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Droit d’auteur: Comme un air de grande crise à la SCAAP

Le PCA de la structure se fait de plus en plus d’ennemis.

Plus les jours passent, plus la tension monte et les camps se créent au sein de la société civile des arts audiovisuels et photographiques, la SCAAP. Depuis le 13 octobre dernier, le siège de la structure est sous scellé, pour cause de non paiement d’une créance fiscale estimée à plus de 200 millions de FCFA. Ceci après avoir déménagé de son ancien site à cause d’une incapacité à continuer à payer un loyer mensuel d’un million et demi FCFA. La situation fait parler plus d’un, notamment l’artiste Joseph Kono Ateba, ancien membre du conseil d’administration de la société et actuel porte parole d’un collectif de 56 artistes, membres et ex membres de la société. Le collectif a organisé ce jeudi 29 octobre dans la salle de conférence des Editions clés à Yaoundé, un point de presse pour, dit-il, « éclairer l’opinion public et les artistes membres de la SCAAP sur la grave situation qui prévaut actuellement au sein de cette corporation ».

En effet, le collectif dénonce « la mauvaise gestion de la maison par l’actuel président du conseil d’administration », le nommé Daouda Mouchangou. Les artistes regrettent le fait que le PCA s’insère dans la gestion quotidienne des affaires de la société, et Kono Ateba de déclarer qu’« il est inadmissible qu’un PCA récolte l’argent des artistes et ne le leur restitue pas. Pis encore, il recouvre les taxes et ne les reverse pas non plus aux Impôts. C’est un détournement de deniers publics ». A son tour, Foly Dirane dira que « le président du conseil d’administration ne doit pas s’impliquer dans la gestion de sa structure. Ce n’est pas à lui de décharger les chèques. Il y a des gens nommés pour cela ». Le point de presse était donc une occasion pour le collectif de présenter au grand jour les réalités que cache la structure.

Il n’y jamais de fumée sans feu
Selon Kono Ateba, c’est le conseil d’administration de juillet 2008 qui a déclenché la situation dans laquelle la SCAAP se trouve aujourd’hui. En effet lors dudit conseil, le PCA avait selon le conférencier, présenté un bilan financier incohérent et truffé d’irrégularités. « C’est au sortir de ce conseil qu’on mène une enquête et les résultats montrent que le PCA est devenu PDG avec implication personnelle et quotidienne à la gestion. Il a mis de côté tous les textes organiques et réglementaires de la SCAAP. Conséquences, il a collecté et détourné 200 millions de FCA d’impôts, 500 millions de FCFA de salaires des artistes non payés et près de 100 millions de FCFA de cotisation non reversées à la CNPS », déclare Kono Atéba. L’autre combat qui a cours au sein de la SCAAP c’est celui qui oppose le PCA au Pr. Albert Mbida. L’affaire serait même en justice et selon Kono Ateba, elle « trouve son origine dans la disqualification fantaisiste de la liste conduite par Albert Mbida, auteur de la saisine des tribunaux ». Elle a été renvoyée au 28 décembre prochain.

Voilà une situation qui vient s’ajouter à la série noire que traverse actuellement le droit d’auteur au Cameroun, n’épargnant aucune structure. Les artistes musiciens ne savent plus de quel côté chanter, à cause des déchirements et la guerre qui a lieu entre la CMC et la SOCAM. Au niveau des artistes plasticiens, rien ne va plus ; à en juger par la démission il y a quelques semaines du Directeur Général de la SOCADAP, Ildevert Tété. A la SOCILADRA, il n’y a plus de vie, on assiste à une vague de démissions des personnels, réclamant pour la majorité, près de onze mois d’arriérés de salaires impayés. De quoi être inquiet.

Rien ne va plus dans les sociétés de droits d’auteur au Cameroun
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