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Drame d’Eseka: la commission de Paul Biya accable Camrail

Le rapport d’enquête attribue la responsabilité principale du déraillement du train n° 152 à la société Camrail. Selon, lui, la structure aurait lésiné sur des règles de sécurité comme la vérification du système de freinage.

L’Etat du Cameroun reconnait la responsabilité «à titre principal» de la Camrail dans le déraillement du train survenu à Eseka le 21 octobre dernier. C’est ce que révèle la Commission mise sur pied par le président de la République, Paul Biya, dont le rapport a été rendu public ce mardi, 23 mai 2017.

Ladite commission comprenait le Premier minsitre, le ministre d’Etat, ministre de la Justice; le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le ministre délégué à la Présidence chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, le Secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la gendarmerie nationale, le délégué général à la Sûreté nationale, sont membres de la commission d’enquête. Rapporteur désigné pour la circonstance, le Secrétaire permanent du Conseil national de sécurité.

Elle avait pour mission de déterminer les causes de cet accident ferroviaire, mais aussi de « proposer les mesures visant à limiter les risques de survenue d’une telle catastrophe à l’avenir, établir les responsabilités y afférentes, évaluer la gestion de cette catastrophe, l’assistance aux victimes et faire toute proposition pertinente y afférente».

«Le rapport d’enquête a conclu que la cause du renversement des voitures dudit train est une vitesse excessive, 96Km/h dans une portion pour voie où la vitesse est fortement limitée 40km/h et  qui comprend en outre une forte déclivité et plusieurs courbes serrées», indique le texte.

La surcharge du convoi et la rallonge inappropriée de la rame ; la défaillance du système de freinage ; l’utilisation d’une motrice dont le freinage rhéostatique était hors de service ; l’absence de vérification sérieuse de la continuité du freinage de la rame avant son départ de Yaoundé ; le refus de la hiérarchie de Camrail de prendre en considération les réserves émises par le conducteur du train; sont des faits, qui de l’avis des experts internationaux en matière d’accidents ferroviaires commis pour mener les investigations, incriminent le transporteur Camrail.

Plus de surprise après les révélations faites ce mardi, attendues depuis le mercredi 23 novembre dernier, soit trente jours après la mise sur pied de la commission. Des rapports commandés par le procureur général près la Cour d’appel du Centre, consultés par Jeune Afrique, avaient déjà reconnu «l’entière responsabilité de Camrail» dans la tragédie d’Eseka.

La commission de Paul Biya vient mettre en exergue deux principaux faits. Notamment, l’innocence du chauffeur de train, le nommé Yetna et la décision malencontreuse de rajouter huit wagons. Sur ce dernier point, le ministre Camerounais des Transports, Edgard Alain Mebe Ngo’o, avait nié toute participation à la prise de cette décision, indiquant avoir simplement été mis au courant de la mesure.

Le déraillement du train d’Eseka était la deuxième catastrophe survenue entre la région du Centre et du Littoral en l’espace de quelques heures. En effet, dans la nuit du jeudi 20 au vendredi 21 octobre, l’effondrement d’un pont est survenu à 60 kilomètres de Boumnyebel en raison de fortes pluies. Conséquence, le trafic sur la route a été interrompu. Une foule de voyageurs avait alors pris d’assaut les gares des deux capitales. Le lendemain, près de deux heures  après le départ du premier train de Yaoundé vers Douala à 11h, le pire survient. Le nombre de victimes s’élève à 79 morts et 575 blessés.

 

 

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