès que je perce aujourd’hui. Ceux qui sont appelés à le faire apparaissent souvent comme des complices de cet état de choses. Je parle ici de la tutelle qui aurait pu régler ce problème depuis très longtemps mais il y en a qui viennent défendre des intérêts plus ou moins obscures. Eux-mêmes savent que les choses ne vont pas bien. La preuve en est qu’il ya eu tout récemment un forum sur le football dans l’optique de poser le diagnostic comme si ce diagnostic n’était pas connu, pour essayer de trouver des solutions comme si ces solutions n’étaient pas connues. La tutelle s’est présentée pour dire «union sacrée autour des Lions», une manière de dire, taisons un peu nos querelles.

Est-ce que vous pensez que les problèmes du football camerounais se limitent aux problèmes juridiques?
Il se passe que parce que les textes ne sont pas bons, il y a un certain nombre de personnes que j’appelle dans mon ouvrage les «colons parasitaires». Ceux là viennent parasiter le football en profitant de l’insuffisance des textes. C’est de cela qu’il s’agit. Le football est malade parce que son sang est sucé par ces parasites. Quand je parle du sang du football je parle de l’argent. Vous ne vous imaginez pas combien on peut chiffrer les fuites d’argent qui auraient pu permettre au football camerounais d’être bien nourri. Il s’agit de nourrir les joueurs, de payer les arbitres pour que ceux-ci ne soient pas tout le temps corrompus, il s’agit de construire les stades etc. il y a une excuse bien facile qu’on nous brandit tout le temps: Il n’appartient pas à la fédération de construire les stades. J’ai envie de dire à quoi sert donc l’argent de la fédération à construire des villas et à acheter des voitures pour les dirigeants? Cet argent là doit être orienté vers le développement du football.

Dr. Prosper Nkou Mvondo
Journalducameroun.com)/n
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